31 mai 2009
Avigdor Lieberman
"Je rêve de faire de l'Israël un état juif, pour les juifs, peuplé uniquement de citoyens juifs." Ainsi s'est donc exprimé Avigdor Lieberman, le Ministre des Affaires Etrangères de l'Israël.
Le sujet est délicat. Plutôt que d'émettre une opinion, je m'en remets à Shlomo Ben-Ami, ancien ministre israélien qui a eu le courage de déclarer : " La nomination d'Avigdor Lieberman est une provocation à l'ensemble de tous les pays engagés dans les accords de paix". Il évoque ici le Quartette (ONU, Union Européenne, Russie, USA). Personne n'osera taxer Shlomo Ben-Ami d'anti-sémitisme.
Avigdor Lieberman n'a qu'une obsession : renoncer à tous les accords conclus précédemment. Alors certes, du temps de George W. BUsh, ses propos auraient été entendus d'une autre oreille, plus bienveillante, notamment à cause de la pression de l'AIPAC (American Israël Public Affairs Committee) qui n'est autre que le deuxième plus puissant lobby des USA après la National Riffle Association (NRA).
Aujourd'hui, il faut compter avec Barack Obama, qui ne l'entend pas du tout de cette oreille ! Et sur le sillon du Président américain, Nicolas Sarkozy n'a pas rencontré le sinistre bonhomme, laissant ce soin au "meilleur ami de l'Israël", Bernard Kouchner. On comprend dès lors que fort heureusement, Nicolas Sarkozy renie son inclination pathétique en faveur de George W. Bush, pour se rallier à la politique de Barack Obama, plus en phase avec la complexité du Proche-Orient. Il y a donc bien désormais une "stratégie franco-américaine".
L'idéologie mise en place par Ariel Sharon, largement véhiculée sans relâche par Benjamin Netanyahou, a donc du plomb dans l'aile. Elle consistait à faire passer, sous prétexte de croisade contre le terrorisme, tout et n'importe quoi (en l'occurrence l'Irak, l'Iran...) avant la négociation avec les Palestiniens. Cette croisade ne justifie plus tout. Désormais, la lutte contre le terrorisme n'est plus une croisade contre l'Islam qui ignorait l'ONU et l'UE.
Barack Obama, fort intelligemment, a ressorti la fameuse proposition faite par le roi Abdallah d'Arabie Saoudite au nom de la Ligue Arabe à l'Israël. Cette proposition avait été publiée en 2002 dans le New York Times : elle consistait à échanger, contre la partition de Jérusalem, le retour au frontières de 1967 et donc l'évacuation des colonies, un engagement durable de l'ensemble du monde arabe. Un geste spectaculaire et courageux, qui anéantissait l'éternel argument de l'Israël : un accord avec les Palestiniens n'engagerait pas les Etats Arabes.
De nouveaux groupes de pression voient le jour et s'intensifient en Israël, qui ne campent pas sur les positions du Likoud et de l'AIPAC (notamment la "J-Street" très démocrate et très anti-Likoud). Et le 21 mai 2009, un écrivain israélien, Gideon Levy, publiait dans les colonnes d'El Haaretz (le quotidien de Tel Aviv) : "Barack Obama est le plus grand ami de l'Israël, et il peut en être le dernier sauveur". On ne dira jamais assez l'immense qualité et le courage presque insensé de ce journal.
Le 4 juin 2009, Barack Obama sera au Caire, en Egypte, la plus prestigieuse des capitales arabes, où il exposera dans un discours les grandes lignes de son plan de paix pour le Proche et le Moyen-Orient. S'il confirme la réorientation historique dans les rapports des Etats-Unis avec l'Islam, ce 4 juin 2009 fera date.
Il ne sera plus temps, pour qui que ce soit en Israël, de haïr la Paix.
29 mai 2009
Détours...
La vie réserve souvent de belles surprises. La littérature aussi.
Et parfois, la première rencontre la seconde. Ainsi ai-je eu le plaisir de lire le premier roman de mon amie Olivia, dont j'ai suivi le processus de création. Retrouver une amie en librairie, une expérience originale. Je vous laisse découvrir ce roman, qui vous emmènera sur les chemins inattendus de la luxure. Mais je ne voudrais pas vous laisser sur votre faim... Alors je vous propose une petite rencontre virtuelle avec Olivia, en vous proposant une petite interview qu'elle a accordée au magazine TETU. Par Ursula Del Aguila.
«Détours...» est un premier roman faussement innocent car il essaie de décrypter ce qu'est la soumission dans une histoire SM lesbienne...Trois questions à l'auteure Olivia Bonnamour.
TÊTUE : Votre roman est-il une version lesbienne d'Histoire d'O de Pauline Réage ?
On peut aisément comparer Détours... à Histoire d'O dans le sens qu'ils évoquent tous deux la soumission. On y retrouve le désir des deux héroïnes de vouloir appartenir à une autre personne, le besoin de se sentir posséder et l'abandon total à autrui. Détours... traite davantage de la notion de fantasme avec une dimension psychologique. Héléna et Claudia ne se connaissent pas. Lorsque Héléna rencontre Claudia et que celle-ci devient sa maîtresse, Héléna accepte de suivre une parfaite inconnue. Au fur et à mesure de cette aventure, elle perd le contrôle et on assiste alors à un véritable lâcher prise. Dans Histoire d'O, la jeune femme a confiance en son amant et s'en remet entièrement à lui. Elle le fait par amour pour lui, tandis qu'Héléna est entièrement guidée par le plaisir. Elle va à l'encontre d'elle-même et se laisse aller à tous ses interdits. Avant de rencontrer Claudia, elle niait toute forme de dépravation et de perversion. Elle tombe dans une spirale infernale qui finit par lui échapper complètement. C'est l'analyse de la perte de contrôle qui m'a le plus intéressée. En effet ce milieu gouverné par la luxure, lui est hostile et est en parfaite contradiction avec ses principes moraux. Pourtant elle succombe au charme envoûtant de cette femme à l'intellect corrompu. Dans Histoire d'O, O est une femme libérée sexuellement. Elle devient l'esclave sexuel de son amant et ceci de manière consentante. Elle en tire peu de plaisir contrairement à Héléna qui découvre progressivement le sens de ce mot et y prend goût.
TÊTUE : Est-ce une histoire biographique ?
Il s'agit seulement en partie d'une histoire biographique. Certains événements relèvent totalement du fantasme et d'autres ont été vécus. J'ai utilisé le mélange des deux afin de servir mon propos. On retrouve différents traits de ma personnalité dans le personnage de Claudia mais également dans celui d'Héléna.
TÊTUE : Pensez-vous qu'il peut choquer la communauté lesbienne, peu ouverte, dit-on, à la bisexualité ?
Je pense qu'il serait déplacé de la part des lesbiennes, dont je fais partie, de critiquer la bisexualité. Détours... n'a pas pour but de traiter de l'homosexualité. J'en parle évidemment car il est toujours plus facile d'étudier ce que l'on connait, en revanche mon roman analyse avant tout l'abandon à la luxure, quel qu'il soit...
"Détours..." aux Éditions Ragage - 14 euros
Retrouvez l'interview dans son cadre original, sur le site de TETU en copiant/collant le lien ci-dessous dans votre navigateur internet : http://www.tetu.com/actualites/culture/detours-autour-du-desir-detre-soumise-14754
25 mai 2009
Soeurs de la Perpétuelle Indulgence
L'ordre des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence fut créé à San Francisco, le samedi de Pâques 1979 par un groupe de 4 militants homosexuels. Depuis, partout dans le monde, des Couvents se sont ouverts : aux Etats-Unis, en Australie, en Amérique du Sud et en Europe, à Londres, Paris (1991), ...
Partout, les Soeurs font voeux d'aider leur communauté et la société entière, de lutter contre les exclusions, de prôner la tolérance, la non-violence et la paix, de lutter contre le SIDA en apportant leur aide charitable. Elles répandent à tout moment des messages de prévention par la promotion du sexe sans risque. Les soeurs de la Perpétuelle Indugence se veulent visibles, outrageantes et même provocantes car elles pensent qu'il est parfois nécessaire de choquer pour faire réfléchir et changer les habitudes. Mais elles le font toujours dans la joie et dans un esprit de fête !
Les Soeurs du Couvent de Paris ont formé les voeux suivants :
- L'Information et prévention Sida
- La Visibilité et rejet de la honte
- La Promotion de la Joie universelle
- La Tolérance et la Communication entre communautés
- La Charité
- Voeux et droit de mémoire
Pour réaliser ces voeux, les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence ont recours au happening, à l'animation théâtrale et costumée dans la rue, les lieux publics et privés. Elles redistribuent à d'autres associations (aide aux malades du sida, prévention-éducation ...) les oboles qu'elles ont recueillies. Elles proposent enfin d'apporter leur soutien à d'autres associations pour leurs manifestations ou leurs campagnes de recolte de dons.
Depuis plus de 10 ans, les folles radicales que sont les Soeurs, accueillent jusqu'à trois fois par an des personnes âgées de quelques mois à 77 ans, touchées directement ou indirectement par le VIH.
=> Je me souviens parfaitement, alors que nous étions trop peu nombreux, avoir distribué des préservatifs et du gel dans des lieux de drague gay, avec les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, au milieu des "gay macho". Des préservatifs que ma mère dérobait dans les pharmacies. J'ai toujours aimé leur action radicale, leurs happenings inventifs, leur gentillesse et leur réelle compassion pour les malades, et leur capacité à toujours sourire, même face aux opposants les plus virulents, même face aux incompréhensions, même durant les heures où le militantisme le plus vif à côté d'Act Up était nécessaire.
=> On a peine à imaginer et à concevoir le respect qui leur est accordé à San Francisco. Elles sont saluées pour tous les combats qu'elles ont mené pendant 30 ans, à réconforter, protéger et amuser. N'allez pas voir en elles de quelconques "drag-queen" : ce sont des militantes politiques.
=> Lorsque je songe au temps où leur popularité commençait de croître, ce temps si dramatique à cause du sida et de ses morts quotidiennes, ce temps aussi de libertés nouvelles assumées, et d'émancipation pour toute une génération.
Je vous remercie "Mes Soeurs", d'autant plus chaleureusement et gravement, puisque je mesure combien, aujourd'hui, il vous serait presque impossible d'émerger.
Les enfants invisibles
Les destins d'enfants issus des quatre coins du monde vus par les plus grands réalisateurs.
Sept vies contrariées, sept enfances mal aimées ou maltraitées comme autant de témoignages et de prises de conscience de la part des adultes.
Les enfants dit invisibles sont ceux dont la naissance n'est pas enregistrée et qui donc ne figurant pas dans les statistiques officielles, ene sont pas reconnus comme membres à part entière de leur société. Exclus de services essentiels comme l'éducation, les soins de santé et la sécurité sociale, ils sont sans identité officielle ne peuvent pas se protéger dans des situations dangereuses.
Nous sommes donc devant un film collectif, patronné par l'Unicef, une succession de courts métrages sur un même thème, réalisés par des réalisateurs venus d'horizons divers, et de talents différents.
On retrouve Mehdi Charef, Emir Kusturica, Ridley et Jordan (sa fille) Scott, Katia Lund, Stefano Veneruso, John Woo et Spike Lee. Chacun, selon ses goûts, trouvera matière à réfléchir, et à être touché, face au malheureux sort réservé à ces gamins.
Pour ma part, l'ensemble m'a touché. Le but étant noble, je ne vais pas m'attarder sur ce qui m'a moins plu. Mais je voudrais souligner la force du film de John Woo, à vous arracher des larmes devant cette gamine boiteuse et sa poupée de porcelaine, suant sang et eau pour un jour aller à l'école, ne se séparant jamais de son extraordinaire sourire. Je voudrais noter la maestria d'un Spike Lee très inspiré ici, devant cette gamine séropositive, d'une rare dignité.
Un film voué à secouer les consciences, qui atteint parfaitement son but. Et même si dans la plupart des cas, le fond est bien meilleur que la forme, l'initiative est à saluer.
24 mai 2009
Etreintes Brisées
Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.
Cet homme a deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu'il dirige. Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus diriger de films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena, la femme qu'il aimait, dans l'accident.
Désormais, Harry Caine vit grâce aux scénarios qu'il écrit et à l'aide de son ancienne et fidèle directrice de production, Judit García, et du fils de celle-ci, Diego. Depuis qu'il a décidé de vivre et de raconter des histoires, Harry est un aveugle très actif et attractif qui a développé tous ses autres sens pour jouir de la vie, sur fond d'ironie et dans une amnésie qu'il a volontairement choisie ou, plus exactement, qu'il s'est imposé. Il a effacé de sa biographie tout ce qui est arrivé quatorze ans auparavant. Il n'en parle plus, il ne pose plus de questions ; le monde a eu vite fait d'oublier Mateo Blanco et il est lui-même le premier à ne pas désirer le ressusciter...
Une histoire d'amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison. Une histoire dont l'image la plus éloquente est la photo de Mateo et Lena, déchirée en mille morceaux.
On se réjouit toujours d'aller voir le nouveau film de Pedro Almodovar. Et cette fois-ci encore, on ne ressort pas déçu. Le film est d'une très grande richesse (presque impossible à résumer), d'une belle densité, réalisé avec sophistication et élégance. Jalousie, cécité, secrets, mélancolie, passé perdu, langueur, amour du cinéma... chaque composante est sublime. Et l'ensemble est de très belle facture, indéniablement.
La distribution, elle aussi est très riche : Penelope Cruz (Lena) ; Blanca Portillo (Judit) qui mériterait un prix d'interprétation pour la complexité de son jeu (si Charlotte Gainsbourg n'était pas là !) ; Lluis Homar (Mateo/Harry) dont la carrière international devrait s'étendre encore ; Jose Luis Gomez (Hernesto) subliment jaloux ; Ruben Ochandiano (Ray X) ; Tomar Novas (Diego) sublime ; et le plaisir de retrouver la grande Angela Molina... chaque rôle est parfaitement distribué. Je regrette pour ma part la focalisation faite sur la seule et belle Penelope Cruz, au prétexte que Hollywood ne lui a jamais donné de grand rôle.
Si Pedro Almodovar assume avec brio sa maturité depuis déjà longtemps ("Tout sur ma mère", "Parle avec elle", "La mauvaise éducation") il ne se prive pas un clin d'oeil avec sa fougueuse jeunesse, proposant un film dans le film, clin d'oeil appuyé à "Femmes au bord de la crise de nerfs".
Alors oui, chaque composante de ce film est une incontestable merveille. Pourtant, au final, nous sommes devant un excellent film, parfaitement maîtrisé, très sensible, mais nous ne sommes pas devant un pur chef d'oeuvre. Pour ma part, je ne lui accorderais pas la Palme d'Or. Pourtant, quel titre sublime !
Mais il ne faut pas bouder son plaisir : c'est un film si riche, si foisonnant, qu'il mérite d'être vu et revu sans aucune restriction. Pedro Almodovar est un des plus grands réalisateurs contemporains. Incontestablement.
Que des bêtises ?
Je crois qu'il nous faut revenir un instant sur cette femme politique qu'est Ségolène Royal, au moment où chacun suppute sur sa présence au meeting du PS à Rézé, près de Nantes. Nous sommes habitués aux "frasques" de Ségolène Royal. Mais, puisqu'elle a déjà été traitée de tous les noms, je ne me sens pas d'en rajouter.
Pour plusieurs raisons :
=> Ce courant d'air dans la politique française n'est pas aussi stupide que ça. Et même si la Présidente Poitevine force parfois sur la dose, elle pressent quelque chose d'assez véritable : la France 2009 présente des caractéristiques de la France de 1965, au premier rang desquelles l'ennui.
Il y a une espèce de chape de mélancolie sur notre pays souvent si sanguin. Il y a comme une atonie, une désespérance, une lassitude... et Ségolène Royal m'y paraît sensible.
Et sa façon de jouer au chien dans un jeu de quilles n'est pas si vide de toute stratégie politique intelligente. Je lui accorde donc la stratégie (le long terme), je suis dubitatif sur son sens tactique (le court terme).
=> Il ne faudrait pas croire que le fait de revenir sur son "pardon" à l'Afrique n'est que la parole d'une hurluberlue. Il y a là-dessous une bonne vision de la politique étrangère internationale.
On ne nous le relate pas beaucoup, mais dans 10 ans, à ce rythme, l'Afrique en grande partie ne sera que l'annexe de la Chine. Plutôt que l'annexe, la buanderie. Cet endroit presque anodin où l'on entasse les réserves et les richesses, où s'entassent les biens qui feront nos lendemains.
=> Je ne suis pas un Ségolâtre, je n'ai jamais eu l'esprit d'un "fan". Cela ne va pas commencer maintenant.
Pourtant, il ne faut pas que soupirer et lever les yeux aux ciels dès que Ségolène Royal intervient. Il y a presque toujours une double lecture à faire de ses propos. L'omniprésence de Nicolas Sarkozy nous désapprend toute subtilité, parce qu'il se dit "cash", "direct", "spontané"...
Il parle en slogans vides et creux pour TF1. Elle multiplie les propos que nous devrions écouter par deux fois.
=> Pas besoin de connaître l'Histoire : on a moqué la "démocratie participative", on a de façon majoritaire ri de "l'ordre juste", et pendant ce temps-là on est resté béat devant le "travailler plus pour gagner plus".
Ségolène Royal est un animal politique comme quelques autres. Pas nécessairement, fatalement, toujours "en deçà" des autres. Et le fait qu'elle ne soit ni morte, ni même à genoux, ni même balayée de la vie politique française devrait suffire à nous inciter à lire, et à relire...
Je le répète : je n'entrerai pas en Ségolâtrie. Je n'ai jamais eu une mentalité de "fan" (même devant Morissey !), et cela ne va pas commencer maintenant. Mais nous seriner qu'elle ne dit que des bêtises m'apparaît comme une stupidité.
Avec ce qu'elle s'est pris, en termes de buanderie, elle a des réserves, et c'est désormais une professionnelle.
Peu importe ce que disent les sondages momentanément.
Des réserves pour 10 ans au moins vous dis-je ! Deux quinquennats sarkozystes ?
Je me positionne !
«Nous attendons de Martine Aubry ou de Benoît Hamon qu'ils annoncent clairement la position du PS», somme Frédéric Lefèbvre à propos des bandes organisées dans nos banlieues...
=> Il est bien joli le piège tendu par Frédéric Lefèbvre ! Mais il est un peu épais à mon sens.
1/ Ce porte-parole n'a pas à "sommer" ! Un projet de loi sera déposé à l'Assemblée Nationale, puis il sera débattu, probablement amendé pour en éroder les excès, puis voté. C'est à ce moment-là que les députés PS devront se prononcer : sur un texte finalisé, pas sur un brouillon signé Estrosi.
2/ Désormais, faire de la politique, ce serait de "se positionner" par rapport à l'UMP ou au gouvernement ! Or, ces derniers ne sont pas l'alpha et l'oméga de la politique, que je sache. Nombreux sont les sujets qu'ils n'évoquent pas ou plus : salaires, pouvoir d'achat, environnement... Cela signifie-t-il que les oppositions n'ont rien à en dire et doivent circonscrire leurs propos aux sujets évoqués par les UMPeux ?
3/ On ne peut pas à la fois reprocher au PS de ne pas faire de propositions, et en même temps le "sommer" de se contenter de prendre position sur ce que disent et font les UMPeux ! Cela n'a ni queue, ni tête. La France entière ne peut pas valser au même rythme : cela ressemblerait à des régimes politiques plus que contestables.
=> Non, non, et non ! Il ne faut pas systématiquement "prendre position" sur ce que racontent UMP et gouvernement ! C'est la négation de la politique ! On en arriverait à commenter à longueur de journée des débilités sans fond.
=> Présentement, puisqu'il est question de "lutter contre les bandes", le PS ne saurait simplement "prendre position". Contrairement à l'UMP, il est en droit, et il est même en devoir, d'évoquer les causes profondes de cette éventuelle hausse de violences, de les analyser avec réflexion et sérénité, sans s'intimer à lui-même le rythme de la non-pensée.
=> Sur tout problème sociétal il existe des solutions nouvelles à imaginer, concevoir, puis proposer. "Prendre position" c'est d'ores et déjà annihiler ce processus politique seul susceptible de nous éviter du réchauffé pétainiste.
Enfin, ces bandes organisées et leurs trafics (et je les déplore !), participent d'un large mouvement, un peu partout, de Résistance. On le sait, certains collaborent, d'autres ne collaborent pas. Parmi ces derniers, il en est, très animés, sont sur ces mystérieux confins de la Résistance et du terrorisme, selon le point de vue que l'on adopte.
Il y a là une complexité vieille comme le monde, devant laquelle il est odieux de "sommer" de "prendre position". On le sait, les UMPeux détestent la complexité. Mais rien pourtant ne doit nous éloigner du raisonnement.
Vengeance
Un père vieillissant et de plus en plus amnésique, vient à Hong Kong pour venger sa fille, victime de tueurs à gages. Sur son passeport est marqué "cuisinier". 20 ans plus tôt, il était un tueur professionnel.
C'est toujours un plaisir de retrouver le Hohg-Kongais Johnnie To, à qui l'on doit entre autres les excellents "Breaking News", "P.T.U.", "Election" 1 & 2, "Sparrow", et dont on attend avec une impatience non dissimulée du "Cercle Rouge" de Melville.
Une fois de plus, c'est mission réussie. Johnnie To continue d'être un metteur en scène virtuose, allant presque jusqu'à l'abstraction, alternant avec brio une profonde tristesse et une liberté comique. Evidemment, toujours magnifiques et très chorégraphiées, le réalisateur continue de nous offrir des scènes de fusillades parfaites.
Voici que surgit dans la distribution, alors que Johnnie To travaille toujours avec les mêmes acteurs, notre Johnny Halliday national, accompagné de Sylvie Testud. Certes, Johnny n'est pas encombré de trop de scènes de dialogues, mais sa présence, son corps, s'imposent merveilleusement au dispositif du film. Presque hiératique, déambulant l'air inquiet et perdu, dans HongKong comme dans Macao, il est très au-delà de ce que lui confie généralement le cinéma hexagonal. Jamais son regard n'aura été si bien filmé, suggérant la peur, l'effroi, la mémoire qui s'efface.
Véritables personnages sont aussi les mégapoles Hong-Kong et Macao, que Johnnie To filme à merveille, faisant émaner d'elles des ambiances uniques, presque fantomatiques.
Même si ce film sera probablement mieux salué par les critiques que par un public français boudeur, je le conseille sans la moindre hésitation. On ne saurait passer à côté d'une telle leçon de mise en scène.
Millenium
Agatha Christie dans le Grand Nord.
Mikael Blomkvist est journaliste économique dans le magazine Millenium. Condamné pour diffamation, il décide de prendre de la distance avec sa vie et son métier. Mais Henrik Vanger, grande figure de l'industrie suédoise, fait appel à lui afin d'enquêter sur un meurtre non élucidé, celui d'Harriet Vanger, nièce du grand homme et disparue à l'âge de seize ans. Au cours de ses recherches, Blomkvist se rend compte que La famille Vanger semble cacher bien des haines et des secrets. Dans le cadre de son enquête, le journaliste est amené à rencontrer Lisbeth Salander. La jeune femme de vingt-quatre ans possède un don exceptionnel, celui de découvrir des informations introuvables. Tous deux vont être amenés à se croiser dans une enquête qui va révéler beaucoup plus que ce que chacun aurait pu imaginer...
Voici donc l'adaptation de la fameuse trilogie littéraire de Stieg Larsson qui arrive sur nos écrans après s'être vendue à près de 3 millions d'exemplaires dans le monde. C'est plutôt plaisant de voir que cette co-production Danemark/Suède tient la route.
C'est Niels Arden Oplev ("We shall overcome" en 2006) qui s'attelle à cette tâche. Il bénéficie d'une bonne adaptation qui a eu la bonne idée de passer assez rapidement sur la première affaire, pour se concentrer sur la suite. Il parvient à nous tenir en haleine, alternant brillamment scènes d'enquête, de violence et paysages nordiques. Il ne néglige pas les relations qui se nouent entre ses protagonistes, dressant d'eux des portraits assez fouillés.
La distribution est réussie : Michael Niqvist ("Together" en 2001), sans esbroufe, incarne parfaitement ce journaliste qui pousse à bout ses enquêtes, tandis que Noomi Rapace est la plus belle trouvaille du film. Malgré son look assez ringard, la jeune femme, splendide, est parfaite. On ne nous en dit ni trop, ni pas assez sur son passé, c'est plutôt bien fait.
Etrangement, lors de la projection du film, je voyais aussi l'immonde machin qu'aurait pu en faire un certain cinéma made in USA, qui se laisse souvent aller à la caricature des protagonistes, ce qui rendait le film encore plus intéressant.
Au final, même si c'est un film sans génie, c'est de la "belle ouvrage", réussie de bout en bout, ne nous laissant jamais tomber dans l'ennui ou le déjà-vu. Un véritable plaisir de cinéma dominical.
23 mai 2009
Joyeux Anniversaire ChonChon !
Je me souhaite un Joyeux Anniversaire.
Et pourquoi pas ? Je suis comme vous, incapable de regarder derrière moi, inapte à entrevoir quoi que ce soit de bon devant moi, alors je me contente d'aujourd'hui, où je fête mes "t'huit" ans ! J'ai su, évidemment, vivre autrement qu'à l'instant, mais ce présent-là, celui de mai 2009, est trop pesant, trop lourd. La Résistance est un sacerdoce.
Merci à MisterNo, à Choube, à ZaZa de Mongoland, à Mon Unique, à Tata Dédée, à Lady Catherine, à Karima, à Olivia, à Mumu, à Zézette, à Laurent, à Cristina, à Pierre, pour vos adorables messages. C'est très touchant. Et je me sens bien moins seul.
A quoi bon, il y a "t'huit" ans, être né un jeudi de l'Ascension, pour vivre ça ? Je crois que je ne devrais plus ôter mes lunettes de soleil, pour tout estomper. Où sont la médaille du Meilleur Elève de France, le Premier Prix de Philosophie au Concours Général, l'Accessit en latin, le plus jeune élève de l'ENC, le secrétaire particulier de ce grand banquier parisien, mon tour de l'Europe ? Chacun de nous n'est que ses restes. Faudrait-il envisager Guéret (23) avec davantage de sérieux ?

















