Joyeux Norouz

...un beau dimanche.

Excellente et tardive soirée, autour du repas de Norouz, en tête-à-tête avec mon Darius. Évidemment, tous les plats, servis à la façon d'un mezzé, étaient délicieux. C'est d'abord la décoration traditionnelle perse que j'ai aimée : le poisson rouge dans son bocal, les lentilles germées, les jacinthes, etc... autant de symboles d'un printemps qui frétillent.

Il n'empêche que ce matin, je me suis levé tôt. J'étais prêt à 7H30 pour aller voter, ce qui me laissa le temps d'aller boire un café au bar-PMU d'en bas. Nous ne sommes que deux clients. L'autre homme est tout heureux, il a gagné 523€ à je ne sais quel jeu de hasard. Il discute avec le Chinois à la caisse qui dit ne pas avoir le droit de lui verser plus de 500€. C'est comme ça. Et moi voilà, sans que je m'y attende, avec un cadeau de 23€. Nous sommes le 23 avril. Ça commence bien.

À 7H55, je suis devant le bureau de vote. Je suis seul. J'attends que ça ouvre. J'étais content à l'idée d'aller voter - même si je sais que NKM a peu de chance, en sa qualité de fausse candidate à la Mairie de Paris, mais de vraie candidate aux primaires UMP prévues en 2016 pour briguer l'Élysée, ou pour le moins, obtenir un Ministère régalien - comme je le suis toujours.

Je vais faire mon devoir de citoyen au bureau de vote numéro 23 (ça ne s'invente pas), je suis le numéro 13/0001 sur la liste électorale. Je ne me rappelais que chacun avait un numéro. Toujours un peu à l'ouest...
- "Bonjour Madame" me dit-on. Je suis surpris en entendant ça, mais je ne réponds pas. Je fais ma petite affaire, prends les bulletin, vais dans l'isoloir, vote.
- "Jean-Paul, Marcel, Raymond F-B a voté. Merci Madame. Au revoir Madame." Alors là, quand même, je ne peux que répondre :
- "Excusez-moi Madame, mais Jean-Paul, Marcel, Raymond, c'est sans équivoque, non ? "
- "Oh pardon ! C'est à cause de votre bonnet rose. Et puis vous savez, on voit tellement de trucs à notre époque..."
Décidément, c'est un beau dimanche qui commence.

Tellement déçu par "Her" de Spike Jonze hier qui met plus de 2H à nous dire que l'amour réel est mieux que l'amour virtuel (même si "Portrait of Jason" de Shirley Clarke m'a ensuite ravigoté), que j'opte pour "la trilogie Los Angeles" qui sort cette semaine, à savoir, trois film plutôt "underground" : "Wrong Cops" de Quentin Dupieux, "The Canyons" de Paul Schrader, et "Qui a peur de Vagina Wolf" de Anna Margarita Albelo. Oui, vous avez bien lu, "Vagina Wolf". Impossible de résister à ces formes iconoclastes et presque "interlopes" de cinéma. Je ne me referai pas. Je reviendrai su ces trois films.

J'ai 1H15 entre deux films, pour aller de l'UGC des Halles au Nouveau Latina Rue du Temple, soit moins de 15 minutes de marche. Tranquille, j'opte, mes 23€ en poche, pour un falafel complet Rue des Rosiers. Je passe devant Beaubourg. Il y a une queue gigantesque pour entrer à la bibliothèque. Je plais ces pauvres étudiants. Et là, l'un d'entre eux, beau garçon, me fait un très grand sourire, tout plein de dents blanches. Je le reconnais de je ne sais où. Je lui propose - c'est ça la bonne humeur ! - de lui faire doubler tout le monde grâce à ma "carte de neuneu" qui offre la priorité. Tilt ! C'est un étudiant de Dauphine, en mathématiques, précisément où je travaille. Il est content, moi aussi. Je ne lui dis pas que s'il avait été moche, il aurait fait la queue comme tout le monde, ça fait trop "vieux pédé cougar" avide de chair fraîche. Puisque je suis dans Beaubourg, que j'ai le temps et les ous, je passe à la librairie, et je m'offre le catalogue de l'exposition "Henri Cartier-Bresson" pour 10€. Je suis enchanté.

Mon falafel complet "spicy" comme dit le serveur, est délicieux, et comme d'habitude, Darius est ponctuel, pile à 11H55 devant le Nouveau Latina pour la séance de midi. Nous ne sommes que quatre personnes, dont une qui s'est trompée de salle. Pourtant, ce film inspiré du fameux "Qui a peur de Virginia Woolf" avec Richard Burton et une Liz Taylor indépassable me plaît infiniment, et je m'amuse beaucoup. 

Nous rentrons par les quais, le Jardin du Palais Royal, les Tuileries, et je raconte mon début de dimanche à mon Prince of Persia qui lui, n'a pas pu résister au plaisir de la grasse matinée dominicale.

Les anniversaires de ZaZa puis de Didou, des films, le petit livre de Pierre Albert ("Le refus de parvenir"), les repas de Norouz, quelques bons films hors des sentiers battus, un beau sourire d'étudiant, la volupté oriental de Hébus, les élections municipales, un homme heureux au bar-PMU d'en bas, les arbres en fleurs (les beaux "Cerisiers du Japon" de ZaZa), l'odeur des jacinthes, etc... je ne sais que ce ne sont là que de petits plaisirs qui ne sauraient cacher les grandes difficultés et les grands maux, mais je prends tout comme ça vient, comme ça tombe

Que le début du printemps est beau ce dimanche...