Pourquoi_tu_pleures__Au moment de faire des choix...

A quelques jours de son mariage, un homme trentenaire surnommé Cui-Cui), qui n’en a pas l’habitude se retrouve confronté à des décisions cruciales.
Face à sa fiancée qui a disparu, face à la fille qu’il vient de rencontrer, face à sa belle-famille dont il ne comprend pas la langue, face à sa mère, sa sœur (surnommée Coin-Coin), ses potes et même aux ouvriers sur le chantier de son futur appartement, il doit trancher.
Mariage ou passion, passé familial ou futur conjugal, pétales ou dragées, tout va y passer.

Pour son premier long métrage, Katia Lewkowicz nous propose une chronique familiale au sujet rebattu, sur le mariage et la peur de l'engagement. Mais il faut compter sur le talent de la réalisatrice qui sait insuffler à son film le loufoque, le farfelu et l'absurde qui permettent au film d'échapper aux poncifs habituels.

Le film est vif et plein d'énergie, souvent décalé et à rebrousse-poil. Les dialogues sont ciselés, et les répliques, souvent très drôles, fusent au coeur des préparations chaotiques du mariage fatidique. Et c'est de ce chaos, entre potes envahissants, soeur débordée, mère blasée, belle-famille dont on ne comprend pas la langue que la réalisatrice tire tout l'intérêt de son film.

Benjamin Biolay prouve sont talent, plantant un Cui-Cui toujours sur la corde raide (la sonnerie de son portable est un chant d'oiseau); Emmanuelle Devos dispense un pouvoir comique dévastateur en soeur Coin-Coin toujours sur le qui-vive et toujours attentive (la sonnerie de son portable est un "chant" de canard) ; Nicole Garcia est implacable en matriarche pâmée devant son fils ; la touche-à-tout du cinéma Valérie Donzelli est parfaite en future mariée qui a rarement les pieds sur terre (après sa prestation impeccable dans "Belleville Tokyo" il y a quelques semaines) ; et Sarah Adler affirme un talent prometteur en incarnant la dernière et émouvante aventure du futur marié toujours déboussolé. Les copains sont bien campés par Eric Lartifau, Nadir Legrand, Jean-Noël Cnockaert et Rodolphe Dana.

Une mention spéciale à une actice que j'aime beaucoup, et qui reste honteusement sous-employée : Hanna Laslo. Découverte chez Amos Gitaï, dans "Alila" en 2003, puis dans "Free Zone" en 2005, où son incroyable prestation dans le rôle de chauffeur de taxi lui valut un prix d'interprétation à Cannes en 2005. Elle était parfaite aussi dans l'excellent "Les Sept Jours" de Ronit et Shlomi Elkabetz.

Sous ses airs de chronique familiale aux harmonies de comédie, le film est aussi particulièrement touchant. Cela tient à la terreur sourde qui le traverse, comme si tout le monde était monstrueux, entre agitation, hystérie, sollicitude permanente.

Et même si ce n'est pas un "grand" film, ça n'en reste pas moins un film agréable et malicieux, grâce à son chaos, à ses personnages fantasques très bien incarnés par une belle distribution, et à ses répliques qui virevoltent en faisant mouche.