Dans la tête de Charles Swan III

Après la rupture amoureuse...

Graphiste réputé de Los Angeles, Charles Swan (Charlie Sheen) est un séducteur excentrique à qui tout a toujours souri. Mais quand son grand amour Ivana (Katheryn Winnick), lassé de ses frasques d’homme à femmes, met brutalement fin à leur relation, c’est tout son monde qui s’effondre.

Avec le soutien de ses fidèles amis Kirby Star (Jason Schwartzman) et Saul (Bill Murray) et de sa sœur Izzy (Patricia Arquette), il entreprend alors un étrange voyage d’introspection dans son imaginaire, et tente de se résigner à vivre sans Ivana.

Après "CQ" en 2001, que j'avais beaucoup aimé, "Dans la tête de Charles Swan III" est le second long-métrage de Roman Coppola en tant que réalisateur. Il est le fils du réalisateur Francis Ford Coppola, et le frère de la réalisatrice Sofia Coppola, le cousin de Jason Schwartzman qui joue dans ses deux films. Ce n'est "que" son second long métrage, mais il travaille beaucoup sur les films de Wes Anderson en tant que réalisateur seconde équipe ("À bord du Darjeeling Limided", "Moonrise Kingdom"), ou de sa soeur Sofia ("Virgin Suicides", "Lost in Translation") dont il a produit le dernier film "The Bling Ring". Au risque de faire hurler, je lui trouve bien plus de talent qu'à sa soeur, très surestimée.

"Dans la tête de Charles Swan III" n'est pas une histoire d'amour au sens traditionnel du terme, mais plutôt celle d'une rupture, et du moment de confusion qui en découle : "On balance entre amertume et nostalgie sur tous les souvenirs qu’on se remémore, on adore et on déteste la personne en même temps. C’est ce moment précis que j’ai voulu décrire", raconte Roman Coppola. Il s'est fortement inspiré de l'explosion du graphisme à Los Angeles dans les années 1970 pour l'esthétique et les décors très étudiés de son film. Jusqu'au nom de son personnage principal, directement inspiré du célèbre graphiste Charles White III, dont le réalisateur était admiratif depuis son enfance avant de devenir ami avec lui : "Le nom de mon personnage est autant un clin d’oeil qu’un hommage", confie-t-il.

L'affiche donne bien le ton fantaisiste du film : chaque acteur est représenté par un aliment ou un objet : Charlie Sheen est une banane à moitié épluchée, Bill Murray une bouche qui se lèche la lèvre supérieure, Jason Schwartzman un cornichon, Audrey Plaza un rouge à lèvres, et Patricia Arquette une grappe de cerises.

Pour mon plus grand plaisir, plus de 12 ans après l'épatant "CQ", l'univers déjanté et ultra référenciel de Roman Coppola est toujours aussi euphorisant. Avec son esthétique seventies, son onirisme sous acide et son casting chic (tous sont légers et drôles), ce film pétille de partout !

Le film déploie ses références dans une série de vignettes hypergraphiques dessinant les contours d’un monde irréel, purement fantasmatique. Le geste est malicieux, fantaisiste et dandy. C’est franchement barré, bordélique, et on prend beaucoup de plaisir à suivre cette belle équipe de déjantés.