La Vie ChonChon

La Vie Parisienne de ChonChon : Cinéma, Littérature, Politique, Société, Musique, Gay Attitude, Expositions, Photographie, Amis, sorties, pensées...

31 décembre 2008

Clore 2008

Tiare_HNYAvant d'inaugurer 2009...

Il nous faudra bien laisser derrière nous cette année, qui comme toutes les autres, aura offert sont lot de bonnes nouvelles comme sa cohorte de désastres.

L'élection de Barak Obama, bien entendu, mais aussi une crise financière (dont personne ne retiendra les leçons, malgré les promesses) ; une crise économique (que les plus démunis ressentiront très profondément) ; des événement dramatiques au Moyen-Orient, etc... Dans l'ensemble, je ne crois pas que 2008 fut un bon crû.

Alors je vous propose cette tiare, un rien ridicule, mais volontairement ridicule, comme un pied-de-nez à ce que nous avons vécu comme à ce qui nous attend. Des plumes roses et des paillettes (avec second degré), à l'opposé donc du bling-bling, qui finiront comme les cotillons, piétinés et sales lorsque la fête sera terminée. Un nuit pour être le volontaire ridicule roi d'un soir, car après le pied de nez à 2008, il faudra bien se tenir debout, pour aborder, puis affronter 2009. Lucide et amoureux comme Montaigne, indépendant et excommunié comme Spinoza.

Tel est d'ores-et-déjà mon choix. Et pour cela, la modeste tiare de plume et de strass ne sera pas de trop !

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Il Divo

Il_DivoL'insondable Giulio Andreotti.

A Rome, à l'aube, quand tout le monde dort, il y a un homme qui ne dort pas. Cet homme s'appelle Giulio Andreotti. Il ne dort pas, car il doit travailler, écrire des livres, mener une vie mondaine et en dernière analyse, prier. Calme, sournois, impénétrable, Andreotti est le pouvoir en Italie depuis quatre décennies. Au début des années quatre-vingt-dix, sans arrogance et sans humilité, immobile et susurrant, ambigu et rassurant, il avance inexorablement vers son septième mandat de Président du Conseil. A bientôt 70 ans, Andreotti est un gérontocrate qui, à l'instar de Dieu, ne craint personne et ne sait pas ce qu'est la crainte obséquieuse.

Habitué comme il l'est à voir cette crainte peinte sur le visage de tous ses interlocuteurs. Sa satisfaction est froide et impalpable. Sa satisfaction, c'est le pouvoir. Avec lequel il vit en symbiose. Un pouvoir comme il l'aime, figé et immuable depuis toujours. Où tout, les batailles électorales, les attentats terroristes, les accusations infamantes, glisse sur lui au fil des ans sans laisser de trace. Il reste insensible et égal à lui-même face à tout. Jusqu'à ce que le contre-pouvoir le plus fort de ce pays, la Mafia, décide de lui déclarer la guerre. Alors, les choses changent. Peut-être même aussi pour l'inoxydable et énigmatique Andreotti. Mais, et c'est là la question, les choses changent ou n'est-ce qu'une apparence ? Une chose est certaine : il est difficile d'égratigner Andreotti, l'homme qui mieux que nous tous, sait se mouvoir dans le monde.

Le jeune réalisateur nous propose donc, après "Les Conséquences de l'Amour" en 2004, puis "L'Ami de la Famille" en 2003, cet extraordinaire "Il Divo". Nous sommes en effet ici devant un très bon réalisateur, et tant le contenu que la forme sont d'excellentes facture. Chaque plan est parfaitement maîtrisé, et peu à peu, plus on se rapproche de Giulio Andreotti, plus on le trouve insondable. Ici, l'image ne sert pas à "démontrer", et comme dans ses deux précédents films, Paolo Serrentino se penche sur une étrange mais très forte solitude. Cette plongée dans des décennies de politique italienne est passionnante, même lorsqu'on n'est pas un spécialiste. On comprend les rouages du pouvoir, l'importance de l'Eglise, de la mafia, de ses repentis, sans que jamais ne soient utilisés les poncifs de réalisation trop vus au cinéma.

La musique fait l'objet d'un choix très judicieux, et ne fait que porter un voile supplémentaire sur le personnage principal, comme un halo de mystère que le film ne dissipera presque pas. Quelques astuces techniques, comme le ralenti, sont très judicieusement utilisées, et je pense à cette scène où des hommes en noir, avancent... Rien de plus banal me direz-vous, et pourtant, de ce ralenti, nulle grandiloquence, nulle emphase, comme souvent. Vous vous souviendrez souvent de cette scène.

Toni_Servillo

La distribution et l'interprétation sont parfaites. Je ne peux passer sous silence le prodigieux travail de Toni Servillo, vu récemment dans "Gomorra", dans le rôle principal. Tout en réserve, assumant de très nombreux gros plans, et ne laissant apparaître que quelques légers sourires, sans jamais cabotiner, ni sur-jouer. C'est admirable. Dommage que sa carrière, qui va s'accélérant en Italie, ne soit pas davantage visible en France. C'est incontestablement un grand comédien.

Ce film a obtenu le Prix du Jury, au dernier Festival de Cannes, et cette récompense n'est peut-être pas à la hauteur du film. Il me semble que la Palme d'Or aurait été appropriée. Une année 2008 de cinéma qui se clôt pour moi par un film admirable.

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30 décembre 2008

Hausse du chômage

Licenci_Des licenciements, en veux-tu, en voilà !

Certes, ce sera "évidemment" la faute à la crise. Par pudeur, c'est du bout des lèvres que le gouvernement va commenter les tristes chiffres de l'Insee, concernant l'augmentation du chômage. Un peu de pudeur...

==> "Bonne Année 2009" ou "Bananés 2009" ? Le gouvernement n'est pas dupe, et certains patrons non plus. Une part des 60.000 nouveaux chômeurs (on connaîtra la réalité des dégâts plus tard...) inscrits dans les nouveaux Pôles Emploi n'est pas due à la crise. Il y en ce qu'on appelle "l'effet d'aubaine".

Il est absolument évident que certains patrons vont profiter de la crise actuelle - comme le fait si bien le gouvernement - pour envoyer pointer au chômage certains employés, bien que les nécessités de leur entreprise ne l'imposent absolument pas. S'organise en catimini, ici et là, un "dégraissage" des effectifs, car il faut bien recouvrer le capital séduction perdu vis-à-vis des actionnaires, en jouant toutes les cartes pour augmenter leurs dividendes. Le Président, le Premier Ministre, le Medef ne manqueront pas de présenter aux Français leurs meilleurs veux.

Nous serons fort aise d'entendre leur "Bonne Année 2009", mais qu'en sera-t-il des pauvres "Bananés 2009" sur l'autel (peu partagé) du profit ?

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Mes plus belles années

Mes_plus_belles_ann_es200% famille...

Israël, début des années 80. Au sein de la grande famille Levy, le jeune Erez a tout pour être heureux. Partageant son temps entre le lycée, les copains, et les fêtes, il va être troublé par l'arrivée en ville de la belle Neta... A travers lui, découvrez l'histoire d'une famille unie comme les doigts de la main, au son des standards de l'époque...

Pour son premier film, Reshef Levy nous propose une chronique familiale, dans l'Israël du début des années 80, avec probablement son lot de moments autobiographiques ici et là. Ce qui aurait put être le C.R.A.Z.Y israélien n'est qu'un bien modeste téléfilm, fourré aux bons sentiments, très moyennement réalisé, et assez médiocrement réalisé. C'est bien dommage !

De plus, on ne perçoit absolument rien du contexte social, politique, religieux, car le film se concentre presque exclusivement sur le poids de la famille, qui exerce une pression, probablement indigeste dans dans la vie, mais tout à fait insupportable à l'écran. Le père est lourdaud, la mère est caricaturale, la fratrie est insipide, la petite copine est aussi délurée que dans les années 50.

Certes, il y a quelques "tubes" des années 80 - c'est très à la mode en ce moment - mais la bande son (je n'ose pas écrire "bande originale") ne sert aucun propos ou presque, et tout pourrait aussi bien se passer dans les années 60. Moi qui suis très admiratif du renouveau du cinéma isréalien (avec Eytan Fox et Ronit Elkabetz notamment), je n'en ai été que plus déçu. Et une petite chronique d'époque, même légère, pour finir l'année, je pensais que ce n'était pas trop demander. Manifestement si !

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29 décembre 2008

Défenses Immunitaires

CD4___T_cells Les CD4 (les T-cells).

Non, ce n'est pas une oeuvre d'art en numérique issu de je ne sais quel projet sulfureux de science-fiction. Ce sont des défenses immunitaires. Bon, il faut se familiariser avec, je vous l'accorde. Autant vous le dire tout de suite, c'est très précieux, ça vous protège, et ce n'est pas à coup d'Actimel qu'on les ravigote.
Voilà que mes CD4 à moi sont un peu en vacances, si j'ose dire. C'est ce qui peut arriver aisément aux sidéens. Autrement dit, je suis moins bien protégé contres toutes les saloperies qui traînent en ce moment : grippe, gastro-entérite, et toutes les copines du même acabit. Et il n'y a pas pas 36 solutions...

* Déjà, une palette de nouvelles pilules, histoire de stimuler leur multiplication. Bon, ça terrasse un peu, mais c'est très efficace. Et toutes ces petites choses d'entrer dans une valse orgiaque, et de se multiplier tout comme il faut.

Defenses_Immunitaires

* Ensuite, la meilleure solution pour éviter les "agressions extérieures", c'est de ne pas sortir de chez soi. Moi qui avait prévu d'aller me torcher la gueule avec mon copain Le Baudet, c'est tout râpé !

En lieu et place, j'ai pris mon courage à deux mains, j'ai changé mes draps, mes taies d'oreillers, ma housse de couette, pour y mettre ce joli damier noir-et-blanc. C'est toute une histoire cette parure... Je l'ai volée avec MisterNo aux Galeries Lafayette de Toulouse. Et autant dire que c'est un excellent souvenir.

Et de me lover, jusqu'à la fin des vacances, dans mon lit, à regarder des DVD et à lire. Il y a un supplément "bonheur" dans le NouvelObs de cette semaine, ça ne pouvait pas mieux tomber ! Et j'ai aussi des textes de Boris Vian à lire, avec de magnifiques illustrations : ce sera idéal pour rêvasser !

Après quelques jours de ce traitement de rigueur, très musclé, je suis ravi de savoir d'ores-et-déjà que je serai d'aplomb dans une semaine, pour... retourner bosser !

La grève des CD4, je ne suis pas contre, à toute petite dose, mais... pendant les vacances, c'est un peu abusif !

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Ma Pomme

Ma_Pomme Moi, personnellement, je...

Je ne peux me résoudre à faire étalage de ma vie. Pourtant, je ne manque pas d'ego. Loin de là.
Je crois que je dévoile un peux mon existence. C'est tout autre chose. Même un poireau a une vie, mais a-t-il une existence ? Je ne saurais répondre, c'est un bien vieux débat, et je ne me sens pas de relire Martin Heidegger aujourd'hui !
J'écris, au fil des jours, une sorte de journal "extime". Livrer son "intime" le mue de fait en "extime", selon moi. C'est bien dans mon caractère, ça, d'être tourné vers l'extérieur.

Mais l'extérieur, c'est dehors, en quelque sorte. Et quand on sort dehors, on s'habille, et même ces temps-ci, on s'emmitoufle. Alors j'habille mon entourage, mes proches, je les "surnomme". Je leur donne un nom au dessus de leur nom. C'est plus amusant. C'est beaucoup plus délicat aussi. Que penseraient mes proches s'ils se retrouvaient sans apparat, sans surnom, sans superficialité ?
C'est du transformisme, que je collectivise. Ce n'est pas une question de réalité, ou de superficialité. C'est une question de point de vue. Il ne s'agit pas de ce placer "au-dessus", mais plus judicieusement, de ce placer ailleurs. Je fais l'effort, quotidiennement, de sortir de moi-même, pour écrire une chronique, exprimer un avis, sur un film, un CD, un événement.

Je sème. J'aime cette idée que l'homme plante, sème, construit. Il ne lui appartient pas de "donner la vie", comme on dit. Bien que ce verbe, "donner", soit tout à fait contestable : on rembourse quotidiennement, et pendant longtemps, à celle qui nous a "donné" la vie. A mon sens, elle nous l'a bien vendue ! Je déteste les dettes.

Et si je ne dévoile pas, c'est par choix. La netteté est souvent comptable, le flou artistique. Sur un blog, l'exposition devient vite de la surexposition, pour se métamorphoser ensuite en exhibition. C'est quand on se déguise qu'on se montre le mieux.

Je crois que je vais aborder 2009 avec la même discrétion, en me mettant "en avant" le mieux possible. Finalement, je continuerai cette méthode de la métaphore et de l'allégorie. C'est très "Nouveau Testament" !

Ma pomme, plus verte que jamais, et plus carnassière aussi.

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I Feel Good

I_Feel_Good Moi, je veux mourir sur scène...

Les Young@heart forment une chorale à part. Résidents d'une petite ville du Massachussetts, ses membres, âgés de 75 à 93 ans, parcourent le monde pour des concerts où ils interprètent, à leur manière, des classiques du rock ou de la pop, des Clash à Sonic Youth en passant par Radiohead ou les Talking Heads. Le documentariste Stephen Walker a suivi les Young@heart pendant la préparation d'un nouveau spectacle. Au fur et à mesure des répétitions, la chorale de seniors et son directeur, Bob Cilman, vont devoir faire un autre apprentissage : celui des réalités de la vieillesse...

Comme c'est la fin de l'année, et qu'en dehors des quelques mastodontes cinématographiques de circonstances, il n'y a pas grand chose à voir, je me suis résolu à tenter "I Feel Good", le périple de cette chorale de vieux américains de plus de 70 ans, qui chante sur des scènes prestigieuses du monde entier.

Il y a beaucoup de bons sentiments dans ce film, c'est un fait, mais il y a aussi quelques audaces :

* On voit très peu de vieux au cinéma, en dehors de leurs sempiternels rôle de Grands-Parents, souvent caricaturaux, juste bon à mette en avant l'inévitable "valeur famille". Surtout en France. Or moi, j'aime plutôt les vieux "indignes", les farfelus, les fantaisistes. Ici, je ne fus pas déçu, notamment devant Eileen, 92 ans au compteur, et toujours un peu aguicheuse... Un délice.

* En France, alors que nos vieux ont remporté un certain succès avec la désolante tournée "Age tendre et tête de bois", qui présentait les bonnes vieilles mièvreries yéyé qu'on nous sert depuis 45 ans, j'ai eu le plaisir de constater que cette chorale a le bon goût de reprendre des chansons d'une autre qualité : The Clash, Jimmy Hendrix, Johnny Cash, Sonic Youth, etc... Et tantôt ça dépote, tantôt ça émeut : la très fameux "Nothing Compares 2 U" de Prince reste un moment de grâce, alors que le "Shoul I Stay, Should I Go" est appréhendé avec suffisamment de second degré pour être apprécié.

* Enfin, la mort. Rien n'est occulté, et c'est une des bonnes idées du film. Chanter sur la scène du Carnegie Hall avec sa bonbonne d'oxygène, ça n'est pas la dissidence de Virgin Prunes, mais ça a de la gueule.

Voilà, ce n'est pas nécessairement ma tasse de thé, mais je dois reconnaître que ce "Forever Young" a suffisamment d'humour pour être vu sans déplaisir. Une ode aux vieux jours avec une saveur aigre-douce assez bien vue.

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27 décembre 2008

Dans la bande de Gaza

Gaza_No_l_2008 En finir...

Et plus le temps passe, et plus les trêves entre l'Israël et la Palestine sont courtes. On ne sait plus qui se venge de qui dans cet abominable conflit.
Une chose est certaine, les lancements de roquettes succèdent aux raids aériens, ou l'inverse, ça dépend des fois. Aujourd'hui on ne peut qu'être totalement désolé, devant tous ces civils passés de vie à trépas. A quoi bon chercher qui, du Hamas ou de Tsahal, est dans son tort ?

Et ce mur, ce mur immonde, comme tant de murs, qui ne saura jamais séparer ces frères du Moyen Orient. Tous ces morts, tous ces blessés. Sommes-nous à jamais condamnés à n'être que les morbides comptables de cadavres dans ce conflit ?

Il y a quelques-temps, ici même, je relatais les propos d'un Ehud Olmert au bout du rouleau face à ce conflit, qui reconnaissait - enfin - que l'implantation de colonies ne saurait durer davantage, et qu'il fallait assurer aux Palestiniens, et les terres, et les moyens de vivre normalement.

Pourquoi la communauté internationale fut-elle si sourde à ce propos enfin formulé devant la Knesset ? Ne faudrait-il pas, au lieu de s'enliser en Irak comme en Afghanistan, se mobiliser pour que cesse cet inextricable conflit ?

Je mesure que depuis ma plus tendre enfance, j'ai été le témoin lointain de ce conflit. Il aura meublé ma vie. Ce n'est pas aujourd'hui que je dirai où penche mon coeur, je n'en ai pas l'audace. Et, pour une fois, en lieu et place des drapeaux que je choisis pour illustrer ce type de chronique, je choisis une photographie. Elle parle pour moi.

Je sais, avec une désolation presque oppressante, que nous ne saurions compter sur les audaces d'un Nicolas Sarkozy face à ce conflit, à moins qu'il ne puise je ne sais où, l'énergie qui permet de se mouvoir autrement qu'en s'agitant. Je doute que Barack Obama - les USA comptant davantage de juifs que l'Israël - ne puisse, ni même ne veuille trop se mouiller dans ce conflit. Son oreille sera néanmoins très probablement titillée par le "clan" Clinton, qui frôla si près la Paix.

Qui ? On peut me dire, et me répéter dans une litanie jamais renouvelée, qu'il appartient aux Israéliens et aux Palestiniens de résoudre ce conflit, je me refuse à adhérer à cette position. Les soubresauts de cette guerre, tout comme son atrocité, irradie presque le monde entier.

Je ne vois, moi, qu'un père portant son fils blessé ou tué, ensanglanté, courant je ne sais où, comme mu par l'énergie du désespoir, dans un coin de la Bande de Gaza, et je suis affligé.

Me prend l'envie de prendre un crayon et de re-dessiner moi-même, à la face du monde, les frontières exactes de l'Israël, telles que définies par l'ONU il y a si longtemps déjà.

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Opinion Publique, tais-toi !

Infirmi_re La petite infirmière.

C'est passionnant, lorsqu'on sait les choisir, de lire les journaux et les magazines, d'écouter les radios, que ce soit pour s'informer ou pour se cultiver. Pour ma part, j'aime particulièrement les "faits de société", les analyses relatives à "l'air du temps" qui nous montrent et nous explicitent les méandres de l'état d'esprit de la population.

Ce qui fait la "une" depuis 48 heures, est une bien triste affaire : le décès d'un enfant de 3 ans dans un hôpital parisien, probablement à la suite d'une erreur de produit placé dans une perfusion par une infirmière. Une erreur dramatique, mais une erreur humaine. Une jeune femme de 35 ans, expérimentée, qui a immédiatement prévenu ses supérieurs de sa méprise, dans une déontologie impeccable, irréprochable.

Le plus "intéressant" n'est pas le défilé des soutiens à la famille du petit défunt, mais une espèce de hargne à l'encontre de cette infirmière, et plus globalement, à l'encontre des hôpitaux, du système de santé, etc... Je comprends la douleur de la famille, c'est évident. J'ai plus de difficultés à comprendre la meute qui s'identifie d'ores et déjà aux "victimes". Etrange état d'esprit.
Pour ma part, j'éprouve une sincère compassion pour toutes celles et ceux qui sont directement meurtris par ce décès. Et je suis aussi d'une complète et absolue solidarité pour cette infirmière. Je ne saurais comprendre, jamais, la hargne de ce qu'il convient de nommer "l'opinon publique".

Si la garde à vue entre dans la procédure habituelle, on ne saurait, ni comprendre, ni admettre, que cette garde à vue soit prolongée ! La jeune femme a reconnu les faits, ne présente aucun danger public, ne semble pas désirer s'échapper je ne sais où pour échapper à la justice. La seule chose qui puisse, non pas justifier, mais expliquer cette prolongation, c'est la voix gueularde de l'opinion publique, qu'il faut calmer à tout prix. Et ça, c'est inadmissible.

Désormais, c'est la Justice qui doit prendre en charge cette affaire, et mener les investigations nécessaires, afin d'établir la chaîne de responsabilités. Mais la Justice doit - comme moi dans ce cas précis - se moquer totalement de cette "opinion publique". C'est en soi un "machin" intéressant à analyser, à comprendre, mais qui ne doit en aucun cas peser sur le travail de la Justice.

Depuis des années ces femmes admirables, les infirmières, mais aussi les aides-soignants, les médecins et les directeurs des hôpitaux publics, dénoncent leurs conditions de travail épouvantables, le manque de mains, le manque de deniers. Alors, une fois par an environ, l'opinion publique se grime une face compassionnelle, toute de feinte contrition, pour manifester sa solidarité falsifiée pour tous les personnels hospitaliers. On en frise la nausée...

J'ose espérer pour ma part que s'il m'arrive malheur à l'hôpital (j'y vais toutes les semaines !), même à la suite d'une erreur humaine, aucun membre de ma famille (ils sont 3), aucun de mes amis, n'ira se pavaner à la télévision montrer sa face endolorie et éructer des propos assoiffés de vengeance.

Pourquoi faire tant de cas de l'opinion publique ? Tout commence au sommet de l'Etat, avec un petit homme qui confond la réflexion, la vision d'une société meilleure, avec la mortifère lecture et l'analyse des sondages, sensés élever une cote de popularité vascillante. Et du sommet de l'Etat, ça dégouline, jusqu'à venir agrémenter les misérables neurones et les nauséeuses synapses de "l'opinion publique".

Mais à quoi ça sert de servir sur un plat d'argent une série comme "Urgences" aux gens ? A rien, strictement à rien. Les infirmières sont tellement méprisées qu'il est presque impossible de trouver, sur "Gogole", une photographie les présentant sous des atours décents, autrement qu'en pouffiasse lubrique.

Opinion Publique, tais-toi ! Tu me fais plus de mal que mon sida !

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26 décembre 2008

La Crevette Folle ?

Crevette_Folle Miam Miam !

Non, il ne s'agit pas d'une de mes copines. Il ne s'agit pas non plus d'un hommage à ma soeur, la fameuse Choubie Crevette. Il s'agit tout simplement d'un nouveau problème alimentaire.

Vous vous souvenez forcément de la fâcheuse histoire dite de la vache folle qui nous a empoisonnés - c'est le cas de le dire - les actualités pendant des semaines et des semaines. Pensez donc, dans un pays de culs terreux - pardon, de gentils agriculteurs innocents - comme la France, dès qu'il s'agit de la gamelle et de la santé publique, on s'agite.

Ce pays où l'on connaît si bien, et où l'on aime tant le bétail, on protège les va-vaches dans les prés de nos régions de France. On les admire, leur palpe le pis, on les regarde brouter, ruminer, péter, et on sait même qu'elle adorent regarder passer les trains. Mais... on ne peut plus trop leur refiler des grosses merdes à bouffer. Car quand une vache perd la boule, commence à bavouiller et faire des crises d'épilepsie, il y a toute la presse qui rapplique, et ça fait toutes les unes. Pas très discret !

Mais alors, à qui on va refiler toute cette merde à bouffer ? Il ne faudrait pas penser que l'industrie agro-alimentaire brûle toutes les saloperies qu'elle a confectionnées. Ben voyons ! Alors toute cette bonne nourriture, si on la donnait aux crevettes ?
De plus, les élevages de crevettes, ça se délocalise facilement, ce n'est pas comme les bons vieux troupeaux de vaches ! Hé zou ! Tout ces beaux élevages en partance vers la Chine, le Vietnam, avec les délicieuses denrées alimentaires qu'on leur a concoctées avec minutie, à la sauce antibiotiques.

Evidemment, elles grossissent à la vitesse Grand V, et reviennent vite... dans vos gamelles ! Hummm. On s'en lèche les babines d'avance. Et surtout, le plus discrètement du monde, on nous empoisonne ! Et d'ici à ce que quelqu'un s'aperçoive, dans un bassin de crevettes d'élevage, que ces dernières sont devenues maboules, de l'eau va couler sous les ponts.

Au fait, on mange quoi ce soir ?

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