22 août 2008
La Fille de Monaco
Verve déployée contre Verge réservée...
Bertrand, avocat d'assises. Brillant. Médiatique. Volubile. Cultivé. Cérébral. Compliqué. Pas très très courageux. Aime les femmes, surtout pour leur parler. Fraîchement arrivé à Monaco pour y assurer la défense d'une meurtrière septuagénaire.
Christophe, agent de sécurité chargé de la protection de Bertrand. Franc. Direct. Taciturne. Sportif. Etudes interrompues en cinquième. Aime les femmes sauf pour leur parler. Admire chez les autres la culture et la maîtrise du langage qui lui font défaut.
Audrey, présentatrice météo sur une chaîne câblée à Monaco. Ambitieuse. Culottée. Sexy. Incontrôlable. N'a pas du tout l'intention de réciter le bulletin météo pendant longtemps.
Comprend assez mal le sens de certains mots, notamment "limites", "tabous", et "scrupules".
Il aurait mieux valu que ces trois-là ne se rencontrent pas...
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130954.html
Voici donc le dernier d'Anne Fontaine, à qui l'on doit quelques petits bijoux : "Les histoires d'amour finissent mal en général", "Augustin" puis "Augustin roi du Kung Fu", "Nettoyage à sec", "Comment j'ai tué mon père", autant de très bons films français, offrant notamment à Charles Berling, Michel Bouquet, Stanislas Mehrar, Miou-Miou parmi leurs plus beaux rôles.
Quant à "La Fille de Monaco", supposé nous monter le désarroi des hommes devant une femme à la sexualité débridée, et même si la presse y voit le meilleur film d'Anne Fontaine, je le trouve très en-deçà de ses films précédents.
La jeune "bombe sexuelle", interprétée par Louise Bourgoin, que l'on compare déjà à Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe, je la trouve, certes très belle et peu farouche, mais bien peu intéressante. Les références appuyées à "Et Dieu créa la Femme" sont même assez lourdingues... Que je sache, jamais Bardot ne fut vulgaire... Je n'ai donc guère été sensible - et même si c'est du second degré, ce dont je doute - à l'envoûtement qu'est supposé déclencher la créature... Une Frédérique Bel aurait été mieux à son affaire.
Reste le très intéressant duo Luchini/Zem, qui propose, et de loin, les meilleures scènes du film. Fabrice Luchini, à la verve facile, se retrouvant désarçonné par une pin-up, propose une composition intéressante, tandis que Roschdy Zem, au pouvoir sexuel tout contenu (si ce n'est le temps d'une scène où il se rase, Luchini l'admirant dans le miroir), se voit confier un de ses rôles les plus intéressants, véritable marche-pied vers un César.
Et l'espèce d'homosexualité latente entre les deux hommes, qui nous rappelle un peu "Nettoyage à Sec", est très bien suggérée et mise en scène, dans un tango presque explicite entre Fabrice Luchini et Roschdy Zem.
Quand la testostérone l'emporte sur les oestrogènes...
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