Abu_DhabiChacun l'aura remarqué, se joue une campagne électorale où s'affrontent, et ça na rien de bien original, la droite et la gauche, la première jouant sur la peur, la seconde capitalisant sur la colère.

La colère est liée à des élément tangibles issus de ce déplorable quinquennat : chômage de masse, services publics émiettés, baisse ressentie du pouvoir d'achat, vulgarité de l'actuel locataire de l'Élysée, éléments de langage fielleux (discours de Dakar, de Saint Jean du Latran, de Grenoble, etc...), multiplication des "affaires" (Woerth-Bettencourt, Woerth-Compiègne, Balladur-Karachi, Takieddine-Kadhafi, Servier-Elysée-Mediator, valises de Bongo, rétro-commissions sur contrats Sawari II, Agosta, Bravo, Miksa, Amesys, Gaubert & Bazire, journalistes espionnés via les fameuses fadettes, etc... un record sous la Vème République !), floppée de promesses non tenues, génuflexions devant Poutine, Ben Ali, Hu Jintao, Moubarak, Kadhafi, etc...

La peur, ou plutôt les peurs, ont presque toutes été délibérément créées par l'actuel locataire de l'Elysée. Alors certes, il reste les crises successives et leurs conséquences, crises qu'on nous a annoncées, je cite, "derrière nous" à plusieurs reprises. Mais il y a d'autres peurs, à mon sens plus graves, issues de la destruction délibérée de la cohésion nationale, avec la multiplication d'antagonismes stupides, au seul prétexte que s'il a voulu ne servir que 2% ou 3% de Français (les plus nantis) l'actuel locataire de l'Élysée avait besoin d'une majorité d'électeurs pour accéder aux pouvoirs, et que pour les conquérir, il leur a offert, pour pas un sou, le "devoir de haine".

Ce "devoir de haine" a conquis nombre d'électeurs en 2007 car depuis 2002 il n'a cessé d'être distillé, puis n'a jamais cessé d'être distribué durant tout le quinquennat : ainsi a-t-il imposé les haines suivantes dans le débat public : ruraux/urbains, vieux/jeunes, privé/public, police/justice, police/armée (création de la DCRI ; préférence du RAID au GIGN, etc...), non syndiqués/syndiqués, "élites"/peuple, de souche/pas de souche, chrétiens/musulmans, pas hallal/hallal, etc...

Subsidiairement, et plus légitimes probablement, il y a des craintes, qui peuvent être mues en peur, à des fins électoralistes. Je pense en premier lieu au cas de la Syrie. C'est souhaitable et utile d'interroger les candidats à propos de la Syrie. Mais dans ce cas, il existe de réelles convergences sur l'échiquier politique internatinoal, et l'ONU s'est clairement attelé à la tentative de résolution du cas El Assad qui continue de perpétrer des massacres.

Il existe aussi la crainte des intentions et des agissements de l'AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) désormais sur-armé "grâce" aux armements parachutés lors de l'intervention en Libye (intervention qui a finalement beaucoup dépassé le cadre strict dicté par l'ONU). Mais, il n'est pas étonnant qu'on en parle peu, eu égard à l'évidente responsabilité de l'actuel locataire de l'Élysée qui s'est émancipé du Quai d'Orsay et de Alain Juppé comme de l'Armée, au seul profit de BHL. Une AQMI renforcée par les armes est une des conséquences de l'intervention militaire en Libye.

Mais ne pas les interroger AUSSI, et peut-être principalement, sur ce qui se trame entre l'Iran et l'Israël, c'est se cacher derrière son petit doigt. Washington et Paris prévoient pourtant le conflit pour 2012, peut-être même dès juillet. Le rapport confidentiel de la DAS (Délégation des Affaires Stratégiques) est pourtant claire et unanime à ce propos : État Major des Armées, Quai d'Orsay, et DGSE pour la France, Obama, Clinton, et Pentagone pour les USA sont tous très pessimistes. La prochaine réunion est pour après-demain : le 23 mai ! Et si Obama n'est pas réélu, les risques de catastrophe sont encore plus élevés. Pourtant, en France, c'est plutôt, à propos de cet éventuel conflit, "motus et bouche cousue".

Notre "génial" Chef des Armées, le très contestable Nicolas Sarkozy, n'a pas eu de meilleure idée que celle d'ouvrir une base militaire aéronavale à Abou Dabi en 2008, à 250 km des côtes iraniennes, ce qui rend la participation de la France presque inéluctable, avec je cite "de forts risques", premièrement de l'envolée du prix du pétrole après l'éventuel blocage du détroit d'Ormuz (avec, je cite, "rationnement provisoire"), et d' "une action clandestine terroriste, guidée par Téhéran, sur le sol national". 

Face à la Syrie, la France est fort heureusement loin d'être seule, et l'ONU s'active vaillamment, mais qu'en est-il de ce qui se préparerait en cas de conflit israélo-iranien, qui déborderait sur le Liban, le Yemen, l'Irak, l'Afghanistan, etc...?

Jamais je ne me suis laissé gouverner par la peur. C'est en partie une volonté, en partie un "question de caractère" étant très peu disposé à m'enferrer dans la trouille, qui restreindrait mes aspérités fantasques, depuis mon enfance. Pourtant, et je le reconnais bien volontiers, je me suis toujours intéressé de très près à tous les soubresauts qui peuvent surgir au Proche Orient. J'ignore s'il faut inconditionnellement s'en remettre au rapport confidentiel de la DAS, ou s'il faut le prendre par-dessus la jambe, parce lui aussi ne serait qu'un brûlot attisant les braises de la peur. Il me semble pourtant qu'il y a là une crainte légitime, autrement plus légitime que les peurs jetées en pâture au "Peuple" par l'actuel locataire de l'Elysée (comme par le FN, dont il s'inspire largement).

Israël/Iran, un conflit probable, dans lequel la France serait probablement partie prenante à cause, entre autres, de sa base militaire aéro-navale à Abu Dhabi (à 250 km des côtes iraniennes !), reste un sujet presque jamais abordé, ni par les pouvoirs en place, ni par les media, et qu'il faut laisser tapi en soi, parce qu'il faudrait s'exercer la primauté du "devoir de haine" envers les syndicats, les corps intermédiaires, les juges, les services publics, les "pas de souche", les jeunes de banlieue, les fonctionnaires, les malades, les homosexuels, etc...?