Alyah

Couper ses racines.

Paris 2011. Alex (Pio Marmaï) a vingt-sept ans. Il vend du shit et vit dans l’ombre de son frère Isaac (Cédric Kahn), lequel après avoir été son soutien est devenu son fardeau. Alors quand son cousin (David Geselson) lui annonce qu’il ouvre un restaurant à Tel-Aviv,

Alex imagine le rejoindre pour changer enfin de vie.

Déterminé à partir, Alex doit dès lors trouver de l’argent et faire son Alyah.

Mais il devra aussi tout quitter : Paris qu’il aime tant, Esther (Sarah Le Picard) son ancien amour, Mathias (Guillaume Gouix) son ami de toujours et Jeanne (Adèle Haenel) qu’il vient de rencontrer, son père (Jean-Marie Winling) qui a dû céder son rôle au frère aîné Isaac, pour le plus grand malheur d'Alex.

Saisi entre son Alyah, la vente de drogue, ses amours complexes et un frère destructeur, Alex devra trouver sa voie.

Elie Wajeman, très intelligemment, nous propose une Alyah aux antipodes de ce qu'elle est supposée être originellement. En effet, il s'agit ici pour Alex, non pas de "retrouver ses racines juives" en partant pour l'Israël, mais bien au contraire de quitter celles qui l'encombrent à Paris. C'est pour se détacher, se libérer, qu'il envisage ce départ.

L'interprétation est de très bon niveau, notamment celle de Pio Marmaï (très bien en homme désemparé) et celle de Cédric Kahn (parfait, inspirant presque le dégoût), qui parviennent à retranscrire les difficultés dans une fratrie, le poids d'un frère trop encombrant, trop étouffant, presque castrateur, qui s'improvise davantage père.

Pour Alex, il s'agit davantage d'une Alyah "de circonstance", juste pour s'émanciper, et n'est mu par aucune conviction religieuse ou patriotique, ce qui confère au film un point de vue très original.