BronsonCorps brut, force brutale.

1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement.

* J'attendais avec impatience ce film du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, parce que sa trilogie "Pusher", commencée en 2001 alors qu'il n'avait que 26 ans, m'avait réellement impressionné. Je ne suis pas déçu, et j'attends déjà avec impatience son "Valhalla Rising - Le Guerrier Silencieux" qui sortira dans un ans, avec pour héros l'acteur Mads Mikkelsen, si beau, si inquiétant.

* J'attendais aussi de revoir Tom Hardy dont les apparitions dans "Frères d'Armes" de Spielberg (2001), "La Chute du Faucon Noir" de Ridley Scott (2002), la même année dans "The Reckoning" avec Willem Dafoe et Paul Bettany, "Layer Cake" de Matthew Vaughn (2004) ne m'avaient pas laissé indifférent (passon sur sa prestation dans le très très surestimé "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola en 2005).
J'ai eu le nez creux : il est extraordinaire. J'attends donc de pied ferme les apparitions de ce beau Britannique dans "Inception" de Christopher Nolan aux côté de Leonardo Di Caprio, et dans "Warrior" aux côtés de Nick Nolte.

Le réalisateur se revendique l'héritier de Kubrick, et plus précisément, fait référence à "Orange Mécanique". Soit. Mais à mon goût, il y avait trop de fioritures chez Stanley Kubrick, alors qu'ici, tout est sec, asséché même, laissant la place belle au mythe de l'ultra-violence, de la rébellion sans cause.

Le film évoque superbement la liberté absolument inaliénable, mais aussi la sauvagerie tapie en chacun de nous. Comme chez son maître, pointe autant l'humour que la folie.

Visuellement, il n'y a rien à redire : c'est un tour de force esthétique, dans le sang et dans la merde, et cela construit un film radical, décrivant le pouvoir de fascination presque hypnotique que peut dégager la violence.

C'est peu dire que Tom Hardy crève l'écran. Même s'il a pris une dizaine de kilos de muscles pour ce film, émane surtout de lui une incroyable puissance. Tout son corps, souvent nu, reste tendu et souple à la fois, un corps brut, un corps qui manifesterait enfin toute l'aliénation faite à la virilité et à la masculinité depuis que Marlon Brando s'en est allé, laissant la place à des corps-jouets body-buildés certes, mais épilés et féminisés jusqu'à l'outrance.

A voir absolument.