La Vie ChonChon

La Vie Parisienne de ChonChon : Cinéma, Littérature, Politique, Société, Musique, Gay Attitude, Expositions, Photographie, Amis, sorties, pensées...

31 juillet 2009

Merce Cunningham

Cunningham_Merce Le corps des hommes.

Un mois après Pina Bausch, c'est la mort de Merce Cunningham, à 90 ans, qu'il nous faut déplorer cette semaine. Inutile et vain de revenir sur l'immense talent de chorégraphe de celui qui aura muer la danse moderne en danse contemporaine. Je ne suis pas un spécialiste, et maints sites proposent probablement un étoffé récapitulatif de sa carrière et de son influence majeure.

J'admire cet homme et son travail. Il a toujours refusé de se "reposer" sur ses succès anciens, et avait décidé de toujours maintenir la danse contemporaine dans son temps. Il n'a pas hésité, par exemple, à utiliser l'informatique dans ses derniers ballets.

Je constate que la mort d'un acteur ou d'un chanteur national de moindre talent peut susciter un émoi dont l'opinion publique s'empare dans une espèce de chagrin collectif, comme une catharsis, alors que la mort de cette personnalité artistique majeure passerait presque inaperçue. Cela tient évidemment au fait que la danse n'est pas un art populaire. Pourtant, que ce soit au Théâtre de la Ville, ou à son annexe des Abbesses, il m'est arrivé de voir des ballets pour moins de deux places de cinéma, autrement dit, moins de 20€. Je suis parisien, me direz-vous à juste titre. Cela tient aussi à une forme d'échec du service public audiovisuel, qui n'a pas su nous familiariser avec les plus grands danseurs, les plus grands chorégraphes. Arte, seule, sait les promouvoir parfois, tard dans la soirée. Cunningham_Ballet Mais au-delà, n'y a-t-il pas tout autre chose ?

Le visage de l'homme, les paroles de l'homme sont aisément accessibles, au théâtre comme au cinéma. Mais le corps de l'homme, ce grand oublié ! Il est marchandisé, marchandé, sur quelques publicité pour slips, boxers et caleçons notamment, pas toujours du meilleur goût, comme les campagnes publicitaires de D&G, désolantes de bling-bling. Marginalement, quelques autres publicités telles les mémorables campagnes pour Manpower ou Coca-Cola Light.

Mais le corps de l'homme est aussi un corps politique. Et c'est souvent ce qui nous était montré sur les scènes des grands chorégraphes. L'homme au travail, tout à son effort, l'homme en amour, l'homme aliéné, l'homme torturé, etc... Ce sont tous ces moments de la vie où le corps de l'homme s'exprime dans la danse. Mais, politiquement, la société est-elle satisfaite de voir le corps de l'homme dans tous ses états. Rien n'est moins certain. Et c'est probablement aussi pour cela, parce que la danse montre aussi le corps de l'homme bafoué et exploité, qui lutte et qui résiste, le corps politique de l'homme, que la mort des grands chorégraphes suscite une émotion très circonscrite, parfois même d'une discrétion de violette, loin des hommages amplement mérités.

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Le Dimanche

Gabin_Jean "La Belle Equipe", Jean Duvivier, 1936.

Du lundi jusqu'au sam'di, Pour gagner des radis, Quand on a fait sans entrain, Son p'tit truc quotidien, Subi le propriétaire, L'percepteur, la boulangère, Et trimballé sa vie d'chien, Le dimanch' viv'ment, On file à Nogent, Alors brusquement, Tout paraît charmant ! ...

Quand on s'promène au bord de l'eau, Comm' tout est beau... Quel renouveau... Paris au loin nous semble une prison, On a le cœur plein de chansons. L'odeur des fleurs Nous met tout à l'envers Et le bonheur Nous saoûle pour pas cher. Chagrins et peines De la semaine, Tout est noyé dans le bleu, dans le vert... Un seul dimanche au bord de l'eau, Aux trémolos Des p'tits oiseaux, Suffit pour que tous les jours semblent beaux Quand on s'promène au bord de l'eau.

Cette sympathique rengaine chantée par Jean Gabin, dans une magnifique scène de "La Belle Equipe", semble désormais devoir appartenir définitivement au passé. Je pense évidemment à la nouvelle "nécessité" qui consisterait à travailler le dimanche, en France, au-delà de ce qui est déjà autorisé. C'est dans la suite "logique" du "travailler plus pour gagner plus".

On connaît les grandes agglomérations principalement visées : Paris, Marseille, Lille et Lyon ! Oh non ! Pas Lyon, parce que cette ville compte trop de députés UMP qui sont contre, alors Lyon fera exception... C'est logique, non ?

Au-delà, ce sont toutes les Régions de France qui sont visées. Oh non ! Pas l'Alsace ni la Lorraine, parce que le personnel ecclésiastique y est fonctionnaire... encarté à l'UMP. L'Alsace et la Lorraine feront donc exception. C'est logique, non ?

Au-delà, ce sont tous les sites touristiques qui sont visés. Oh non ! Pas tous, parce que là encore, il faut des exceptions. Décidément, c'est logique, non ?

Passons. Pour que cela soit communément admissible, désormais partout le dimanche travaillé sera payé double. Partout ? Oh non ! Parce que là aussi, il faut qu'il y ait des exceptions, sinon il y aura des patrons très très mécontents. Donc pas payé double partout, le dimanche travaillé. C'est logique, non ?

=> Moi, parce que je suis probablement un ignare, je croyais que les exceptions déjà mises en place étaient suffisantes, où méritaient d'être corrigées "à la marge" pour mettre fin à certaines stupidités administratives et certaines inégalités territoriales. C'est dire jusqu'où allait mon ignorance, mais plus loin, mon manque de bon sens.

=> Je me demande, et peut-être pas si bêtement, comment le Conseil Constitutionnel va pouvoir valider une loi qui défie (bafoue) aussi ouvertement le principe d'égalité entre tous les territoires et tous les Français. Parce que, même sans m'attarder sur la nécessité ou non de faire bosser le dimanche au delà de ce qui est déjà permis (sauf marginalement, et à réparer des injustices, comme je l'ai déjà dit), je dois bien reconnaître que je vois ici un embrouillamini volontairement compliqué, dans lequel il va être difficile de s'y retrouver, et qui fait de son mieux pour multiplier et les aberrations, et les inégalités.

"La Belle Equipe" reste un très bon film français (parfois c'est digne de Jean Renoir), et la ritournelle de Jean Gabin "Un dimanche au bord de l'eau" a quelque chose de très beau dans son parfum populaire de 1936. Pourquoi abîmer ainsi les chefs d'oeuvre ?

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Tomers Town

Somers_Town Amicalement.

Tout juste sorti de son foyer d'accueil, Tomo, 16 ans, fuit les Midlands pour se rendre à Londres. Marek, lui, vit avec son père, un ouvrier du bâtiment polonais porté sur la bouteille. Timide et sensible, le jeune Marek est passionné de photo et se sent mal à l'aise dans l'univers de son père. La rencontre inopinée de ces deux garçons un peu paumés dans le quartier de Somers Town à Londres les conduira à former une drôle d'alliance.

A peine deux ans après "This is England", Shane Meadows revient avec ce petit film, chronique sociale sans pathos, dans une banlieue oubliée de Londres, filmée avec un noir et blanc légèrement "arty" qui rappelle la Nouvelle Vague de Truffaut et les personnage de Loach.

Le film est court (1H10), reste sans "grand message profond", a tout de l'oeuvre modeste improvisée, mais reste assez bien vu et drôle. Cette histoire d'amitié entre un gamin paumé qui vient des Midlands et le fils d'un immigré polonais travaillant sur les chantiers, n'est pas sombre, n'est pas torturée, mais au contraire positive, chaleureuse, pleine de vitalité et d'humour. L'adolescence n'est pas, en effet, qu'un défilé de drames existentiels.

La qualité de l'interprétation est pour beaucoup dans la réussite du film : on retrouve l'épatant Thomas Turgoose dans le rôle de Tomo (plus british post-punk, tu meurs) aussi décoiffant que dans "This is England" ; Piotr Jagiello (Marek) parfait dans sa timidité ; Ireneusz Czop (Mariusz, le père de Marek) qui devrait pouvoir décrocher quelques beaux rôles ; Kate Dickie (Jane), qui a joué dans "Read Road" d'Andrea Arnold, et qui devrait pouvoir elle aussi se faire offrir de beaux rôles tant elle est charmante ; Perry Benson (le voisin Graham, arnaqueur sur les bords) qui a tout pour endosser les seconds rôles les plus épatants, connu en GB pour les rôles qu'il tient dans des séries.

Tout le monde est à l'unisson, maîtrisant la part d'improvisation du film, et jouant sur les cordes de l'émotion et la gaieté comme sur celles de la désolation et du désoeuvrement.

Certes, ce n'est pas un grand film, certes aussi l'épilogue joyeux n'est pas ce que je préfère, mais la description par petites touches, des gens modestes reste attachante, avec en filigrane l'évocation d'un univers social très pertinente. Si, à l'aune du cinéma anglais, le film reste assez anecdotique, à l'aune du cinéma français, dans son domaine social, c'est une petite merveille !

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Là-Haut

L__Haut Partir...

Quand Carl, un grincheux de 78 ans, décide de réaliser le rêve de sa vie en attachant des milliers de ballons à sa maison pour s'envoler vers l'Amérique du Sud, il ne s'attendait pas à embarquer avec lui Russell, un jeune explorateur de 9 ans, toujours très enthousiaste et assez envahissant... Ce duo totalement imprévisible et improbable va vivre une aventure délirante qui les plongera dans un voyage dépassant l'imagination.

Décidément, Pixar parvient à continuellement se renouveler. Pete Docter et Bob Peterson nous proposent cette semaine une démonstration imparable de l'anticonformisme de Pixar.

Pete Docter n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'il a déjà réalisé "Monstres et Cie" (2001), qu'il a co-écrit les scénarii de "Toy Story" 1 (en 1995) et 2 (en 2000), et qu'il a collaboré à "1001 Pattes" (1998) et "Ratatouille" (2007).

Mais ici, il assume une audace très originale, en choisissant un héros vieux et emmerdeur, un gamin bouboule, un oiseau muet, des clébards miliciens (la scène où la voix électronique de leur chef est déréglée est hilarante)... Il décide de nous émerveiller sans la moindre nunucherie, fait rare dans le cinéma, fait rarissime dans le cinéma d'animation.

Parvenir à nous émouvoir avec un héros qui sort à ce point des sentiers battus, c'est faire preuve d'un grand talent. Car tel est le propos : nous émouvoir. Il faut admettre toute l'intelligence de l'ouverture du film, où la vie du vieux Carl défile sous nos yeux, à travers un album photo suscitant des souvenirs anciens. Incontestablement, c'est aussi fort que du Capra.

Cela n'empêche nullement le film d'être aussi aventureux que drôle. Mais c'est probablement du côté aussi de Miyazaki qu'on peut retrouver pareille poésie, et l'hommage est très sensible.

Il n'y a rien à redire sur la maîtrise formelle de toute l'équipe de John Lasseter. Mais cette fois la preuve est claire et nette, quand on refuse l'esbroufe au profit de l'humanité, on touche au chef d'oeuvre.

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28 juillet 2009

Une épaule, s'il vous plaît !

Epaule_Homme Pouvoir se reposer...

Depuis hier à 17H00, je suis donc "en vacances". La période de repos estival est donc là. Je commence toujours cette période par deux rendez-vous : mon médecin, mon esthéticienne. Le fond et la forme, en quelque sorte. Passons sur l'esthéticienne, cela n'a pas grand intérêt, sinon recouvrer un regard de glace. Quant à mon médecin, c'est à la fois une obligation, puisque le sida ne saurait se gérer avec fantaisie, et une sérénité, puisque je n'aimerais pas avoir à y aller au milieu de mes vacances.

Cela fait plusieurs fois qu'il me dit, gentiment, que je suis une véritable panzer-division, une espèce de machine étonnante, momentanément solide, presque increvable. Mais suis-je si solide que ça ? Je pense que je suis comme tout le monde, que je voudrais me reposer, me poser. Et quoi de mieux que l'épaule de l'homme pour se poser un peu, en toute quiétude. Je ne saurais requérir à mon présent une telle solidité.

MisterNo fait l'aventurier sous d'autre cieux et son épaule est à d'autres que moi désormais ; Arnold construit sa carrière prometteuse ; Oussama est bien trop affairé à soi-même ; SuperU est bien trop jeune ; ZaZa de Mongoland (si, si, c'est un homme !) est bien plus fragilisé que moi... Faut-il donc en appeler à une épaule inconnue ?

Je ne saurais non plus, ni invoquer mon passé - et je sais combien j'ai été aimé démesurément - puisque chacun a presque disparu de mon paysage, ayant suivi d'autres chemins et d'autres amours ; ni invoquer mon avenir, nécessairement assis sur un sol inconstructible, mou et inondable...

Il me reste mes rêveries, mes modestes songes où j'appuie enfin ma tête sur une épaule solide et forte, le temps d'un apaisement momentané certes, mais salvateur. Tout semble venir de ma répugnance à l'abandon. C'est ainsi, je ne m'abandonne pas. Je n'acquiers jamais davantage que la fantaisie, sans accéder à la véritable légèreté.

Dois-je me résoudre à n'être que ce petit homme d'1m70 pour à peine 60 kilos, miraculeusement conservé dans une gigantesque bouteille de gin ? Non, je ne crois pas. Je sais, je sens qu'il faut espérer encore et toujours cette épaule. Autrement dit, je suis bien une panzer-division.

Je suis incorrigible, incessamment capable de dresser le constat le plus froid sur moi-même, mais aussi capable d'entretenir l'espoir le plus brûlant ! Car cette épaule, ce n'est pas trop demander, j'en suis certain. Non pas que je la mérite plus qu'un autre, mais parce qu'il y en a eu par le passé, il y en aura d'autres prochainement, séducteur que je suis.

Incorrigible vous dis-je !

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L'Anniversaire de Leila

Anniversaire_de_Leila Petit périple à Ramallah.

Pour le septième anniversaire de sa fille, Abu Leïla ne désire qu'une chose : rentrer pour une fois de bonne heure à la maison afin de partager cette soirée en famille. Mais rien n'est moins simple pour cet ancien juge qui, alors qu'il rentrait en Palestine avec la ferme volonté d'aider son pays à sa reconstruction, a du se reconvertir en chauffeur de taxi. Confronté à l'irrationalité et le manque d'organisation de la société palestinienne, notre juge devra entreprendre un long et pénible chemin, véritable parcours du combattant, pour finalement retrouver sa maison.

Comment ne pas prendre plaisir devant un petit film palestinien (co-produit, entre autres, par la France) ? Si je dis "petit" film, c'est notamment parce qu'il ne d'une qu'1H10 et qu'il souffre d'un manque de moyens évident, non pas que sa qualité soit moindre.

Le scénariste, réalisateur, producteur Rashid Masharawi nous propose son troisième film, après "Haïfa" en 1996 et "Attente" en 2006. Moi qui suis un admirateur du cinéma Israélien ("The Bubble", "Beaufort", etc.) je suis heureux de pouvoir assister à la projection d'un film palestinien.

Ce film est une tragi-comédie, ponctué de situations parfois absurdes et burlesques. Cependant, la dimension politique est évidente, proposant une vision du quotidien très intéressante, dénonçant des dysfonctionnements, et un réel manque de repères administratifs et institutionnels au sein de la population.

Le scénario est clairement inspiré de l'univers de la BD, avec son découpage en petites scènes distinctes, et ses personnages décrits en quelques traits. Et ce sont ces portraits successifs des différents clients du taxi qui parviennent à dessiner les préoccupations des Palestiniens. C'est plutôt très réussi.

Le film repose en grande partie sur la très belle interprétation de Mohammed Bakri, dont c'est la troisième collaboration avec le réalisateur. Son magnifique visage au regard clair est à l'image de son pays, buriné, ridé, mais parfois animé de beaux sourires pleins d'espoir.

Le film est certes modeste, et sa fin est très attendue. Mais cela reste un plaisir, celui de la rareté, à voir avec intérêt. D'autant qu'il est assez drôle, peu vindicatif et peu revendicatif.

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27 juillet 2009

Brüno

Br_no Des limites de la société du spectacle...

Les aventures du personnage de Brüno, un homosexuel autrichien, roi de la mode créé par Sacha Baron Cohen pour son émission de télévision Da Ali G Show.

Après "Borat" en 2006, le duo Larry Charles et Sacha Baron Cohen nous propose aujourd'hui "Brüno", bien décidé à nous dresser le portrait sans complaisance d'une certaine Amérique.

Les gags sont toujours impertinents, mais les cibles, elle, sont pertinentes. Homophobie, charity business, télé poubelle, puritanisme... ce que Brüno écorne n'est jamais sans fondement politique. Et il est prêt à tout, presque jusqu'à l'inconscience, pour concocter des scènes d'anthologie et fustiger quelques aberrations du monde moderne.

Même si l'humour est potache, même si le procédé peut sembler un peu émoussé, il n'en demeure pas moins qu'il y a là de l'audace, et que certains gags sont bluffants et hilarants.

Ce film est à mon sens un écho à Guy Debord, et la "La société du spectacle". Et c'est par le spectacle que Sasha Baron Cohen dénonce cette société, avec des moments particulièrement réussis.

Le charity business, et notamment l'adoption d'un bébé noir par Brüno qui arrive dans la soute à bagage d'un avion reste un moment d'anthologie. Et ce qui suit, dans le cadre d'une émission de télé-poubelle l'est tout autant.

La mise en exergue de l'homophobie lors d'une espèce de match de catch, dans un état très conservateur des USA, est elle aussi parfaitement réussie, laissant apparaître un visage plus que regrettable de la frange la plus rétrograde et conservatrice du peuple américain.

Et il y a tant d'autres moments inénarrables ! L'interview d'une mannequin racontant que son métier est un des pus difficile du monde ; la tentative de Brüno essayant de trouver un terrain d'entente entre Palestiniens et Israéliens, etc...

C'est parfois agaçant, mais les éclats de rire sont garantis. Derrière la mise en scène, il y a aussi des propos et des prises de positions loin d'être stupides.

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26 juillet 2009

Mes fossettes dorsales.

Chon_reins Le sourire de la croupe.

Le corps recèle tout une série de beautés, petites et grandes, et certaines ont un charme fou. C'est le cas des fossettes que l'on a sur les reins. Je trouve ça très charmant, comme un sourire du dos.

Comme au cinéma où l'on voit peu les gens de dos, en dehors de chez quelques grands réalisateurs stylistes et esthètes qui proposent des films très formels, tels par exemple, "Yi-Yi" ou "Elephant", chacun voit peu son dos.

Certes, dans la rue, on peut admirer une largeur d'épaules, une nuque attirante, un fessier rebondi, où un balancement des hanches particulièrement harmonieux. Mais son propre côté "pile" n'est pas facile à saisir. Il faut se tordre devant sa psychée, presque jusqu'au torticolis, pour percevoir son allure de dos. J'ai donc raté beaucoup de photographies, notamment parce que je ne souhaitais pas passer par l'intermédiaire d'un miroir, avant de pouvoir décider que celle-ci était "publiable".

Nous sommes habitués à "lire" sur le visage, sur le "côté face" d'un interlocuteur. Mais son dos ne nous dit presque rien. Est-il le côté paisible de chacun d'entre nous ? Même le cerveau avec son hémisphère droit et son hémisphère gauche nous est moins mystérieux. Pourtant, notre dos, c'est notre nuque, notre colonne, nos fossettes, nos fesses, toutes ces courbes et ces lignes, plus ou moins saillantes, plus ou moins excitantes, selon les cas et les goûts.

"Oh pardon ! De dos, je ne t'avais pas reconnu." C'est anodin, et ça m'interpelle. Voilà ce que j'arrive à penser, où voguent mes pensées, un triste dimanche. Je m'interroge sur les mystères que peut celer chaque dos. Et j'aime ces futilités...

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Adieu Gary

Adieu_Gary Comme un western ardéchois...
Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà.
Pourtant, certains habitants ont décidé d'y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c'est là qu'ils sont nés et qu'ils ont grandi.
Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie ; Samir, son fils , qui revient dans le quartier après une longue absence ; mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper.
Il va donc l'attendre tous les jours dans la ruelle de ce no man's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de Western...

Nassim Amaouche nous propose cette semaine son premier long métrage. Cela risque de rester une des plus belles surprises françaises de l'été tant son film est passionnant. Un film dans lequel il ne se passe presaue rien, mais où pourtant il se passe tant de choses... Il s'agit d'une très belle chronique, très fragile, relatant avec beaucoup de douceur une panade sociale généralisée, jamais démonstrative. C'est comme dans un excellent film de Guédiguian.

Le décor naturel est envoûtant, inquiétant comme un bourg fantôme de western. Le vent, le soleil, l'artère principale presque vide sous un soleil de plomb. Le réalisateur nous place hors de tout conformisme avec une rare élégance, grâce à son art de la retenue. Et tout ça est imprégné d'une très belle musique, presque andalouse et berbère.

Même si le film est éminemment politique, il n'en est pas moins drôle, chaque protagoniste acceptant comme animé d'une indomptable résilience, sa propre fatalité. C'est admirable en tout point. Certaines répliques, toujours impeccablement servies, sont très amusantes.

La distribution est très intéressante : Jean-Pierre Bacri (toujours excellent dès lors qu'il sort des rôles qu'il n'a pas co-écrits) touche au sublime en ouvrier dans son usine désertée, où il fera rebattre le coeur d'une vieille machine-outil qui a rythmé ses années de travail. Il forme avec Dominique Reymond, toujours parfaite, un couple réaliste et touchant, plein de bienveillance, loin de tous les poncifs habituels à la guimauve.

Adieu_Gary___Belmadi_Arezki Enfin, comment ne pas évoquer ces deux acteurs qui jouent les deux fils de Jean-Pierre Bacri, Mahmed Arezki et Yasmine Belmadi. Frères et fraternels, aussi beaux que les Frères Jérémie et Yannick Rénier.

Yasmine Belmadi est mort il y a peu, le 18 juillet 2009. Pourtant, à mes yeux, sa filmographie signait une des carrières les plus prometteuses. "Les corps ouverts" de Sébastien Lifshitz en 1997 ; ""Les amants criminels" de François Ozon en 1999 ; "Qui a tué Bambi ?" de Gilles Marchand en 2003 ; "Wild Side" le sublime film de Sébastien Lifshitz en 2004 ; "Grande Ecole" de Robert Salis en 2004... Pas un film à jeter dans cette jeune et parfaite carrière, sottement interrompue par un stupide accident de scooter.

Mhamed Arezki a été découvert dans l'intéressante série produite par M6, "Les Bleus", saisons 1 et 2. En 2005, il a eu la chance de jouer dans le parfait Zim and Co" de Pierre Jolivet. J'ose espérer que s'ouvre à lui une belle carrière, car il a toute l'étoffe d'un Sami Bouajila.

N'hésitez-pas, allez voir ce film qui prouve que parfois encore, loin des chroniques familiales sirupeuses et des films choraux qui tournent en rond qu'ont produit chaque semaine en France, il est des pépites à voir absolument.


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21 juillet 2009

Bronson

BronsonCorps brut, force brutale.

1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement.

* J'attendais avec impatience ce film du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, parce que sa trilogie "Pusher", commencée en 2001 alors qu'il n'avait que 26 ans, m'avait réellement impressionné. Je ne suis pas déçu, et j'attends déjà avec impatience son "Valhalla Rising - Le Guerrier Silencieux" qui sortira dans un ans, avec pour héros l'acteur Mads Mikkelsen, si beau, si inquiétant.

* J'attendais aussi de revoir Tom Hardy dont les apparitions dans "Frères d'Armes" de Spielberg (2001), "La Chute du Faucon Noir" de Ridley Scott (2002), la même année dans "The Reckoning" avec Willem Dafoe et Paul Bettany, "Layer Cake" de Matthew Vaughn (2004) ne m'avaient pas laissé indifférent (passon sur sa prestation dans le très très surestimé "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola en 2005).
J'ai eu le nez creux : il est extraordinaire. J'attends donc de pied ferme les apparitions de ce beau Britannique dans "Inception" de Christopher Nolan aux côté de Leonardo Di Caprio, et dans "Warrior" aux côtés de Nick Nolte.

Le réalisateur se revendique l'héritier de Kubrick, et plus précisément, fait référence à "Orange Mécanique". Soit. Mais à mon goût, il y avait trop de fioritures chez Stanley Kubrick, alors qu'ici, tout est sec, asséché même, laissant la place belle au mythe de l'ultra-violence, de la rébellion sans cause.

Le film évoque superbement la liberté absolument inaliénable, mais aussi la sauvagerie tapie en chacun de nous. Comme chez son maître, pointe autant l'humour que la folie.

Visuellement, il n'y a rien à redire : c'est un tour de force esthétique, dans le sang et dans la merde, et cela construit un film radical, décrivant le pouvoir de fascination presque hypnotique que peut dégager la violence.

C'est peu dire que Tom Hardy crève l'écran. Même s'il a pris une dizaine de kilos de muscles pour ce film, émane surtout de lui une incroyable puissance. Tout son corps, souvent nu, reste tendu et souple à la fois, un corps brut, un corps qui manifesterait enfin toute l'aliénation faite à la virilité et à la masculinité depuis que Marlon Brando s'en est allé, laissant la place à des corps-jouets body-buildés certes, mais épilés et féminisés jusqu'à l'outrance.

A voir absolument.

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