Abu Nouwas - Pierre et Gilles

Un peu de poésie...

À cause du temps qu'il fait, à cause aussi le pauvreté de la progammation cinématographique du moment, j'ai de nouveau le temps de lire autre que la presse. Après Rachid O., et histoire de comprendre quelques trucs à la soutenance de thèse de Hebus, j'ai lu les deux recueils de poésie d'Abû Nuwâs, "Le vent, le vin, la vie" et "Bacchus à Sodome".

Avant de vous faire connaître quelques-unes de ses poésie et quelques dessins qui les illustrent, voici sa biographie telle que proposée par Wikipédia. Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer aussi quelques photographies actuelles qui rendent hommage au sulfureux poète, d'abord de Pierre & Gille, ensuite de Marius Moranz, la photographie du fameux "Mezze Abû Nuwas" qu'on sert dans certains restaurants, et d'un dessin d'inspiration persane de 

Abû Nouwâs (ou 'Abou Nouwâs ; en arabe : أبو نواس الحسن بن هانئ الحكمي), né entre 147 et 762 à Ahwas en Iran, et décédé vers 815 à Bagdad (Irak actuel), est un poète arabo-persan. Considéré en son temps comme le plus grand poète arabe classique, il est aujourd'hui très populaire dans les pays de langue arabe.

Abû Nuwâs est né d'un père arabe, Hani, qui était soldat dans l'armée de Marwan II, et d'une mère persane nommée Golban et qui a travaillé comme tisserande. D'un milieu persan mais arabisé, il passe toute sa vie à Bagdad. Ses contacts avec des mécènes, tels les vizirs barmécides, et son aura scandaleuse lui valent les foudres du Calife Haroun ar-Rachid.

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Abû Nuwâs est encore un jeune garçon quand sa mère le vend à un épicier de Bassorah, Al-Sa'ad Yashira. Abû Nuwâs émigre à Bagdad, peut-être en compagnie de Walibah ibn al-Hubab, et devient rapidement célèbre par sa poésie pleine d'esprit et d'humour, qui ne traite pas les thèmes traditionnels du désert, mais parle de la vie urbaine et chante les joies du vin et des boissons (khamriyyat) et l'amour des jeunes garçons (mujuniyyat) avec un humour grivois.

Pour avoir écrit un poème faisant élégiaque sur les Barmécides, la puissante famille renversée et massacrée par le calife Haroun ar-Rachid, Abû Nuwâs se voit contraint de fuir en Égypte pour un temps. Il rentre à Bagdad en 809 après la mort d'Haroun ar-Rachid. La prise de la khilafa par Muhammad al-Armin, fils de Haroun ar-Rachid, libertin et ancien élève de Abû Nuwâs, est un immense soulagement pour le poète. Le poète écrit des poèmes élogieux envers le nouveau khalife et compose une qasida en son honneur.

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Néanmoins, son goût pour le vin et son esprit libre en termes de mœurs provoque une vivre réaction d'al-Amin qui le fait emprisonner pour non respect de la morale musulmane. al-Amin sera finalement renversé par son frère encore plus fondamentaliste, Al-Mamoun, qui n'a aucune indulgence pour Abû Nuwâs. Abû Nuwâs mourra en prison sans jamais en être ressorti. Certains biographes pensent qu'il aurait été empoisonné par un individu du nom de Ismail Abu bin Sehl qui en aurait été chargé par le vizir Zonbor.

Certains auteurs prétendront plus tard que la prison a conduit Abû Nuwâs au repentir et qu'il devint profondément religieux, tandis que d'autres estiment que c'était une manœuvre pour gagner le cœur du nouveau calife (avec l'aide de quelques poèmes flatteurs notamment). Le vizir d'al-Mamun, Zombor, haïssait Abû Nuwâs : on dit que pour aggraver son cas il lui aurait commandé un poème satirique à l'égard du gendre de Mahomet, Ali ; Zonbor l'aurait ensuite lu à haute voix en public, garantissant ainsi son maintien en détention.

Son travail comprend des poèmes sur la chasse, l'amour des garçons, et autres panégyriques de ses patrons. Il se fait connaître pour son goût de la dérision et de la satire, deux de ses thèmes de prédilection étant la passivité sexuelle des hommes et la débauche sexuelle des femmes. S'il se plaît à évoquer la liberté sexuelle des hommes, il n'a en revanche aucune sympathie pour les lesbiennes. Il aime à scandaliser la société en écrivant ouvertement des choses interdites par l'Islam. Il est probablement le premier poète arabe à avoir écrit sur le thème de la masturbation.

Abu Nouwas - Mezze

Ses thèmes privilégiés versent dans une tendance hédoniste aux relents mystiques : amour du vin et de la gastronomie (voyez le "Mezze Abû Nuwâs !), des garçons et de la chasse, du libertinage mais aussi l'angoisse de la mort et du vieillissement. Son esprit critique se tourne notamment contre les institutions religieuses.

Selon les critiques de son temps, il était le plus grand poète en terre d'Islam (F. F. Arbuthnot). Son contemporain Abu Hatim al Mekki dit souvent qu'Abû Nuwâs creusait au plus profond de lui-même, retrouvant ainsi les pensées les plus originales et les plus difficiles d'accès.

Ryan Grant -Art Perse

Oeuvres d'Abû Nuwâs :

  • Abû-Nuwâs (préf. et trad. Vincent-Mansour Monteil), Le vin, le vent, la vie, Sindbad, collection « La petite bibliothèque de Sindbad ». Recueil de 74 poèmes traduits, avec une présentation et une biographie détaillées.
  • Abû Nuwâs (préface et traduction Omar Merzoug, calligraphies Lassaâd Métoui), Bacchus à Sodome : poèmes, La Croisée des chemins.
    Recueil bilingue arabe-français d'une trentaine de poèmes, illustré par des reproductions de miniatures anciennes.
    => Promis, quelques poèmes très bientôt !