Gaza bombardement 1

Gaza bombardement 2

Cessez le feu !

Je sais que si j'écrivais "Paris, je t'aime !", "Sarajevo, mon amour", "Hiroshima, mon amour", "Voir Naples et mourir"... il n'y aurait aucun problème, et je ne pourrais être suspecté d'aucune mauvaise intention, d'aucune haine.

Mais comment évoquer les Gazaouis civils, hommes, femmes, vieillards et enfants, dont le sort est aujourd'hui un crève coeur ? Comment aller aux côtés du Mrap ou de la Ligue des Droits de l'Homme, pour dire sa peine, son chagrin, sans être suspecté - sinon directement jugé - d'anti-judaïsme ?

Les politiques et les media peuvent toujours minauder avec leur sempiternel "il ne faut pas importer ce conflit en France", ça reste hypocrite, c'est vouloir nous faire avaler que les débordements d'une manifestation interdite sont plus graves encore que cette horreur, c'est cacher sous le tapis que les mêmes louvoient devant le Qatar et l'Arabie Saoudite, qui se pavanent tous les ans au CRIF, qui laissent sans broncher Benyamin Netanyahou demander publiquement aux Juifs de France de rentrer dans leur pays, etc...

Je lis donc avec le plus grand intérêt les articles et chroniques qui paraissent dans l'Humanité, sur Rue89, sur Slater.fr, dans le NouvelObs.

Je comprends qu'ont été mises en avant les tensions - voire les conflits - entre Chiites et Sunnites dans presque tous les media, retranchant le conflit Israélo-Palestinien, pourtant fondamental, à des pages plus lointaines, et que d'un point de vue strictement politique, avec ses monstrueux travers, le Hamas (n'oublions pas qu'il a une composante extrémiste et terroriste, mais qu'il a aussi une composante politique avec laquelle il faut discuter) veuille revenir "à la une", et qu'il n'est pas étonnant qu'il choisisse de braquer à nouveau les yeux du monde entier sur la bande de Gaza.

Je sais le comportement de la frange extrémiste et terroriste Hamas (que le Hezbollah a beaucoup aidé), et je le réprouve avec ardeur et détestation. Je sais aussi que le Fatah n'a jamais été considéré comme un "bon interlocuteur", que l'Autorité Palestinienne et Mahmoud Abbas sont méprisés, que le Likoud n'est pas un enfant de coeur, et que certains, juifs (Israéliens ou non) y compris, le qualifient d' "extrême droite". J'ai écouté à plusieurs reprises Avigdor Liberman, et mon échine en a tremblé.

Je me rappelle que pour certains l'OLP et Yasser Arafat furent des terroristes, pour d'autres des résistants. C'est dire la complexité à appréhender le conflit Israélo-Palestinien.

Je me rappelle les images de la Nakbah de 1948 telles qu'on nous les montrait pendant les cours d'Histoire, et j'en ai gardé un souvenir presque charnel. Je n'ai jamais pu envisager ce que furent près de 750.000 personnes en exil.

J'ai écouté ces jours derniers Elie Barnavi ; j'ai vu Ronit et Schlomi Elkabetz monter à la tribune avec un courage inoui ; j'ai lu en français quelques articles parus dans El Haaretz traduits par Courrier International ; j'ai lu l'adirable article de Zeev Sternhell, le grand historien israélie, paru lans le NouvelObs ; je comprends combien Stéphane Hessel et sa parole nous manquent...

Je pense que j'ai voté pour Jean-Luc Mélenchon avec de bonnes raisons ; que le PCF et l'Humanité s'honorent à houspiller le gouvernement et à écrire de si courageuses chroniques ; qu'une manifestation à Paris ne doit pas être interdite même avec des casseurs et aussi des banlieusards financés par le Qatar (entre autres) mais très encadrée et protégée ; que la sécurité des Israéliens est un impératif ; que la colonisation perpétuelle de la Palestine par l'Israël n'est pas recevable ; que nous observons ici un échec majeur des USA et de Barack Obama ; etc...

Il y a des moments où il faut savoir écrire "je".

Je me suis circonscrit à une illustration des seuls bâtiments de Gaza, pour ne montrer aucune femme, aucun homme, aucun enfant, ni Israélien ni Palestinien, pour ne pas diminuer mon désarroi, pour ne pas susciter le moindre sentimentalisme chez Margot dans sa chaumière.

Pourtant, j'ai des visages en tête. Celui d'abord de Nour-Anatole, par "bonheur" extirpé de cette tragédie, celui de mon ami Khaled dont le sourire est un croissant de lune et dont les petits mots quotidiens sont des étoiles, et tant d'autres encore...

"That's beyond my control !". Quand j'entends Gaza, je pense aux civils Gazaouis innocents, que ni Tsahal ni le Hamas ne doivent sacrifier.