Ispahan vue d'avion

Mes pas dans les pas de Hebus...

J'avais, depuis quelques temps déjà, l'invitation avec prise en charge totale, et mon coeur palpitait, heureux et angoissé à la fois, d'aller à Ispahan.

Certes, le vol de six heures, le décalage horaire de trois heures et demi, ce sont des choses simples, mais avant tout ça, il y a les préparatifs, autrement les paperasses et les formalités.

Et ça ne rigole pas ! Avant de toucher le sol iranien, j'en ai rempli des formulaires. J'ai bien cru qu'il faudrait passer devant le proctologue ! Ceci-dit, compte tenu des circonstances, c'est logique. Tant du côté français que du côté iranien. J'ai pensé à planquer mes médicaments dans les affaires de Nour-Anatole. Manquerait plus que je passe pour une arme de destruction massive venue de l'Occident, envoyée par les mécréants...

Ensuite, la logistique ! Parce que ce n'est pas une mince affaire que de ne disposer que de douze heures entre l'arrivée de Lothaire et de Nour-Anatole d'Argentine, et notre départ pour Ispahan. Benoîtement, je pensais que tout était réglé, que nous avions nos papiers, nos visas, nos petites affaires (pour ce qui me concerne, ce sont presque des "déguisements" tant je donne dans la sobriété), nos adaptateurs internationaux pour l'électricié, et tout le temblement ! Que nenni !

Voilà que nous partons avec des "officiels", depuis Villacoublay. Bonjour le voyage avec des types aux allures d'ayatollahs et des femmes-Batman ! Heureusement, c'est juste le temps d'embarquer, parce qu'ensuite, tout ce beau monde est aussi imam et femme voilée que moi ! Je reconnais l'homme aussi clinquant qu'un lustre que j'avais vu à l'Ambassade. On boît même du Champagne !

Ensuite, tout roule, jusqu'à ce que nous soyons à l'aéroport d'Ispahan. Lothaire, ça passe tranquille. Nour-Anatole, déclanche la liesse généralisée ! Enfin c'est mon tour. Dans un anglais approximatif, on m'explique qu'il faut que soit "radiographié" mon ordinateur portable (mo téléphone, lui, faire rire en coin le douanier). Heureusement, c'est celui où il n'y a aucun fichier. Suppression de la géolocalisation obligatoire, ce avait déjà déja fait par Hebus, et que la DCRI avait vérifié. On jette un coup d'oeil sur mon FaceBook : ça tombe bien, beaucoup d'articles parus dans l'Humanité clairement pro-Palestinien. Lothaire explique que j'aimême écrit "Gaza mon amou". Après, je pense comprendre qu'on me félicite en anglo-arabo-perse de ma visite pour changer de sexe pour épouser Lothaire ! Là, c'est la franche rigolade. Je suis rouge comme une tomate. Après encore, il faut traduire en arabe le nom de mon parfum. Pas de bol, c'est "Tubéreuse Criminelle"... mais au final, Nour-Anatole avec son poncho argentin (!) accapare toute l'attention, les caresses et les bisous : pensez, un orphelin recapé de Gaza !

Depuis lors, nous nous sommes bien reposés une fois arrivés à destination, dans la villa des parents de Hebus, dont je savais  qu'elle était belle, mais pas à ce point !

Nous sommes tellement reclus que je n'ai aucun réseau téléphonique, et que le réseau internet suffoque un peu... Mais quelles beautés !