05 septembre 2009
La rentrée
C'est sur la pointe des pieds, pour ne pas dire que c'est à reculons, qu'il a fallu retourner travailler, après ces cinq semaines estivales que j'ai eu le privilège d'avoir.
Et finalement, ce n'est pas si terrible ! Je ne suis pas à l'usine, soumis à des cadences infernales ou à des contremaîtres qui vérifient ma productivité, mon efficacité. Reste que le matin, je dois un peu me traîner, plus à cause de l'interruption du rythme ordinaire que par réelle réticence. Tout se remet en place peu à peu.
Bon, on ne danse pas la carmagnole, mais nous avons nos petits moments de délices, au premier rang desquels notre petit café matinal. C'est tout bête, mais c'est aussi, et surtout, l'occasion de papoter un petit quart d'heure de tout autre chose que le boulot. Et puis c'est le moment le plus fraternel, celui où si quelqu'un a un souci particulier, nous pouvons le soutenir.
Et puis, tout au long de la journée, il y a la possibilité de regarder les agacements, les énervements, et d'écouter les incantations habituelles : "gérer les urgences", "comprendre les priorités", etc... Car, s'il est évident que la journée passe d'autant plus vite qu'on a beaucoup de travail, il faut bien reconnaître qu'observer certaines agitations, ça n'est pas mal non plus.
Je ne me moque pas. Je ne suis ni "au dessus" ni "ailleurs". Je fais en sorte que même les choses les plus désagréables puissent être revêtues de bonne humeur. Je ne suis pas dupe, je sais que la politesse, la délicatesse, le sourire ne sont pas l'alpha et l'oméga du "travailler ensemble", mais tout ce qui évite la rancoeur et les ressentiments aide à mieux travailler.
Je n'aime pas la brutalité. Evidemment, les gens ne s'écharpent pas, mais il est parfois des "tons" particulièrement péremptoires, vexants et décourageants. Cela me rappelle le temps où j'étais, moi aussi, un "chef". Jamais je ne me suis permis de mépriser et d'exiger. Il faut être parfois moins "excellent" et plus "diplomate". Traîne en moi un fond de compassion permanente mâtiné d'humour qui pousse à éviter tous les drames inutiles. Je préviens les abcès plutôt que d'avoir à les crever.
Retourner au travail, c'est aussi retrouver un microcosme qui appuie parfois les sentiments les plus universels que je lis dans les livres et que je vois dans les films. Oui, il y a aussi des amours, des amitiés des tracas, des chagrins, des naissances, des morts, des luttes de pouvoir, des dominés et des dominants, etc...
La vie et le temps, en somme, avec moins de "style" que chez Proust, mais la vie quand même !
30 mars 2009
Des compères aux commères ?
Comme je l'ai déjà indiqué dans des chroniques précédentes, j'essaie actuellement, de participer activement à la mobilisation dans les Universités, contre la LRU (dite aussi loi Pécresse). Je défile, je proteste, je propose, avec une grande partie de la communauté universitaire.
A Dauphine, nous sommes quelques-uns à être mobilisés. C'est emblématique, si l'on considère la réputation de Dauphine, placée à droite de l'échiquier politique.
Un article du Canard Enchaîné a retenu mon attention : on pouvait y lire que Sarkozy avait demandé clairement à Xavier Darcos et Valérie Pécresse d'étouffer le mouvement de contestation, devant même envisager le retrait des réformes en cours, avant la fin des vacances de Pâques, redoutant une forte mobilisation des étudiants, capable de leur jeunesse, de leur fougue et de leur énergie, de lui pourrir son Printemps 2009.
Ce serait une victoire de voir le gouvernement reculer sur ces réformes. Nous saurions, le moment venu, fêter ça. Mais que restera-t-il alors de toute la camaraderie suscitée par ce mouvement, de ce qui a fait de nous des compères dans la lutte ? Je l'ignore. Nous retomberons dans notre train-train habituel, dans "nos" minuscules revendications, rétrécissant de fait notre champ de vision. Certes, il y aura des élections à Dauphine, afin de construire des instances de revendications et de négociations locales. Ces instances sont la CPE et le CTP (je vous passe les détails), et seront probablement envahies par les fruits pourris d'une espèce de mandarinat, de copinage et commérages. Que restera-t-il de cette bande de compères que nous sommes aujourd'hui, lorsque viendra le moment où chacun défendra son pré-carré sans se soucier d'autrui, sans se soucier surtout de plus petit que soi ?
"It's beyond my control", c'est plus fort que moi, c'est indépendant de ma volonté, il faut que je réfléchisse, que j'envisage ce que sera notre lendemain collectif, que je m'attache à pressentir les injustices à venir...
Resteront le sort sans-papiers, l'état pitoyable des hôpitaux, les dégâts engendrés par la réforme de la Justice, et probablement viendront aussi d'autres horreurs ourdies par ce gouvernement. Mais alors, je serai ceint des commères notables dont les soucis pèseront sur ma volonté de réfléchir, alors que "le temps des compères" l'aura sans doute hissée. Nous ne serons pas comme dans Le Cid, partant une poignée, arrivant une multitude. Nous ne serons plus qu'une poignée, autour d'un café ou d'un thé, à avoir conservé intacte notre capacité d'indignation, alors même que nous ne serons plus aussi directement concernés par des réformes nouvelles, mais toujours conscients que la lutte sociale est au-delà de nous-mêmes pour nous-mêmes.
Il faudra trouver d'autres compères, inconnus, plus éloignés, mais nécessaires à ma bonne santé mentale et à mon refus d'aliénation dans des soucis d'ordre presque "ménagers". Aujourd'hui, nous défendons l'école, l'université, le savoir, les générations à venir ! Demain, je ne me résoudrai pas à réclamer uniquement pour moi-même, alors que les inégalités persistent. Compères inconnus, je suis là, je vous attends, venez.
Sinon, les commères m'étoufferont. Elles n'attendent que ça.
23 mars 2009
Les Biatoss, invisibles ?
Actuellement, vous entendez probablement parler, via les médias, du mouvement qui mobilisent les étudiants, les enseignants, et les chercheurs, depuis la Maternelle jusqu'à l'Université, contre les soit-disant réforme de Xavier Darcos et de Valérie Pécresse.
Mais vous n'entendez probablement pas parler des "invisibles" de ce mouvement : les BIATOSS.
Ce sont les petites mains fondamentales qui font que tout ça doit tourner, vaille que vaille :
Bibliothécaires, Ingénieurs, Administratifs, Techniciens, Ouvriers, de Service et de Santé (Biatoss).
Les journalistes se croient malins et supérieurs en ne s'adressant qu'aux seuls enseignants et chercheurs. Pourtant, nous sommes tous unis dans le mouvement de contestation actuelle. Et pour cause : les vagues de suppressions d'emplois prévus en 2009, 2010 et 2011 dans l'Education Nationale touchent absolument toutes les catégories !
Je connais l'éternel argument qui consiste à dire : "mais vous êtes fonctionnaires, vous avez la sécurité de l'emploi, vous ne devriez pas vous plaindre". C'est FAUX ! Nous sommes plus d'1/3 à ne pas être fonctionnaires, à n'être qu'en CDD. Nombreux sont celles et ceux qui ne perçoivent que le SMIC !
=> Le "Biatoss" ne fait pas partie des couches favorisées de la population, loin de là. C'est une personne qui assume du mieux qu'elle peut, avec de moins en moins de moyens, une mission de Service Public pour tous, notamment pour nos élèves et nos étudiants, et plus largement, pour notre avenir, et qui ne perçoit pas un salaire mirobolant.
=> Si les journalistes ne parlent jamais des "Biatoss", souvent précaires et assez mal rémunérés, c'est probablement parce que ça ne les flatte pas davantage que de parler des ouvriers et des employés ordinaires, du privé. Le Biatoss est invisible. Pourtant, il gagne à être connu, reconnu, et respecté : il parle aussi bien, au quotidien, avec l'enseignant qu'avec l'étudiant, telle la petite cheville ouvrière discrète et laborieuse.
=> Désormais, lorsque vous verrez à la télévision, des images sur les manifestations de "L"Education Nationale", il vous appartiendra de penser à tous : vos enfant ou vos petits enfants qui sont élèves ou étudiants ; les enseignants ; les chercheurs ; et les Biatoss !
Super Biatoss, dévoué à votre Service Public menacé.
11 mars 2009
Les charmes de la lutte...
Vous en avez obligatoirement parlé : nombreuses sont les Universités qui sont en lutte, et/ou en grève, face à la loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) dite aussi Loi Pécresse. Cela n'épargne pas l'Université Paris Dauphine, où je travaille.
Ma chronique ne cherche pas à expliciter cette loi, ni même de polémiquer à son sujet. Je me contente de dire que je participe, à ma modeste mesure, à cette lutte. Et c'est très intéressant, à plusieurs titres !
- Nous avons l'opportunité de nous mobiliser "solidairement", sans distinction de statut, du plus prestigieux professeur au plus modeste employé technique ou administratif, de la personne la mieux protégé par son statut de fonctionnaire titulaire à la personne dans la précarité qu'induit son triste CDD. C'est notre "Moment Fraternité" à nous, pour reprendre le titre du dernier ouvrage paru de Régis Debray.
- Comment ne pas vous dire que ZaZa de Mongoland et votre ChonChon de service se démènent, toujours avec le sourire, pour apporter tantôt notre écot, tantôt notre "main d'oeuvre" pour confectionner T-Shirts, banderoles, drapeaux, tantôt aussi pour réserver des salles et organiser les Assemblées Générales, distribuer des tracts, faire de l'affichage... Combien notre Lady Pat nous manque pendant qu'elle pouponne loin de nous ! Elle saurait combler nos lacunes et nous irradier de ses sourires. (Miss Roploplos, reviens !)
- Pâle retour de jeunesse, pourriez-vous penser. Ce n'est pas ça du tout. Il ne devrait y avoir aucun temps dans la vie pour céder à l'égoïsme, et participer, ne serait-ce que de notre silence, à ce grand mouvement "d'individualisation de tout" qui n'est que le triste embaumeur de nos sociétés. Il y a là comme un rappel à l'ordre, replaçant les Services Publics, ces précieux biens collectifs, sur le devant de la scène. Jouer collectif, être solidaire, re-dessiner le fraternel.
- David contre Goliath, pourriez-vous penser aussi. Peut-être. Mais nous sentons une énergie se libérer, nourrissant des enthousiasmes perdus. Certains plus frileux que d'autres, en viennent à comprendre la nécessité de se syndiquer, comme pour s'offrir le bouclier protecteur devant une vive offensive gouvernementale, dernière une désespérance trop longtemps entretenue.
=> Au delà de ce que je vois de cette mobilisation, il y a ce que j'entrevois : le peuple français est d'une sève lente, d'un sang faussement froid, tel celui d'un bélier. Certes il rumine un peu de tristes herbes mal-en-point, certes il est un peu ridicule lorsqu'il bêle, mais lorsque la colère s'exprime enfin, il n'est pas une porte qui ne saurait lui résister.
=> Jason est allé très loin, songeant à la Toison d'Or ! Et à lorgner ce microcosme universitaire Dauphinois, je vois quelques beaux Argonautes.
Alors vous aussi, lorsque vous nous verrez à la télévision, au JT de 20H00, ne pensez pas voir une horde de privilégiés accrochés à leurs acquis ; voyez plutôt des aventuriers de la Solidarité, sensibles au devenir leurs prochains et leurs lointains, nos étudiants (nos enfants), et passionnés par notre avenir commun que les fruits de leurs recherches ne manqueront pas d'éclairer.
11 février 2009
RDV le 19 février 2009
Non, je ne sombre pas aux sirènes de la multitude de déplorables articles sur la "fashion" qui circulent sur les blogs. C'est d'un tout autre défilé dont je parle, une manifestation.
Le 19 février 2009 est annoncée une nouvelle mobilisation nationale au sujet du décret de loi LRU, touchant, que dis-je touchant, blessant mortellement l'enseignement supérieur en France. Cette manifestation sera plus large que la précédente, mobilisant davantage d'étudiants, davantage de personnels administratifs et techniques.
N'y-a-t-il donc, aujourd'hui en France, que les personnels des universités pour ce soucier à ce point de l'avenir des générations futures ? Mais où sont les parents ? Où est la "société civile" ? Ce qui devrait toucher directement au coeur l'ensemble de la population ne semble - et c'est une honte - ne susciter que quelques soupirs !
Où en sommes-nous arrivés pour que seuls les étudiants et leurs enseignants ne se soucient de leur avenir ? Où se tapissent tous ces gens, qui de leurs voix geignardes n'ont de cesse de se prétendre, devant toutes les caméras, "pris en otage" dès que les cheminots agissent devant la totale incapacité de ce gouvernement à entretenir un dialogue serein et équilibré avec la population ?
Leurs enfants ne sont pas "pris en otage" eux ! Ils vont subir un sort bien pire. Innocents et coupables, expéditivement jugés par une généalogie tristement inerte, à un sort près de l'inique "peine plancher", une instruction au rabais !
=> Il y a quelques mois, alors que nous présentions des listes "inter-catégorielle" (enseignants + étudiants + personnels administratifs) aux élections qui avaient lieu sur mon lieu de travail, l'Université Paris Dauphine, nous avons été parfois moqués et toisés. "PaDUP" était le nom de nos listes : Paris Dauphine, Université Publique".
=> Il me semble qu'il avait suffi inhaler, juste un peu, "l'air du temps" pour comprendre "l'impérieuse nécessité" qu'il y avait à s'unir les uns les autres, parce que les défis que nous devrions relever, mais aussi les atteintes auxquelles nous aurions à faire front seraient très très vives... Ce bon sens qui devient clairvoyance dans ce monde aveugle.
=> "C'est au belliqueux de baisser les yeux, pas au blessé !"
Magnifique phrase d'Epaminondas (excusez du peu) inspirée par Gorgidas, puis reprise par Machiavel.
Et presque seule, aujourd'hui, l'Université enseigne encore Epaminondas, et la technique qu'il mit au point pour que le fameux "Bataillon Sacré de Thèbes" ne perde pas une seule bataille, au service de la démocratie.
« Maudits soient ceux qui soupçonnent ces hommes d'avoir pu faire ou subir quoi que ce soit de honteux. »
Puisque c'est moi le blessé, c'est à la belliqueuse Ministre Pécresse de baisser les yeux. Elle n'est pas Alexandre le Grand, que je sache !
Et ne vous déplaise, le plus beau des "catwalks" aujourd'hui, c'est l'asphalte, la rue !
09 février 2009
Dauphine en Grève.
Bravant la météo et le danger, une prouesse fut accomplie à Dauphine aujourd'hui : une banderole a vu le jour sur la façade de l'Université, côté Place du maréchal de Lattre de Tassigny.
Après des années - pour ne pas dire des décennies - de mutisme, Dauphine s'inscrit enfin dans un mouvement national, parvenant à faire savoir que certains d'entre nous s'associent pleinement au mouvement revendicatif des personnels (enseignants-chercheurs, chercheurs, personnels techniques et administratifs) et des étudiants, partout en France.
Cette échappée du traditionnel mutisme (ou, à défaut, la très grande discrétion) me semble salutaire. Il m'apparaît salutaire de ne plus être de simples spectateurs des événements collectifs qui nous entoure, pour en devenir, même à une modeste échelle, des acteurs écoutés, relayés par la presse.
Etre entendus, n'est-ce pas devenu aujourd'hui le premier pas vers le dialogue, la concertation, la démocratie ?
07 février 2009
Université Paris X Nanterre
Nous ne sommes pas des nantis !
Chacun a maintenant entendu parler de la mobilisation de tous les personnels des universités face au projet de loi de notre ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse.
Certes, même si nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire entendre tout ce qu'induit ce projet de loi, il est très difficile de mobiliser à Dauphine. Nous réchauffe alors des idées, des textes, émanant d'établissement plus en pointe dans les revendications, et leur expression.
Dans cet esprit, il me semble que le courrier adressé par la Présidente de l'Université Paris X Nanterre à sa ministre de tutelle reflète non seulement les revendications, mais surtout le désarroi des personnels des universités. Je vous propose cette lettre, sans censure :
La Présidente,
Nanterre, le 4 février 2009
A
Madame Valérie PECRESSE
Ministre de l’enseignement
supérieur et de la Recherche
Madame la Ministre,
Au fil des jours, dans notre université Paris Ouest Nanterre La Défense, le nombre des assemblées générales, par U.F.R., par départements se multiplie ; les motions s’accumulent. Et chaque fois grandit le nombre d’enseignants-chercheurs exprimant leur opposition au projet de décret réformant leur statut d’universitaire. Les raisons de leur désaccord sont certes diverses mais devant un sujet aussi complexe comment s’en étonner ? Ce qui rassemble les collègues dans le refus, c’est cette volonté qu’ils perçoivent de régenter sans prendre le temps d’écouter pour comprendre.
Un de mes éminents prédécesseurs à la présidence de notre université, René Rémond, a enseigné à des générations d’étudiants sa définition de l’extrémisme : « penser qu’il y a des solutions simples aux problèmes compliqués ». Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez la rumeur qui enfle chaque jour en provenance des horizons de pensée les plus divers.
A Paris Ouest, cette semaine est consacrée aux examens de fin de premier semestre. Lundi prochain c’est la rentrée ; je ne peux me résoudre à l’idée que les étudiants deviennent dès la semaine prochaine, les otages d'un entêtement de l’employeur de leurs enseignants. Vous le savez, d’autres acteurs de l’Université que les enseignants-chercheurs sont préoccupés de leur avenir ; notamment les personnels administratifs et techniques et surtout les étudiants avec la montée du chômage qui assombrit leurs perspectives professionnelles.
Madame la Ministre, je vous en prie, écoutez, maintenant !
Je vous prie de recevoir, Madame la Ministre, l’expression de mes salutations respectueuses.
Bernadette MADEUF
02 février 2009
Les Enseignants-Chercheurs
Après la mobilisation générale du jeudi 29 janvier 2009, il y a fort à craindre de voir pousser ici et là, des mouvements de grève plus ciblés, correspondant aux revendications précises des uns puis des autres. Education nationale, santé publique, transports, etc.
Aujourd'hui commence don un mouvement national des enseignants-chercheurs. Il semblerait que ce mouvement puisse avoir un certain écho, jusqu'à Dauphine, où je travaille. Dans les tiroirs de Valérie Pécresse en effet, il y a un projet de loi qui a été concocté hors toute concertation, qui vise à bouleverser considérablement le statut des enseignants-chercheurs.
Ce projet octroie aux Présidents des Universités un pouvoir considérable sur la carrière de chacun, modulant les heures d'enseignement de chaque enseignant-chercheur, en fonction de ses travaux de recherche et de ses fonctions de pilotage. Il n'est pas difficile de comprendre que c'est-là un pouvoir considérable, surtout s'il n'est pas mené en concertation.
Maîtres de Conférence et Professeurs semblent se mobiliser devant cette atteinte prévisible à leur statut. Et si cette mobilisation parvient, ne serait-ce que modestement, à Dauphine, c'est qu'au niveau national, elle a déjà un retentissement non négligeable. Il faut dire que la nouvelle génération d'enseignants-chercheurs est moins circonscrite que la précédente, ayant une meilleure connaissance de ce qui se trame alentour.
Historiquement, tout ce qui touche à l'Université est très important. La première grève française - et probablement au monde - fut celle de la Sorbonne, au moyen-âge, face à un pouvoir qui entendait intervenir dans leur enseignement...
Il faut, selon la position de chacun, espérer ou craindre, dans les semaines à venir, des mobilisations et des actions de grèves diverses. C'est, à mon sens, un petit signe d'espoir, et de retour au "collectif", devant une situation très délicate. Il est en effet évident que chacun estime désormais qu'il doit être entendu et compris, afin que le gouvernement consente à changer la direction qu'il a prise, et surtout à revoir la façon autoritaire dont il impose ses regrettables réformes.
25 janvier 2009
Le samedi du lycéen à Dauphine.
Un samedi par an, à l'Université Paris Dauphine, nous recevons des lycéens, afin de les informer des filières qui y sont proposées. A priori, ça ne fait pas particulièrement plaisir d'être "réquisitionné" pour l'occasion. Sauf que !
Dans le contexte actuel, plutôt âpre, de l'Education Nationale, à cause des réformes que semble vouloir imposer le Ministre Xavier Darcos, aussi et surtout à cause des suppression d'emplois, il est important d'accueillir les générations futures, et de les encourager à tenter nos filières d'excellence, en sciences notamment. Nous avons fait contre fortune bon coeur, et bien nous en a pris.
C'est très agréable de recevoir ces milliers de jeunes, de prendre le temps de les informer, de répondre à leurs questions, d'essayer d'apaiser leurs inquiétudes. Il y a quelque chose de très gratifiant à assumer une réelle mission de Service Public, surtout dans cette université dont la population estudiantine est on ne peut pratiquement conforme à tout concept de "diversité", même si ça s'arrage un peu depuis quelques années.
Recevoir des adolescents du 9-3, les encourager - sans toutefois leur masquer les difficultés, car la sélection est très serrée - à déposer leurs dossiers d'inscription, alors qu'ils ne se pensent pas "chez eux", à juste titre hélas. Nous sommes sortis lessivés, mais enchantés d'avoir accompli un boulot utile, le mieux possible. Et puis, dans lycéen, il y a lycée, ce mot devenu presque ordinaire, tant et si bien qu'on en oublie son origine, et c'est dommage.
=> Voici donc un petit rappel, piqué à Wikipédia : le Lycée (en grec : Lúkeion) est l'école philosophique fondée par Aristote : l'école péripatéticienne. Il a été fondé par Aristote en 335 av. J.-C. et se termine avec Andronicos de Rhodes en 47 av. J.-C. Les disciples immédiats d'Aristote, ceux qui l'ont fréquenté, furent : Héraclide du Pont (qui est très lié à l'Académie de Platon), Théophraste, Aristoxène de Tarente (qui a des affinités avec le pythagorisme), Eudème de Rhodes, Dicéarque de Messène, Phanias, Cléarque de Soles, Callisthène, Léon de Byzance, Clytos, Ménon. Puis vinrent Straton de Lampsaque, Critolaos, Diodore de Tyr (scolarque en -118), Ariston, Cratippe, Aristoclès, Andronicos de Rhodes (scolarque en -78), Alexandre d'Aphrodise appelé "le second Aristote" (vers -200). De façon plus matérielle, le Lycée était un gymnase d'Athènes près duquel Socrate, puis Aristote enseignèrent.
Pour cette raison, les disciples d'Aristote furent qualifiés de "Lukeioi Peripatêtikoi", « ceux qui se promènent près du Lycée », d'où leur nom français de péripatéticiens. Le bâtiment était situé à proximité du temple d'Apollon Lycien, d'où son nom.
20 janvier 2009
My Lady Pat'
* Pour toi, ma Lady Pat', parce qu'aujourd'hui, je sais que tu as besoin de tout notre souffle aimant, de toute notre énergie, devant une difficulté supplémentaire. Nous sommes là, tes tatas favorites, les imparables ZaZa de Mongoland & ChonChon.
* Nous avons bien noté, sur nos agendas respectifs, ce qui reste un bon augure : une cuite ! Voilà que je rêvasse déjà de Gin, comme cette bonne vieille Reine Mère britannique en son temps.
* Un détail enfin : il faudrait quand même que tu nous prêtes tes robes, pour que tu ne sois pas tout à fait absente au boulot, et qu'il reste un peu de ton inénarrable - et inégalable - dégaine ! Mille Baisers.




















