La Vie ChonChon

La Vie Parisienne de ChonChon : Cinéma, Littérature, Politique, Société, Musique, Gay Attitude, Expositions, Photographie, Amis, sorties, pensées...

03 juillet 2009

Pour mes livres...

Etag_res_GayRe-décorer !

Puisque nous sommes à l'époque de tous les RE possibles et imaginables, je vais m'y mettre, moi aussi. On re-fonde le capitalisme, on re-pense l'écologie politique, on re-programme le logiciel du PS, on re-diffuse à tout-va à la TV parce que c'est l'été, on ré-invente tout et n'importe quoi, je vais re-faire ma bibliothèque.

Comme vous le voyez, elle est écologique, solidaire, et plaisante à l'oeil. Amoureux des livres que je suis, esthète que je reste, je ne peux me contenter des conseils de Valérie Damidot de M6 avec son perpétuel re-cyclage du catalogue Ikéa. C'est une excellente affaire, très pratique à monter, démonter et re-monter (si j'ose dire) et produit un très bel effet sur mes quelques visiteurs. A l'heure où tout est chosifié, j'ai choisi pour ma part d'humaniser...

Le tout reste à savoir si je vais désormais pouvoir me concentrer sur mes lectures.

Posté par chonchonparis à 19:44 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

29 mai 2009

Détours...

Olivia_Bonnamour La vie réserve souvent de belles surprises. La littérature aussi.

Et parfois, la première rencontre la seconde. Ainsi ai-je eu le plaisir de lire le premier roman de mon amie Olivia, dont j'ai suivi le processus de création. Retrouver une amie en librairie, une expérience originale. Je vous laisse découvrir ce roman, qui vous emmènera sur les chemins inattendus de la luxure. Mais je ne voudrais pas vous laisser sur votre faim... Alors je vous propose une petite rencontre virtuelle avec Olivia, en vous proposant une petite interview qu'elle a accordée au magazine TETU. Par Ursula Del Aguila.

«Détours...» est un premier roman faussement innocent car il essaie de décrypter ce qu'est la soumission dans une histoire SM lesbienne...Trois questions à l'auteure Olivia Bonnamour.

TÊTUE : Votre roman est-il une version lesbienne d'Histoire d'O de Pauline Réage ?
On peut aisément comparer Détours... à Histoire d'O dans le sens qu'ils évoquent tous deux la soumission. On y retrouve le désir des deux héroïnes de vouloir appartenir à une autre personne, le besoin de se sentir posséder et l'abandon total à autrui. Détours... traite davantage de la notion de fantasme avec une dimension psychologique. Héléna et Claudia ne se connaissent pas. Lorsque Héléna rencontre Claudia et que celle-ci devient sa maîtresse, Héléna accepte de suivre une parfaite inconnue. Au fur et à mesure de cette aventure, elle perd le contrôle et on assiste alors à un véritable lâcher prise. Dans Histoire d'O, la jeune femme a confiance en son amant et s'en remet entièrement à lui. Elle le fait par amour pour lui, tandis qu'Héléna est entièrement guidée par le plaisir. Elle va à l'encontre d'elle-même et se laisse aller à tous ses interdits. Avant de rencontrer Claudia, elle niait toute forme de dépravation et de perversion. Elle tombe dans une spirale infernale qui finit par lui échapper complètement. C'est l'analyse de la perte de contrôle qui m'a le plus intéressée. En effet ce milieu gouverné par la luxure, lui est hostile et est en parfaite contradiction avec ses principes moraux. Pourtant elle succombe au charme envoûtant de cette femme à l'intellect corrompu. Dans Histoire d'O, O est une femme libérée sexuellement. Elle devient l'esclave sexuel de son amant et ceci de manière consentante. Elle en tire peu de plaisir contrairement à Héléna qui découvre progressivement le sens de ce mot et y prend goût.

TÊTUE : Est-ce une histoire biographique ?
Il s'agit seulement en partie d'une histoire biographique. Certains événements relèvent totalement du fantasme et d'autres ont été vécus. J'ai utilisé le mélange des deux afin de servir mon propos. On retrouve différents traits de ma personnalité dans le personnage de Claudia mais également dans celui d'Héléna.

TÊTUE : Pensez-vous qu'il peut choquer la communauté lesbienne, peu ouverte, dit-on, à la bisexualité ?
Je pense qu'il serait déplacé de la part des lesbiennes, dont je fais partie, de critiquer la bisexualité. Détours... n'a pas pour but de traiter de l'homosexualité. J'en parle évidemment car il est toujours plus facile d'étudier ce que l'on connait, en revanche mon roman analyse avant tout l'abandon à la luxure, quel qu'il soit...

"Détours..." aux Éditions Ragage - 14 euros

Retrouvez l'interview dans son cadre original, sur le site de TETU en copiant/collant le lien ci-dessous dans votre navigateur internet : http://www.tetu.com/actualites/culture/detours-autour-du-desir-detre-soumise-14754

Posté par chonchonparis à 19:57 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 mai 2009

"Le condamné à mort", de Jean Genet

Genet___Le_Condamn____MortPourquoi donc proposer aujourd'hui cette poésie ?

J'aime toute l'oeuvre de Jean Genet. C'est à mon sens un des grands auteurs du XXème siècle. Il figure, évidemment, au Panthéon de mes figures littéraires favorites.

MisterNo a eu la chance de rencontrer et de pouvoir converser avec un artiste français, que j'aime beaucoup, et qui travaille actuellement avec une chanteuse de renom sur cette poésie de Jean Genet... Sacré MisterNo, j'envie cette soirée... Bon, je n'irai pas plus avant, pour des raisons de discrétion... Mais j'en dirai davantage le moment venu, à la sortie du CD.

C'est l'occasion de lire ou de relire ce magnifique poème :

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.
Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.
Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.
Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.
Amour viens sur ma bouche !
Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.
Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

Jean Genet

Posté par chonchonparis à 17:33 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

10 mai 2009

Deux années avec Nicolas Sarkozy

Chronique_1_Nicolas_1er_ Chronique_2_Nicolas_1er Chroniques du règne de Nicolas Ier

Aujourd'hui 10 mai est un jour chargé d'histoire : 10 mai 1945, 10 mai 1981, Journée de commémoration de l'esclavage. Pourtant, ce n'est sur aucune de ces trois commémorations que je vais écrire.

Un ami a eu la gentillesse de m'offrir deux livres, de Patrick Rambaud : "Chronique du règne de Nicolas Ier" et "Deuxième Chronique du règne de Nicolas Ier". J'ai profité de ce week-end pour les dévorer.

Vous en avez probablement entendu ou lu les critiques, toujours élogieuses, puisque ces deux livres eurent un bel écho. C'est tout à fait mérité. Patrick Rambaud nous conte, dans un style de chroniqueur d'antan, la vie de cour à l'Elysée.

La méthode tourbillonnante de Notre Sémillant Commandeur est très subtilement relatée, dans une syntaxe parfaite, et dans un français - hors les citations - très châtié et très drôle. Tout y est pertinent, depuis les portraits des Courtisans et des Transfuges, jusqu'aux faits et surtout les circonvolutions de Notre Maximal Leader.

Chancelier, Eminence, Barons, Ducs, Comtesses, Chevaliers, Impératrice... ils sont tous là, portraiturés en quelques lignes très ciselées, qui font mouche à chaque fois, avec un art pointu de la cocasserie, d'autant plus drôle qu'il est juste.

Alors oui, IL est là depuis deux ans, et lire ces deux Chroniques de Patrick Rambaud fait défiler sous nos yeux les moments marquants de la politique nationale et internationale, pour insuffler en nous une espèce de consternation, d'affliction même, mieux que ne l'ont fait les quelque virevoltants 700 jours que nous avons vécus un à un.

On referme la Deuxième Chronique avec le simple regret de ne pas avoir sous la main, déjà, la troisième ! Patrick Rambaud a d'autant plus de talent qu'il va jusqu'à vous donner l'impression, que vous aussi, lecteur, vous en avez !

A lire impérativement !

Posté par chonchonparis à 20:00 - Littérature - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 avril 2009

Colloque Sentimental

Verlaine_SignatureJ'aime particulièrement ce poème, probablement parce qu'il me suggère un morceau de moi-même, qu'il m'évoque des sensations personnelles, comme des promenades, que j'affectionne tant. Je me reconnais dans l'une de ces deux formes...

Pourquoi une poésie ? Les temps sont moroses, me semble-t-il, et les poètes sont essentiels. Les poètes sont au dessus de tout. Ils nous hissent, et je trouve ça beau. Je ne sais pas si c'est mon "poème préféré", comme aiment à dire les adolescents. Je n'ai pas de poème préféré. Je n'ai pas de poète préféré. Impossible pour moi de choisir. Je crois que c'est parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de MisterNo que je songe à cette poésie précisément.

"Colloque Sentimental"

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.
Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.
- Te souvient-il de notre extase ancienne?
- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?
- Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois tu mon âme en rêve?
- Non.
- Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches!
- C'est possible. Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.
Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Posté par chonchonparis à 20:09 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

13 avril 2009

Le goût du sexe.

Le_go_t_du_sexe Textes choisis et présentés par Philippe Di Folco

Depuis toujours, la littérature s’intéresse au sexe et le sexe s’immisce dans la littérature : des milliers de références en témoignent, l’Enfer pour les uns, un Paradis pour d’autres.

Loin de l’interminable et répétitif catalogue de galipettes, positions et fétichismes, cette anthologie privilégie le style, l’inventivité, la richesse du vocabulaire, l’humour, l’originalité et la sincérité des situations. On prend goût, on prend plaisir à lire cette littérature quand la langue s'y fait labile et aventureuse, et met en scène désordre, luxure et volupté, dans un débordement des imaginaires qui semble vouloir nous révéler quelques secrets... À explorer en compagnie de nombreux auteurs…

A moins d'être totalement sourd et aveugle à la marche du monde, en ce moment, la période est à la morosité pour tout le monde. Pire même, on ne cause plus que d'économie(s), de finances, de capitalisme, d'argent ! Certes, on nous conseille habilement de nous jeter à corps perdu dans les salles obscures pour assurer aux comédies françaises hebdomadaires le plus large succès possible, même (et surtout ?) lorsqu'elles sont pitoyables. Cela aurait pour vertu de nous ravigoter, et de nous redonner un peu de joie de vivre, et surtout, un peu l'envie de consommer.

Je choisis pour ma part un autre conseil, paru au "Petit Mercure" pour moins de 6€ : un livre recueil sur le sexe. Non, je ne sombre pas dans le porno-chic, et je ne suis pas devenu un adepte de Gucci ou de Dolce & Gabbana ! J'en appelle, dans le désordre, à Sade, Rabelais, Colette, Louÿs, Aragon, Bataille, Genet, Stendhal, Bouraoui, Reyes, Wilde, Dustan, Duras, Apollinaire... pour vous inciter à lire ce petit livre, bienvenu, qui parle si bien de sexe.

Mais il ne s'agit pas que de cela : il s'agit aussi et surtout, vous l'aurez compris, de littérature. N'est-ce pas, au milieu de toutes les billevesées assommantes bombardées ici et là, essentiel de se replier un peu vers la littérature ? Faites fi de la pudibonderie, faites fi aussi de la vulgarité, et gloutonnez ces quelque 130 pages. Cela vous changera réellement les idées, et surtout, vous en donnera d'autres, et réveillera les belles endormies...

C'est le printemps, non ?

Posté par chonchonparis à 10:06 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

27 février 2009

Le moment fraternité, de Régis Debray

le_moment_fraterniteIl était temps !

Sort aujourd'hui le nouveau livre de Régis Debray, intitulé "Le moment fraternité". Mes quelques lecteurs habitués comprennent déjà mon intérêt pour ce livre. 1848, ce n'est pas n'importe quelle date dans l'Histoire de France !

Evidemment, je ne l'ai pas encore lu, et je ne peux pas en livrer le moindre commentaire, le moindre avis. Néanmoins, puisque la Fraternité est une de mes "marottes" - et le nombre de chroniques sur mon blog l'attestent - le fait qu'un philosophe, et pas n'importe lequel, s'attarde sur le sujet, m'apparaît comme un signe encourageant.

J'ai pu en lire un petit bout, paru hier dans un quotidien. Un vague intérêt "a priori" se mue alors en vif intérêt. Je ne cesse de me désoler que "la puînée des frontons républicains" soit si délaissée depuis quelques temps. J'y vois pour ma part, après les combats menés en faveur de la Liberté et de l'Egalité, un nouveau champ de réflexion, très étendu et absolument nécessaire.

Un Sarkozy conspuant l'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) m'avait heurté, et surtout m'avait semblé une atteinte grave à ce concept de Fraternité. Je n'avais pour ma part pas attendu - et je ne suis pas le seul - la crise actuelle pour comprendre qu'une telle atteinte n'aurait jamais été acceptée si elle avait directement et frontalement heurté la Liberté comme l'Egalité.

Il m'avait immédiatement semblé absurde de faire reculer la Fraternité, symbolisée par l'impôt des plus aisés, et au même moment promouvoir le fameux "Grenelle de l'Environnement". Ce fut "un rendu pour un prêté" si j'ose dire. Quelques mois plus tard, si malhabile qu'elle ait été, il m'avait paru complètement stupide de moquer Ségolène Royal au Zénith de Paris, haranguer ses admirateurs de "Fra-ter-ni-té" !

Dois-je rappeler que c'est aussi au nom de la Fraternité que nous eûmes les 40, puis les 39, puis les 35 heures (autrement dit le partage du travail) ; la Sécurité Sociale ; les congés payés ; les indemnités chômage, la CMU, etc... ?

Non, la Fraternité n'est pas une banalité ! La passer par "pertes et profits" serait un recul d'une inimaginable portée. Inacceptable serait une société du moi-je, individualiste à outrance. Et à mon sens, déchiqueter la Fraternité serait pour chaque être un tant soit peu humaniste, tout bêtement liberticide. Quel avantage y-aurait-il à s'engraisser paisiblement, en regardant son prochain comme son lointain, crever la gueule ouverte ?

Moins théoriquement, les atteintes que nous voyons poindre de plus en plus clairement vis-à-vis des écoles, des universités, du Planning Familial, des hôpitaux... sont autant de haïssables atteintes à la "Puînée Républicaine" !

Merci Régis Debray. Peu importe au bout du compte si ton livre n'est pas à la hauteur de mes attentes, ou plus précisément de mes espoirs. Ton livre et là, et c'est déjà une superbe brèche sur le misérable crépi idéologique de ce si néfaste gouvernement !

Posté par chonchonparis à 19:25 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 janvier 2009

Journal d'un irrégulier, Romain Gary

Journal_d_un_irr_gulier___GaryUn esprit frondeur.

Décidément, ces petits livres parus aux "Carnets de l'Herne" sont délicieux, et proposent des raretés salutaires. Hier, c'est donc "Journal d'un irrégulier" de Romain Gary que j'ai lu d'un seul trait.

Ce petit journal est incisif, et quel que soit la thématique approchée par l'auteur, c'est toujours avec la même liberté de ton, n'hésitant pas à titiller les molles pensées d'autrui. Inceste, homosexualité, drogues...

Romain Gary bouscule les poncifs, et la lecture de ses chroniques est jubilatoire. Vient ensuite un très beau texte, "L'Hôtel Oriental à Bangkok", datant de 1972, dans lequel ce grand voyageur érudit nous emporte en quelques pages. On retrouve la plume de ce fin diplomate, capable de "sentir" au propre comme au figuré, cette foisonnante ville asiatique, rendant hommage au passage à quelques grands écrivains qu'il admire, au premier rang desquels on retrouve Joseph Conrad. Des pages admirables.

On referme le livre, se prenant à rêver d'acquérir au plus vite la totalité de cette collection originale. Arendt, Céline, Chomsky & Foucault, Cioran, Derrida, Drieu La Rochelle, Rosa Luxemburg, Jung...

C'est toujours ainsi : les meilleurs livres donnent envie de lire !

Posté par chonchonparis à 08:32 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 janvier 2009

"Maisons louées", de Françoise Sagan

Maisons_Lou_es___SaganDe passage...

"Maisons louées", de Françoise Sagan, petit livre édités aux Editions de L'Herne (excellente maison), est un cadeau que m'a fait MisterNo vendredi soir. Quel plaisir de retrouver la plume de Sagan dans ces petits textes, qui sont des chroniques qui ont paru dans différents magazines, dans son style si virevoltant. L'auteur a beaucoup voyagé, et il faut lire son récit de son séjour à Jérusalem, et surtout, celle excellente, sur ses neuf jours à Cuban, au milieu des années 50.

C'est bref, incisif, et presque jubilatoire. Sa plume est juste, et en quelques lignes, elle nous transporte à Cuba, au milieu de la foule cubaine, face à un Fidel Castro proche de son peuple. Elle y relève déjà tout ce qui fera, d'un côté l'admiration pour le Leader Maximo, de l'autre côté ce qui suggère de sérieux doute. Economie de mots, profondeur d'analyse.

Dans la lignée de Proust et de Gide notamment, Françoise Sagan nous livre un hommage au "sentiment de nature", où elle parvient avec son sens du verbe inimitable, à dessiner un petit pied-de-nez amusé à certains écologistes parisiens. Une étonnante clairvoyance. Et il y a aussi cet excellent hommage au "Lit", ce meuble où l'on commence et où l'on finit ? C'est drôle et mélancolique tout à la fois, et renvoie d'un revers de main toutes les critiques sur la soit-disant légèreté que l'on reprocha souvent à l'auteur.

C'est remarquable. Une lecture que je vous suggère vivement, car la prose fleurie de Françoise Sagan, toute empreinte de vivacité, n'en est pas moins sagace et pertinente. Et tout ça semble si actuel !

Posté par chonchonparis à 08:39 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 janvier 2009

"Avant les hommes", de Nina Bouraoui

Bouraoui___Avant_les_hommesY-a-t-il encore à espérer ?

"Avant les hommes", c'est l'histoire d'un garçon qui vit seul avec sa mère dans un petit pavillon non loin d'une cité. C'est l'histoire d'un été, saison dangereuse et violente. C'est l'histoire de Jérémie qui s'ennuie et de son obsession pour Sami. L'histoire d'une désertion aussi. Il n'y a aucun espoir amoureux dans ce livre, parce que le corps prend tout, il est invasion de tout. C'est le feu, c'est l'attente, c'est la frustration. C'est le vide et le vertige. La jeunesse est un état sauvage où tout peut arriver, tout peut se détruire, parce que tout tient sur une seule force : le désir.

Magnifique roman, plutôt bref, au style très personnel. Jérémie est englouti dans sa solitude, dans l'impossibilité de communiquer avec sa mère, avec son père, avec son dealer, avec l'ami de sa mère, avec Sami son amour impossible. Chaque protagoniste est envisagé par Jérémie d'une façon presque strictement corporelle, comme pour pallier au malaise adolescent qui l'envahit. Nina Bouraoui décrit avec une fine justesse, une grande sensibilité, dans une approche des corps très intéressante, tout l'entourage de Jérémie, qui échappe complètement aux poncifs habituels sur l'adolescence.

Certaines phrases sont comme un souffle, d'autres encore comme un soupir, d'autre enfin comme un râle. Et cet adolescent, d'envisager chacun autour de lui selon son corps, sa puissance corporelle, me rappelle la caméra talentueuse d'un Larry Clarck réalisant "Bully", "Ken Park" ou "Wassup Rockers". C'est donc au plus près que l'auteur approche ses personnages, comme s'ils étaient confinés entre le désir et la culpabilité de Jérémie. Avant d'être un homme, on est un adolescent, dont le tournoiement des désirs, parfois incompris, peut virer à l'obsession. Et l'écriture de Nina Bouraoui caresse extrêmement bien cette obsession, d'une façon presque épidermique, avec une concision admirable.

Un roman que je recommande vivement ! Nina Bouraoui est une écrivaine née à Rennes en 1967, d'un père algérien originaire de Jijel et d'une mère bretonne. Les quatorze premières années de sa vie, elle les passe à Alger. Puis elle vit à Paris, Zurich et Abou Dabi avant de revenir à Paris. Elle est ouvertement homosexuelle. Dans ses romans, elle écrit sur l'amour saphique, et sur son enfance algérienne dont elle conserve la nostalgie. À la différence de ses autres romans (même du "Bal des murènes" dans lequel il s'agit d'un narrateur masculin), "Avant les hommes" n'est pas revendiqué par l'écrivaine comme étant autofictionnel. Dès son premier roman en 1991 s’affirme l'influence de Marguerite Duras dans son œuvre. La vie et les œuvres de Hervé Guibert, Annie Ernaux, Violette Leduc et David Lynch, parmi d'autres, se réunissent aussi dans les romans (et les chansons) de Bouraoui, surtout dans "Mes mauvaises pensées". Le déracinement, l'amour, l'enfance, la célébrité, et l'écriture sont les thèmes majeurs de son travail. Un de ses poèmes a été repris par le groupe "Les Valentins" et mis en musique dans la chanson "La Nuit de plein soleil".

Posté par chonchonparis à 19:20 - Littérature - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »