"Ici, quand on manifeste, quand on recourt à la violence (...) c'est parce qu'on est désespéré, c'est parce qu'on a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale".

Voici une citation qui date du 3 avril 2007, et qui étaye le résultat d'un sondage (avec tout ce qu'il convient de prendre comme précautions concernant les sondages) qui nous apprend que 63% des Français comprennent les séquestrations des patrons sans les approuver. C'était comme avoir une assez bonne vision prévisionnelle que de tenir ces propos en avril 2007, il y a 2 ans donc. Sarkozy_inquietLeur auteur n'est autre que la candidat (à l'époque) Nicolas Sarkozy, devant des marins-pêcheurs de Lorient.

Pourtant, maintenant que les séquestrations se multiplient, le désormais Président semble ne plus faire preuve de la même compassion, de la même compréhension. Parole de candidat n'est pas parole de Président. Je ne suis guère original, et je comprends ces séquestrations, sans pour autant les approuver. Je "n'excuse pas l'inexcusable", pour reprendre les propos du toujours très virulent porte parole du gouvernement Frédéric Lefebvre. Bien que... de comprendre à excuser, il n'y a guère d'espace.

Lorsqu'on élit un Président de la République, il convient de comprendre qui EST tel ou tel candidat, mais il convient aussi de deviner quel Président il SERA. Autrement dit, il faut trier ses paroles pérennes et ses paroles éphémères. D'aucuns me diront qu'il ne fallait pas sortir de la cuisse de Jupiter pour deviner ce que pensait réellement le candidat Sarkozy, arguant sa large propension à la démagogie. Mais je regrette sincèrement - au delà du simple combat politique - que le désespoir de certains puisse servir d'arme politicienne. Utiliser la crédulité, le manque de réflexion, etc... c'est se servir de cartes au moment de ce grand poker menteur national qu'est une élection présidentielle.

Le désespoir des gens est selon moi une carte bien trop fragile pour être agitée à des fins électoralistes. Dont acte.