Rainbow Coffee

Devant les réactionnaires, je bois un "rainbow-coffee".

Dès qu'est apparue clairement l'homophobie autrefois larvée, à l'occasion du vote du mariage pour tous, j'avais écrit que nous en prenions pour tout le quinquennat. Pour tout dire, c'était perceptible avant, dans les arguments de ceux qui n'osaient avouer leur déni de démocratie, qui se limitaient à nous seriner, dès le 6 mai 2012, que François Hollande n'était pas "légitime", pas plus qu'à leurs yeux ne le serait le Parlement deux semaines plus tard.

Comme si les homophobes ne suffisaient pas, s'ensuivirent pour l'occasion tous les intégristes religieux qui n'aiment rien tant que contester la laïcité, qu'ils soient catholiques (leur idée du partage et de la fraternité est bien loin des Évangiles), juifs, ou musulmans. En d'autres occasions, fort nombreuses, rappelons qu'ils ne peuvent pas se voir en peinture...

Il faut croire qu'une haine en appelle d'autres, et peut-être les appelle toutes : (ré)apparaissent alors les anti-féministes, les anti-juifs, les anti-musulmans, les anti-sémites, les anti-fonctionnaires, les racistes, les négationnistes, les anti-syndicats, les anti-IVG, etc... En fonction des "combats", ils s'opposent ou se concatènent, dans ce qui ressemble à un vide idéologique effarant, allant jusqu'à nier les fondements de la République, à déplorer la laïcité, à réfuter les lois démocratiques, à voulant "destituer" François Hollande, et parvenir à mettre l'UMP et le FN dans l'embarras, convoquant une hypothétique "théorie du genre" quand il ne s'agit que de promouvoir l'égalité homme/femme.

Que dire ? Leur affirmer que le XXIème, nous y entrerons de plain-pied, avec ou sans eux, que la grande mutation actuelle se fera inéluctablement, qu'on ne détruira ni nos valeurs républicaines, qu'on ne retournera pas en arrière comme ils le souhaitent (1900 ? 1930 ? 1940 ? 1950 ? 1960 ?), qu'on n'arrêtera pas même le temps, etc... Vouloir appartenir au passé, c'est se refuser à l'avenir. Dont acte.

Que faire ? Pour ma part, les observer depuis le train du progrès dans lequel je suis monté, assez consterné, les regarder s'éloigner, devenir de plus en plus petits, minuscules, insignifiants, inutiles (même s'ils aspirent à être nuisibles). Ils polluent l'air du temps. Et je bois tranquillement un "rainbow-coffee" dans le wagon-bar.

Ils ne savent, ni ce qu'ils disent, ni ce qu'ils font. Mais nous, nous savons.