Mary___MaxAmitié épistolaire.

Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York.

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé le style et les personnages en pâte à modeler d'Adam Elliot, dont "Harvie Krumpet" avait reçu l'Oscar du meilleur court métrage d'animation en 2004, et que j'avais vu au Forum des Images.

L'évocation des ces deux existences recluses, repliées sur leur monde intérieur, est une véritable merveille. La mise en scène est inventive et virtuose. Jamais le film ne sombre dans la naïveté, la mièvrerie, et s'ouvre sur une poésie sombre et tragique, sur un humour désabusé et désespéré.

L'absurdité du monde et l'humanité des personnage est évoquée sans grande envolée lyrique inutile. Les univers respectifs de Mary et de Max, les personnages secondaires (notamment la mère alcoolique de Mary, son voisin Damian qui l'épousera malgré son homosexualité, et la voisine presque aveugle de Max), sont à la fois drôles et affligeants, avec des bouilles touchantes et désespérantes.

Les acteurs qui prêtent leurs voix à ces personnages ne se mettent pas en avant, comme en demi-ton, respectant toute l'harmonie du film : Toni Collette joue Mary Daisy Dinkle, Philip Seymour Hoffman joue Max Jerry Horovitz, et Eric Bana joue Damian Popodopoulos.

C'est incontestablement une merveille, un univers unique, un film hors de tous les sentiers battus. A voir absolument. Elliot Adam a tout d'un grand. Et Max et Mary seront à deux doigts de faire surgir vos larmes.