George_W_BushL'Histoire jugera...

Quelques américains - 19% - regrettent le départ de George W. Bush à la veille de l'investiture d'Obama. C'est une piètre score. Et nous pouvons deviner que presque partout dans le monde, ce score est encore moindre.

Que restera-t-il de ses 8 ans à la tête de la première puissance du monde ? Il y eut le 11 septembre 2001, puis ses tristes conséquences, le fameux Patriot Act qui permet de ficher presque tout le monde, et Guantanamo qui favorisa l'instauration de la torture, qui a permis aussi l'installation de prisons secrètes un peu partout dans le monde.

Puis 2 guerres, en Irak sur la base de monstrueux mensonges (les liens de Saddam Hussein avec Al Qaïda et la possession d'armes de destruction massive), en Afghanistan ensuite où presque rien ne s'arrange parce qu'il a laissé les talibans reprendre le pouvoir.

Il y eut l'Ouragan Katrina en Louisiane, et sa si piètre gestion par ce président. Enfin une inégalée crise financière, se traduisant par une crise économique de première importance, puis très probablement par une crise sociale dévastatrice. On ne saurait voir là un bilan positif. C'est un euphémisme.

Pourtant, au-delà des faits, il y a l'idéologie, suggérée par une lecture de la Bible trop assidue et par des conseillers sans scrupules, il aura attisé des braises dangereuses. "Le choc des civilisations", "l'axe du mal"... toute une rhétorique haineuse que son départ ne dissipera peut-être pas avec la simple investiture de son successeur.

Mais tout au fond, il y a peut-être un fait majeur qui se clarifiera peu à peu : la mise en désuétude des pensées sécuritaires. En effet, dans la population, il y a fort à penser que l'idéologie de la haine de l'autre et la peur qu'elle suscite, soit une idéologie désormais moribonde.

A jouer la carte d'un hyper-capitalisme, le château semble s'écrouler. Problèmes financiers, économiques, sociaux... tout cela devrait littéralement submerger une population exsangue qui se tournera vers des problèmes comme le chômage et la pauvreté qu'il lui faudra bien affronter. Ce phénomène dépassera largement les frontières des Etats-uniens, pour se répandre un peu partout, tant la crise est mondiale. Les populations ont peut-être définitivement compris que le principal danger n'est pas dans les mosquées, mais dans l'extinction de la fraternité et de la solidarité que George W. Bush aura vainement essayé d'anéantir. Peut-être.

Malgré les flots d'images et d'informations très orientées, je crois que les populations ont un peu compris le sens réel de la globalisation, de la montée en puissance de la Chine et de l'Inde, des délocalisations, de la concurrence des mains d'oeuvres les moins onéreuses après lesquelles il faudrait constamment courrir, etc...

Il se peut que George W. Bush, rêvant de sa Nouvelle Jérusalem, n'aura fait que précipiter et signer un triste crépuscule. C'est ce que j'ose espérer.