Retraites_cgt"Désormais en France, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit."

Ce mépris originel, ajouté à un ras-le-bol largement partagé, auront été cristallisés face à cette "réforme majeure" qu'il faudra revoir dans... 2 ou 3 ans. Quoi qu'on en dise, ces manifestations n'auront pas été insignifiantes, sauf peut-être, devant la surdité et la cécité, du pouvoir en place, désormais évidentes.

Voulant ajouter l'humiliation ("on ne voit plus les manifestations", les manifestants seraient devenus des "bloqueurs") de l'adversaire à sa "victoire" l'Elysée montre, une fois de plus, d'une part qu'il a fait de ses adversaires politiques, des ennemis (et sa rhétorique guerrière en rajoute toujours une couche), d'autre part qu'il méconnaît l'Histoire autant que la littérature, la philosophie, le cinéma, etc...

Même le Président du Sénat, Gérard Larcher, deuxième personnage de l'Etat, a refusé de valider ce comportement (malgré les ordres de l'actuel Président), en refusant de présider le vote au Sénat, laissant volontairement sa place au vice-Président.

Humilier son "ennemi" au sein même de la Nation (!), en politique, on a déjà connu ça, et il en résulte une colère qui sourd, autrement plus dangereuse que les appels à la négociation, les grèves, les manifestations.

Un Président qui moque une large part de la population (qu'il est constitutionnellement supposé représenter AUSSI), au lieu de fanfaronner pour prétendre qu'il est un homme d'état "courageux", ferait mieux de s'assigner à davantage de modestie, de lire "Les Mystères de Paris" d'Eugène Sue, avant de se recevoir un 1848 bis en pleine poire.

1848 : Le Printemps des Peuples.