La Vie ChonChon

15 septembre 2014

Les "nouvelles idées" du MEDEF.

Medef Logo

Toujours moins pour les travailleurs !

Comme d'habitude, le MEDEF propose, en cette rentrée, sorties d'une litanie de 50 propositions pour créer des emplois non encore rendues publiques, ses principales "nouveautés".

Pour faire vite, encore un assouplissement des 35 heures, une espèce de sous-SMIC pour ceux qui sont très éloignés de l'emploi, et pour faire un peu "nouveau", la suppression de 2 ou trois jours fériés.

Donner davantage de boulot à ceux qui en ont, pas doute que ça en donnera à ceux qui n'en ont pas. Passons sur cette ridicule antienne, alors même que l'Histoire de la durée du travail nous enseigne que c'est, avec des soubresauts droitistes et néfastes, vers une durée du travail plus courte.

J'avoue que j'ai ri, notamment à propos de la suppression de jours fériés. En effet, pour l'essentiel le MEDEF est de droite, souscrit pleinement à l'enfumage qui consiste à rappeler nos "racines et valeurs chrétiennes", lesquelles racines et valeurs nous valent l'essentiel de nos jours fériés.

À moins que ce soit 1789, les Guerres Mondiales, ou la Fête du Travail, je ne vois pas bien ce dont parle ici le MEDEF. Noël, Pâques, Ascension, Pentecôte... sauf erreur de ma part, c'est d'une part chrétien, d'autre part un moteur pour le tourisme (et donc l'activité économique) dans nos provinces. On voit bien là que le MEDEF sait hiérarchiser ses "valeurs" dès lors qu'il faut exploiter davantage les forces de travail sans les rémunérer davantage.

Mais ce qui m'a fait doublement rire, c'est que les journalistes puissent tomber dans ce très grossier panneau qui consiste à avaler que ces "idées" sont adressées à Hollande, Valls et Macron ! Et j'ose espérer que ces trois-là ne tomberont pas dans ce piège on ne peut pas plus grossier.

En effet, ces annonces en forme de fausses fuites ne sont pas adressées au Président, au Premier Ministre et au Ministre de l'Économie actuels, mais, et la concordannce des temps ne saurait mentir, bien adressées à Nicolas Sarkozy qui incessamment sous peu devrait opérer, via la télévision (encore la servile TF1 ?), à son vrai-faux come-back.

Et le MEDEF de lui dire à peu près ceci : "mon bonhomme, si tu veux le plein soutien du patronat dans sa frange la plus riche pour ta reconquête de l'Élysée, voici ce que tu dois inscrire dans ton programme".

J'ignore si l'Élysée, Matignon, et les Ministères appropriés on avalé un jour un seul que le MEDEF puisse être un de leurs interlocuteurs sérieux - ce qui est et resterait complètement stupide - mais là, ce serait un comble tant la ficelle est énorme.

Depuis le 6 mai 2012 le MEDEF n'a pour buts que, politiquement, d'une part continuer d'écrire des lois via ses néfastes lobbies, d'autre part contribuer autant que possible au retour de la droite au pouvoir. Et même si cette gauche actuellement au pouvoir est trop comme-ci et pas assez comme-ça, le MEDEF s'en fout, il veut la droite, par la droite, pour la droite. Point.

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La mode du "Coup de Pouce".

Coup de Pouce

Petit !

Je considère que puisqu'il y aura toujours des discriminations (sociales, sociétales, etc...), et surtant quand on sait que voilà au moins deux siècles ce sont, sauf quelques impromptus heureux et salutaires, les possédants et leurs représentants qui mènent le bal économique.

Aujourd'hui, la FBF (banques), l'UIMM (industrie), la Fnsea (gros agriculteurs), l'UIC (chimie), l'UFIP (pétrole), l'UMIH (hôtels & restaurants), en somme toutes les composantes du MEDEF ne consentent plus à partager les fruits de leurs productions.

Je sais qu'il y a eu 1848, 1936, 1944, 1968, 1981... mais à y regarder de près, ce furent là des mouvements populaires massifs qui avaient des revendications, qui réclamaient à juste titre des augmentations et des protections, afin d'être rémunérés selon la valeur de leur travail, avec la sécurité qui leur était dévolue, ne serait-ce que pour respecter la dignité humaine de tous.

Mais depuis une dizaine d'années (je ne saurais le dater précisément), alors que la dette augmente, alors que les déficits se creusent, alors que l'inflation stagne (juste de quoi nous éviter une terrible déflation), que la croissance est en berne, qu'on évoque en la dénonçant la décroissance, etc... je constate avec effroi, sans que j'en connaisse précisément toutes les causes, que la lutte suprême consiste à exiger un "coup de pouce".

Tout y passe, depuis le Smic jusqu'à l'IRPP, depuis les bourses étudiantes aux petites retraites, de façon sectorielle, très partimentée donc, et chacune de ces catégories de réclamer son "coup de pouce".

Je ne pense pas que devant la pauvreté qui croît jusque dans un pays richissime comme le nôtre, que devant nos errances industrielles et agricoles la nature est plus affligée que jamais, que devant les meutes mortifères de néo-réacs auxquelles s'accolent la Manif pour Tous et toute la nébuleuse Novopress, on doive demander un "coup de pouce".

Ne sommes-nous donc que les misérables auto-stroppeurs du destin de la France et de l'Union Européenne, de cet univers mondialisé, pour en être réduits à ne réclamer que ça.

Ce petit "coup de pouce" qu'on demandait à un ami pour se faire embaucher, comme un petit privilège qui sollicite dans le creux de l'oreille, un peu honteux, alors qu'il y a tant de nécessiteux.

Je veux bien la Fête de l'Humanité sous le soleil, je veux bien le concert de Massive Attack, je veux bien les socialistes "drondeurs" assis entre deux chaises, je veux bien le come-back de Martine Aubry qui parvient à faire gober qu'elle est plus gauchiste que François Hollande, je veux bien avaler que d'aucuns gobent (avalent !) la prose vengeresse de Valérie Trierweiler, je veux bien le retour en 180 épisodes de Nicolas Sarkozy, je veux bien la VIe République, etc... mais pas en être assigné à demander pour tel-le-s ou tel-le-s un coup de pouce qui ne changera rien aux problématiques économiques, environnementales, sociales, et sociétales qu'il nous faut affronter.

Quel qu'il soit, un gouvernement, fut-il celui de Fillon, de Ayrault ou de Valls - avec, n'en déplaise, toutes les différences que cela impose - ne devrait pas avoir en face de lui des classes laborieuses qui ne demandent que des "coups de pouce".

Il faut vouloir de la justice, des hausses, des augmentations, des constructions, de la redistribution des richesses, des baisses réelles de toutes les incitations à la rente ! Du partage au nom de la Fraternité.

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14 septembre 2014

Le beau et le bon pour tous !

hediard-fruit-preserves

Comment résister ?

Sport et art sont éminemment politiques, et dans un même ordre d'idée, plus populaires peut-être, il en va tout autant de la mode, de la décoration, et de la gastronomie.

Sans doute, en vrac, la danse, le théâtre, l'opéra, l'escrime, le polo, une certaine forme de littérature et de cinéma, etc... ont gardé une forme de rigueur et d'exigence qui les préserve d''un nivellement par le bas.

On nous a rebattu les oreilles, probablement au départ avec d'excellentes intentions, avec la "démocratisation" de bien de ces activités humaines, mais au final, je doute que Jean Vilar repose en paix.

Pour ce qui est de la mode, féminine surtout mais aussi masculine, le prêt-à-porter populaire n'est plus qu'une vague copie de ce qui émane de l'imagination des créateurs, qui un coup vont puiser dans l'attirail de prostituée d'antan, du punk des années 1970, des tenues des ouvriers parce qu'il disparaissent, voire même des étoffes et des motifs plus paysans, et bien entendu, le fameux street-wear qui nous apporte des joggings et des combinaisons de ski estampillés Chanel, Dior, etc...

Pour ce qui est de la peinture, il n'a jamaus été question d'apprendre au peuple pourquoi Altdorfer, Dürer, ou Rembrandt son majeurs, mais de livrer aux masses des oeuvres faciles à comprendre immédiatement, celles de Di Rosa, Combas, Haring, Koons, etc... 

La gastronomie, c'est bien simple(t), chacun par le truchement de multiples émissions de télévision, peut se persuader qu'il est un super chef, un master chef, le nouveau Karajan d'une batterie de cuisine en cuivre, parce que la TV l'a dit. Reste et demeure que ce qui n'est pas bon reste dévolu aux plus modestes, et que le bon ne commence qu'au seuil de la bourgeoisie aisée, qui va jusqu'à faire l'éloge des fruits et légumes moches, dans un élan de snobisme qui voudrait occulter chaque botox party d'où ne ressortent que des faces tendues et uniformes sans goût.

Il fait beau à Paris ces derniers jours, ce qui a multiplié mes envies de promenades. Ce qui m'a valu de trotter à La Madeleine, où je n'ai pas pu résister à l'appel du beau et du bon, même si comme pour la plupart, les temps ne sont pas aux courses dispendieuses. Je ne suis pas envieux, ce qui me soustrait aux regrets et aux frustrations.

Et que voulez-vous, jusqu'à ce jour, Hermès reste Hermès, Ladurée reste Ladurée, Fauchon reste Fauchon, et Hédiard reste Hédiard ! Ce que ça fait du bien de voir et de sentir toutes ces merveilles, même si au final, ça se termine avec "seulement" trois pâtes de fruits à la figue, deux madeleines, et deux macarons à la rose dégustés tranquillement sur un banc ensoleillé en face du Théâtre du Rond-Point, sur les Champs Élysées.

Ne manquaient que les aubépines.

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07 septembre 2014

Des allumettes… comme un FOC !

Allumettes Super FOC

Je sais, je sais...

... il y a Gaza, il a l'Ukraine, il y a l'Irak, il y a le Nigéria...

Il y a aussi, bien moins intéressants, les commentaires qu'on nous sert à l'envi sur la cote de popularité de François Hollande, ceux sur le livre de Valérie Trierweiler (quelle honte !), les successives déclarations d'amour de Manuel Valls (ça nous change un peu des quotidiennes déclaration de haine du précédent quinquennat, remarquez !), il y a le nom d'Emmanuel Macron qui déclenche une vague d'hystérie très surjouée, il y a le toujours imminent come-back de Nicolas Sarkozy (affligeant !), il y a Jean-Luc Mélenchon qui ne cesse de s'en aller et de revenir, le monument politique de Cécile Duflot, le pied de nez de Mario Draghi à Betha Merkel, Martine Aubry (tremblante devant le FN) qui nous fait savoir par ses larbins qu'elle va bientôt s'exprimer histoire de brillamment céder à la mode du Hollande-bashing, le bal des frondeurs, les incantations à la demande de dissolution de l'Assemblée Nationale, etc... autant de sujet d'actualités (on n'ose plus parler d'informations), qu'il serait peut-être judicieux de démolir en règle.

Il y a aussi tous les films intéressants que je vois "Les Combattants", "Party Girl", "Métamorphoses" ou que j'attends comme "Pride", le "Saint Laurent" de Bonnello, parmi tant d'autres.

Le coeur et l'ardeur n'y sont pas.

J'ai mes nouvelles petites tennis d'un violet "percutant", un beau T-shirt qu'on croirait tout droit sorti du Sentier il y a deux ans, ma table basse algérienne de toute beauté (enfin... selon moi), mes agitations neuronales à essayer de comprendre comment fonctionne un smartphone (là, j'ai pulvérisé la drôlerie de Charlot, de Mister Bean et de Zouc !), et mes difficultés insurmontables à saisir mes "contacts", mais ce qui m'amuse le plus, ce sont mes allumettes.

D'accord, tout le monde en ayant besoin a plutôt un allume gaz ou un briquet, mais moi, j'aime les allumettes. Comme je les trouve trop courtes dans leur version ordianaire, j'en achète de longues (et n'allez pas y voir une quelconque métaphore phallique) destinées à allumer un feu de bois ou un barbecue.

Non mais regardez bien la marque de ces allumettes, que je jure ici n'avoir pas truquée : "Super Foc". Voilà, c'est tout con, mais moi, ça me fait rire. Des allumettes qui, comme le foc, se prennent le vent par derrière, je n'aurais pas osé l'imaginer.

28 août 2014

Pépette ChonChon 2.0

Box Numéricable

Hyper-connecté !

Quand je suis agacé, il faut toujours que "quelqu'un" trinque ! Mais il est hors de question que je m'en prenne à qui que ce soit, alors, même si ça n'est pas très charitable, je passe mes nerfs soit sur un administration qui me court sur le haricot (j'alterne Trésor Public, CAF, MDPH, Sécurité Sociale...), soit sur une grande entreprise qui se fout un peu trop de moi.

Depuis toujours j'ai l'internet et le téléphone à la maison via NOOS (désormais Numéricable). Or, puisque je suis toujours fourré au cinéma, l'option "télévision" ne m'a jamais intéressé. Mais il arrive un moment où je ne peux pas être plus stupide que l'ensemble de mes compatriotes, et constatant que l'option "internet+téléphone" - accrochez-vous ! - est plus onéreuse que l'option "internet+téléphone+télévision+wifi" est moins chère, je m'y résouds !

Signe des temps, dès que tu regardes la télévision, c'est moins cher ! Je vais faire donc comme si...

Mais quelle aventure ! Parce que moi, avec ma tête tout de travers, câblant la terrible bécane, ça n'a pas été une mince affaire. Et avant que je m'aperçoive que j'avais une télécommande deffectueuse, il s'en est passé du temps !

Le pauvre "vendeur" a fini par craquer à force de me voir revenir râler dans sa boutique, et il m'a gentiment tout bien programmé l'engin ! Top du top, le téléphone, l'internet, le wifi fonctionnent ! Pour la télévision et les 200 chaînes, je verrai plus tard, parce que là, il faut que je me repose...

Comme c'est beau le monde 2.0 !

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24 août 2014

La Libération de Paris

Armée des Ombres Mathilde

... Mathilde est morte.

Ont été commémorés, entre autes, le Débarquement de Normandie (avec faste étant donnés les pays impliqués) et le Débarquement de Provence (avec beaucoup moins de faste, pour les mêmes raison), et vient aujourd'hui le temps de fêter les 70 ans de la Libération de Paris, où Anne Hidalga, pour ne moins, n'oubliera pas l'aide précieuse des Espagnols.

Je ne me résoudrai jamais à dire que ces commémorations sont inutiles, même pour dire que François Hollande ne sert plus qu'à ça. Nous sommes le fruit d'une Histoire, et regarder hier pour comprendre aujourd'hui ne me semble pas vain, bien au contraire.

Évidemment, puisqu'il s'agit de la Libération de Paris (ce fut moins le cas pour les deux Débarquements), il est logique d'évoquer la Résistance. Le mythe qu'a imposé le Général de Gaulle au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, mythe d'une France plus résistante que collabo, il y a une version des faits pour le moins "édulcorée". Pas question de le lui reprocher, mais ce mythe, à mon sens, il faut savoir de "déconstruire" pour laisser apparaître, enfin, la réalité.

La littérature et le cinéma n'ont pas manqué - et c'est heureux - de montrer la grandeur des Résistants, de leurs combats, leurs luttes, les risques qu'ils encouraient, etc... Au point que le mythe aura été bien entretenu, jusqu'à oublier ce que contenaient à l'époque même de la Libération de Paris, les colonnes du très pétainiste quotidien Le Matin. Les Résistants, appelés à dressés des barriquades, n'étaient que traitres, vermines, terroristes...

Terrorisme, ce mot dont on ne sait plus quoi faire, jusque dans les dictionnaires, où selon les uns Yasser Arafat fut un terroriste, selon les autres un Résistant. Ce n'est qu'un exemple. Pour ma part, je me poserai toujours la question de savoir s'il peut y avoir de Résistance active sans faits de "terrorisme", ou comme on disait parfois, de "sabotage".

De façon inexorable, presque "viscérale", chacun s'est un jour demandé je pense si à l'époque il aurait été un silencieux, un passif, un collabo, un Résistant. J'ignore si en concaténant toutes les réponses que chacun se fait à soi-même nous obtiendrions un résultat réaliste, surtout en ce moment, avec l'aussi troublé que troublant électorat FN à qui presque personne n'ose dire sont fait, c'est à dire sa dramatique faute, faute dont il est responsable.

Jean Moulin, Guy Môquet, le réseau Manouchian, le Mont Valérien... bien des personnes, de lieux, des images... incarnent la Résistance aujourd'hui. On nous les apprend, nous les retenons, les politiques nous les rappellent, et parfois les exploitent.

Jeune, j'ai lu le livre de Joseph Kessel, "L'Armée des Ombres", celui de Marcel Aymé, "Uranus", celui de Vercors, "Le Silence de la Mer"... Puis vu les film de Jean-Pierre Melville (Le Silence de la Mer & L'Armée des Ombres). Et depuis lors, pour moi, telle une allégorie, c'est le corps de la magnifique Mathilde (incarnée par une Simone Signoret au sommet de son art) qui vient de se faire buter, gisant sur le trottoir, qui incarne, d'un sang refoidi, le mieux la Résistance.

Dans le contexte international actuel (USA, Ukraine, Irak, Gaza, Syrie, Nigeria, Mali...) il m'apparaît indispensable de cesser d'utiliser uniformément le mot "terrorisme", puisqu'il y a bien, ici et là, de la Résistance.

La Résitance, tant de corps exécutés.

22 août 2014

Latitude 48° 51' 12" nord - Longitude 2° 20' 55" est

T'es où

Géolocalisation.

Il paraît que la question que nous posons le plus par SMS ou sur les réseaux sociaux lorsque nous papotons, c'est "T'es où ?" avant même le fameux "Ça va ?" qui avait un peu le don de nous agacer tous les matins...

Autrement dit, il y a une forme de glissement du qualitatif vers le quantitatif dans nos questionnements, jusque dans nos échanges et les plus anodins. Et l'internet ne s'y est pas trompé en proposant presque partout la géolocalisation.

Ça me rappelle un peu peu le "Surveiller et punir" de Michel Foucault.

Quand nous écoutons et regardons les "informations", presque tout ce qui prévaut est quantitatif. Le PIB, la dette, la règle des 3%, le chômage, le nombre de morts ici ou là, les classements (hôpitaux, top 10, top 100, universités, les impôts, les pauvres, les riches, le pouvoir d'achat, les loyers, le reste à vivre, le prix des fruits et légumes, l'inflation, etc...).

Et pourtant ! Sauf erreur de ma part, dès lors qu'on veut accéder à des informations pertinentes - comme lorsqu'on veut en proposer - on en revient vite au qualificatif. La preuve la plus tangible en est la mode du "selfie", de l'autoportrait, qui propose une image de soi.

Et au-delà de l'anecdote su "selfie" (j'attends les "pussies", les assies", les "dickies" & autres "cockies"... avec des foufounes, des fesses et des zizis !), je me rends bien compte que l'aspect strictement qualitatif tend à vite reprendre le dessus. À titre personnel, souvent et heureusement, nous ne résistons pas à la beauté des arbres au printemps, d'un plat dégusté, des fleurs, etc...

En Ukraine le nombre de chars ne suffit pas, il nous faut comprendre qui sont les pro-Poutine et les tenants de l'intégrité de l'Ukraine ; en Irak il nous faut bien comprendre savoir qui sont les sunnites, les chiites et les chrétiens ; dans le conflit Palestine/Israël le décompte des morts ne nous suffit pas ; dans tous les conflits le nombre des exilés et des réfugiés nous en dit moins que le fait qu'ils crèvent la fin ; dans notre assiette nous devons constater la disparition du goût des denrées alimentaires ; à Paris il nous faut constater l'embourgeoisement général autant que le manque de logements à pris modérés ; etc... Dans ce qui secoue - à juste titre probablement - l'ensemble des média ces jours-ci, ce n'est pas qu'il y ait eu l'exécution filmée et diffusée d'une personne en Irak, mais de comprendre que c'est un journaliste et qu'il est un Étasunien. Le "qualitatif" change tout.

On a beau se féliciter que Paris reste la ville la plus touristique du monde et se désoler du fait que ces touristes dépensent assez peu d'argent, l'important je pense reste que nous ne sommes pas accueillants d'après une étude récemment publiée.

Et tout d'un coup, au détour d'un article ou d'une simple chronique, on apprend que jamais n'ont jamais tant aimé les musées, les expositions, la gastronomie, le jardinage, etc...

Et on aura beau nous géolocaliser, nous vidéo-surveiller, ce qui reste le plus important, ce sont nos "futilités" nos chiffrables, nos regards et nos sourires, nos coups de coeur et nos coups de gueule, bien davantage que le nombre de nos "followers" sur FaceBook, Txitter, Instagram, etc...

Que l'on soit ici ou ailleurs, devant tel ou tel objectif, devant (même à notre insu) telle ou telle caméra, l'essentiel de ce que nous sommes, j'espère, n'est pas quantifiable, et reste difficilement qualifiable...

Nous sommes (presque) tous beaux lorsque nous sommes "ailleurs" !

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20 août 2014

Un siècle après tout le monde !

Carte SIM Free

L'univers m'appartient !

Oui, tout finit par arriver, paradixalement par voie postale ! J'ai reçu le précieux sésame qui va me permettre d'être connecté J7 et H24, et c'est une grande aventure pour moi, si "méfiant" de toutes ces nouvelles technologies...

Je dois le reconnaître, c'est d'abord grâce à mes amis Zaza TGV et la Fusée Grecque que je me suis décidé, ensuite parce que j'ai conscience que je ne peux pas toujours attendre d'être planté devant mon ordinateur pour être connecté.

Évidemment, avant d'être à peu près au point, il va me falloir un bon trimestre ! Mais je devrais pouvoir sous peu comprendre comment on téléphone, comment on se connecte à internet, comment on lit ses mails et y répond ! Ça peut faire rire - ça doit faire rire ! - mais c'est ainsi.

Moi-même je ris du fait de me créer un lien, un attachement, avec une carte SIM de chez "Free". Il y a du paradoxe là-dedans. Connexion et Liberté, ça sonne étrange !

En avant ! Le monde m'appartient !

 

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19 août 2014

Bordj Bou Arreridj

Bordj Bou Arreridj

Je voudrais être à Bordj Bou Arreridj...

D'accord, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. D'accord, c'est assez iconoclaste pour un "français de souche" de vouloir être en Algérie, pas loin d'Alger. D'accord, je ne peux pas me plaindre, puisque j'ai quand même pu faire une escale à Ramallah et un petit séjour à Ispahan.

Pourtant, pour des raisons ausso bien personnelles, politiques que littétaires, sur les traces peut-être de Jean Sennac, de Jean Genet, d'André Gide, d'Albert Camus... c'est là-bas que je voudrais être.

J'espère que ce sera pour les vacances de fin d'année. À suivre...

En lieu et place, je suis donc à Paris - il y a pire comme sort, même si le temps est aléatoire et le soleil capricieux - et je fais avec.

Le toubib l'a dit, je dois me reposer après toutes ces émotions !

Peu de sorties de films, mais quand même quelques plaisirs cinématographiques, comme voir "Colt 45" le film français le plus homo-érotique qu'il m'ait été donné de voir, et auquel, probablement, les acteurs n'ont rien compris (Ymanol Perset, quelle bombe !), comme aussi voir "Le Grand Homme", avec le toujours parfait Jérémie Rénier, tous deux abordant les thématiques de l'identité et la construction de la fraternité par le prisme de la paternité.

J'écoute les informations sur France Inter et je les regarde à la télévision. Je me suis surpris à regarder les Championnats d'Europe d'Atlétisme avec passion, l'estomac noué. Étrangement, on a beaucoup parlé des couleurs des médailles, mais outre Najat Vallaud-Belkacem, nul n'a cru bon de souligner, le sublime de la "diversité" française, comme s'il s'agissait désormais d'une espèce de tabou. 23 médailles. 23, mon nombre préféré.

Értrange constraste que celui de voir le calme des rues parisiennes et le chaos du monde. Gaza, Irak, Kurdistan, émeutes aux USA, Ukraine... 

Au milieu de tout ça, je fais des choses banales qui parviennent presque à me réjouir : laver les carreaux et les rideaux, changer mes draps, ranger et jeter ces maudits magazines et journaux que j'accumule, goûter du pâté halal très épicé, torturer cette fichue tablette Mac qui refuse de me conneter à l'internet, décider enfin à demander un abonnement téléphonique à Free avec un nouveau numéro, etc...

FaceBook, quand on s'en sert correctement, permet de se faire une revue de presse quotidienne dont je ne me lasse pas, ainsi que de prendre des nouvelles de ceux de mes amis qui y sont aussi. 

Khaled Medjana Bordj Arreridj

Mais j'ai mon fichu caractère, parfois obstiné ! 

Je pense sans cesse à ce jeune homme algérien de 25 ans, Adelhafid Boudechicha qui, il y a plus de 3 ans, s'est immolé à Bordj Bou Arreridj.

Les photographies - car il y en a ! - qui ont paru de cette immolation à l'époque me hantent encore.

Voir Sétif et Bou Saâda, admirer les magnifiques paysages, "monter" visiter Alger, goûter la gastronomie algérienne sur place, voir ce pays et ses habitants, voir la fabuleuse cité universitaire et le pont géant de Constantine, admirer tout ce que le tourisme n'a pas (encore) défiguré.

Aimer ce pays que les Français, trop souvent, se refusent à aimer.

 

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17 août 2014

Un comble ! Quand la télévision fait mieux que les journaux !

Débarquement Provence 2

Propagande, quand tu nous tiens...

J'évoque évidemment les cérémonies qui ont célébré ce qu'on appelle "Le Débarquement de Provence" (Opération Anvil Dragoon) survenu le 15 août 1944, il y a 70 ans donc - de la même façon qu'il y eut "Le Débarquement de Normandie" - dont je ne vais pas refaire ici l'historique ni rappeler l'importance. Même succinctement, Wikipédia y pourvoira : http://fr.wikipedia.org/wiki/Débarquement_de_Provence

Debarquement Provence 1

Débarquement Provence 3

Débarquement Provence 5

Je sais très bien que nous disposons de beaucoup d'images du Débarquement de Normandie, les USA n'aimant rien tant que se filmer eux-même, dans un souci, et d'information, et de propagande, ne nous leurrons pas.

Je songe à cet phrase d'Adolf Hitler à propos du Débarquement de Provence, lui qui pourtant n'a jamais cessé de ressasser le Traité de Versailles : "C'est le pire jour de ma vie". Non pas que ses opinions et ses  commentaires doivent être l'aune de notre appréciation de l'Histoire, mais quand même !

Nous ne saurions reprocher au Président de la République et au Gouvernement de n'avoir pas organisé ces nombreuses cérémonies avec la grandeur qu'elles méritaient. Il y aurait donc, de la part des media en général, une espèce de "retrait" quant à cette information.

D'accord c'est le 15 août et beaucoup sont en vacances ! Mais quand même, saluer l'Armée Coloniale, sur ces terres où le FN fait des ravages actuellement, cela m'aurait semblé beaucoup plus pertinant et intéressant que les sempiternels reportages sur Lourdes !

Bien sûr, je ne prétends pas avoir fait un relevé exhaustif des articles parus dans les media, mais je suis tout de même inscrit à un bon nombre de "fils d'actualité" sur FaceBook pour avoir bénéficié d'un tour d'horizon large. Notamment de la part de journaux et media a priori peu rétifs à évoquer le sujet, puisque de gauche.

Alors, il faut bien qu'il y ait une explication "rationnelle" à cette discrétion médiatique, et je n'en vois qu'une : dès lors qu'il s'agit, encore aujourd'hui, des anciennes colonies de la France, et parmi elles l'Algérie et donc les Musulmans et l'Islam, le monde journalistique se pince les lèvres et peine à tapoter sur son clavier. En lieu et place d'un rappel historique de l'événement, même s'il y a un peu de vrai, n'est évoquée que la stratégie de communication de François Hollande. C'est très insuffisant comme analyse, puisqu'on a la même à propos de tout, tout au long de l'année.

Sans doute assimile-t-on trop ce que furent ces soldats des colonies de 1944 avec ce que fut plus tard l'OAS et "Algérie Française" (une des bases du FN), alors que les contextes étaient fort différents... je me pose la question. N'oublions pas que quelques mois plus tard, la Guerre d'Algérie commençait, avec les massacres de Détif, Guelma et Kherrata, et à une date for peu anodine, le 8 mais 1945. Mais ça, c'est une autre histoire... (quoique).

Il faut se faire une raison, 1944 restera plutôt un 6 juin qu'un 15 août...

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13 août 2014

Retour à Paris

Métro Porte de Saint Ouen

Et Paris me tend ses bras...

Mon périple à Ispahan a pris fin, et me voici de retour. Comme j'aime Paris le petit matiin au mois d'août... La Porte de Saint Ouen est plus calme que d'habitude, même si les travaux pour le prolongement du tramway sous mes fenêtres me cassent les oreilles...

Je me remets immédiatement dans le bain : nous sommes mercredi, c'est le jour du Canard Enchaîné et des sorties de films que je consulte immédiatement...

Je suis heureusement surpris par mon courrier puisque EDF m'a facturé correctement, et que le Trésor Public ne s'est pas planté sur ma feuille d'impôts. Deux tracas en moins.

Café Marcel 1

Café Marcel 2

Je voulais aller prendre un petit café du côté de la Rue des Dames, mais j'ai oublié que nous sommes en vacances et que le Café Marcel est fermé, dans lequel je voulais m'arrêter avant d'aller à la mairie... Ce ne sont pas les cafés qui manquent, mais celui-là, je l'aime bien. Marcel, ça me parle !

Marcel, mon deuxième prénom, qui m'a valu un "Marcello" inouï !

Il me tarde de voir ma Zaza TGV, pour le plaisir des retrouvailles, et parce que je suis décidé à entrer, des années après tout le monde, dans l'univers du smartphone ! On a parfois des préoccupations très matérielles !

Le quotidien reprend ses droits, et ça ne me déplaît pas du tout !

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12 août 2014

Et la Perse de s'éloigner peu à peu...

Ispahan jardin jasmin bosquet

Ce que j'emporte...

J'ai marché dans les pas de mon amant, et j'en suis heureux. J'ai un peu redouté ce mélange de tourisme, de "famille" de pélerinage, mais cette appréhension était inutile.

Oui, je rapporte cet enivrant parfum de jasmin dans le jardin-parc que j'aime tant, qui imprégnait les draps de Hebus, son savon, toute sa chambre.

J'ai un peu vu Ispahan, ses habitants, ses sublimes mosquées, son Grand Bazar. J'ai goûté sur place tous ces plats délicats et en ai apprécié toutes les saveurs avec une gourmandise et un plaisir non dissimulés.

Ce fut un plaisir de rire et de "se reccueillir" avec Lothaire et Nour-Anatole, tous trois affectueusement choyés par Pavaneh (qui signifie "papillon", c'est beau non ?) et Ardeshir ("celui qui protège le feu") le couple qui entretient la maison et le jardin. Magnifiquement promenés dans Ispahan par Kouajeh, puits de culture d'une aménité délicieuse.

Iran Ispahan pendaison gays

Maha - Iranian gay magazine

Je reste toutefois celui que je suis, avec mes convictions, mes indignations, mes modestes combats. 

Aussi, je tiens absolument à ce que ces deux photographies figurent dans le petit "journal de bord" que j'ai tenu ici à Ispahan.

Oui, c'est bien ici qu'on pend des homosexuels du fait de leur homosexualité. Et il ne saurait être question de ne pas le rappeler.

Aussi, je tiens à remercier Kouajeh de m'avoir permis de boire le thé avec les créateurs de "Maha", le magazine LGBT iranien, pour lequel Hebus avait écrit quelques articles "littéraires" sur Proust, Garcia Lorca, Gide, etc... et à saluer leur incroyable courage compte tenu des risques qu'ils encourent.

 

Hebus gros plan de très près

Hebus réfléchit

Hebus m'est resté collé à l'esprit, au corps, à la peau pendant tout ce petit séjour à Ispahan. Mon Phoebus, mon Apollon, mon Darius, mon Prince of Persia... 

Je n'en suis pas triste, n'en éprouve pas de douleur particulière, juste un manque, un vide encore impossible à combler.

Avoir vu cette partie de lui, non pas en raison de ses "origines", mais en raison de tout le raffinement qui impréganait sa personnalité, sa langueur, ses caresses...

J'emporte avec moi ta chambre, ta douche, ta terrasse, tes draps, ces bleus si raffinés qui tu aimais tant, ce parc où de multiples recoins appelaient à la luxure, enivré du parfum presque sulfureux du jasmin au crépuscule.

Avec maladresse probablement, je te continue.

 

 

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Gastronomie perse, j'arrive !

Ispahan plat

Ispahan brochettes

Ispahan Mezzé

À table !

Où qu'on aille à l'étranger, une des meilleurs façon de découvrir le pays et les gens, reste la gastranomie, sans doutee de façon assez particulière, pour nous Français.

Je n'échappe pas à cette règle, je suis tellement gourmand ! Ma curiosité accroît probablement mon envie irrépressible de goûter le plus de choses possible, de ne craindre aucun plat a priori.

La première chose qui m'a frappé, c'est que ce que nous mangeons ici est exactement la même chose que ce que l'on peut manger dans le "Petit Téhéran" de Paris (XVème arrondissement). Et ce n'est pas le cas pour toutes les gastronomies du monde, puisque j'ai entendu souvent, à propos du Maghreb, du Japon, de la Chine, etc... que ce qui était servi en France ne correspond pas à ce qui est préparé localement.

Ispahan légumes

La cuisine perse est très variée, et on y retrouve des plats semblables aux plats grecs, turcs, libanais, etc... sans que je sache qui a inspiré qui. Ce qui n'a rien d'étonnant, l'Empire Perse ayant rayonné, et ayant été un grand espace d'échanges et de commerce.

D'un certain point de vue, un peu comme la cuisine japonaise, je me demande si cette gastronomie n'a pas aussi inspiré ce que nous appelons en France la "Nouvelle Cuisine". Nombreux plats sont servis comme de l'art, avec un rare raffinement. Notamment les desserts et ce qui est à la mode depuisq quelques années en France, les verrines.

Il y a aussi cette passion d'ordonner avec le plus d'harmonie possible, les plats mêmes les plus simples. Presque toujours, une façon très symétrique de présenter les brochettes, et même les légumes.

Enfin, c'est presque toujours parfumé, avec des herbes variées, des marinades, révélant des goûts particulièrement savoureux.

 

Ispahan dessert 1

Ispahan dessert 2

Ispahan sorbet poire piment

Ispahan sorbet rose, safran, pistache

Et il y a les desserts ! Beaucoup de pâtisseries orientales telles que nous en goûtant souvent en France (toutefois moins grasses), avec de la figue, de la pistache, de l'orange, etc...

Ce que je préfère, ce sont les fruits, les glaces et sorbets préparés avec des fleurs. Ainsi ai-je dévoré des fruits cuisinés avec du jasmin et de la rose. Quant aux glaces et sorbets, la poire avec de , la rose avec du safran et des pistaches concassées sont des délices savoureuses et inoubliables !

Bon appétit !

 

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11 août 2014

Au Grand Bazar d'Ispahan

Ispahan bazar 3

Ispahan bazar 2

Ispahan bazar 1

Les 1001 Merveilles...

Après la reposante et délicieuse pause goûter, nous voici au Grand Bazar d'Ispahan.

Architecturalement, c'est très très beau. C'est gigantesque aussi. Un dédale dans lequel on se predrait facilement, avec des coins lumineux, des coins plus sombres.

C'est très agréable de constater que la vie grouille, que les gens sourient, qu'ils s'activent avec bonhomie, sans laisser entrevoir le manque de libeté qu'ils subissent forcément.

Khouajeh se charge de prendre quelques photographies, son statut de Professeur des Universités en Histoire de l'Art assez reconnu pouvant permettre de répondre à la moindre question. Car en dépit de la décontraction apparente des gens, une forme de surveillance cachée demeure et pèse un peu.

Ispahan bazar 5 foulards

Ispahan bazar 4 faïences

Ispahan bazar 7 vaisselle

Ispahan bazar 6 couteaux

Nous déambulons tranquillement, et regardons plus ou moins attentivement selon les étalages, toutes ces "bricoles" artisanales qui sont à vendre.

Apparemment, les emplacements dépendent des produits, de leurs valeur, de la richesse du commerçant. Et c'est un foisonnement de couleurs. Dommage qu'il ne soit pas possible de faire beaucoup de photos, car en plus de la surveillance, les vendreux sont très réticents, même lorsqu'on leur explique qu'on ne photographie que les produits.

Évidemment, tout ce qui me plaît est à peu près hors de prix, par ce que c'est soit ancien, soit fait de façon artisanale. J'aurais beaucoup aimé rapporté un couteau perse, mais les nouveaux sont de vilaine facture.

Alors nous acherons des bricoles à Nour-Anatale, qui est tout heureux. Quant à moi, j'économiserai, parce que les tapis, somptueux, sont inabordables ! Et je me dis que je suis venu ici pour bien d'autres raisons que le shoppinf ! 

 

 

 

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Au salon de thé...

Iran Ispahan café

Ispahan salon de thé

Persian Tea Time.

Après la visite des mosquées et la petite cérémonie pour Hebus, nous nous sommes allés au Grand Bazar, en faisant une halte ravigotante au café. Il y fait frais, c'est très aréable.

Étonnamment, il y a du monde, et nous constatons que les Iraniens ne restent pas cloîtrés chez eux. Nous comprenons - c'est Khouajeh, le co-directeur de thèse de Hebus, qui nous traduit - que l'émotion est vive à cause du crash aérien, survenu à Téhéran, qui a causé des morts.

C'est salles voûtées me rappelle un peu nos caves à vin française, et aussi le petit salon de thé de ma jeusesse, rue Quinquampois à Paris, chez Monsieur Kenj, où nous allions souvent mon ami Tomate et moi.

Dans la première salle, on peut se poser et boire un verre, tandis que dans la seconde, derrière, on "s'installe" carrément. Khouajeh a pu prendre quelques photographies sans être importuné avec l'appareil de Lothaire. Même ici, du bleu, des tapis, des motifs floraux... C'est très agrable de s'intaller ainsi autour d'une grande table carrée, assis comme des scribes.

Ispahan tea time

Ispahan desserts 3

Avec une délicatesse toute persane, on nous sert le thé et nous apporte un assortiment de pâtisseries à base de fruits et de pâte d'amande.

J'ignore pourquoi, mais les denrées alimentaires sont souvent très bien rangées, alignées, sur les plats. 

Nous avons photographié - quel plaie ce "smartphone" qu'on nous a prêté, ou tout est écrit en farsi ! - quelques-uns des plats que nous avons eu le plaisir de goûter lors de ce séjour, et même les légumes sont alignés dans les plats...

Nous passons un très agréable moment, en parlant presque en murmurant, tant l'ambiance est douce. Et surtout, nous dévorons tout ce qui défile sur la table !

Ma gourmandise reste intacte en toutes circonstances !

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10 août 2014

Les mosquées d'Ispahan

Ispahan Mosquée royale

La vie en bleu...

Il fait encore très chaud, mais il est impossible d'envisager une visite d'Ispahan lorsque le jour décline, quand les gens rentrent et que tout ferme. Le but n'est pas de ne voir que quelques endroits de la ville, mais aussi les gens qui y travaillent et y déambulent.

Ispahan est une ville qui frappe par ses superbes édifices religieux, la Mosquée du Shah, la Mosquée Royale, la Mosquée Mohammad Domiri, etc... ainsi que la Cathédrale Saint-Sauveur.

Les couleurs dominantes sont les ocres, auquelles répond magistralement le bleu des principales mosquées. Un pleu qui tend au turquoise, mais parfois aussi, avec davantage de mystère, au lapis-lazulli. Chaque changement de la couleur du ciel suscite un rayonnement différent de ces bleus, un peu à la façon des yeux au soleil.

J'avais craint que le fait de devoir être accompagnés serait très pesant, mais il n'en est rien. Car c'est finalement le co-directeur de thèse de Hebus qui nous accompagne officiellement. Et comme c'est une sommité intellectuelle, on nous fiche la paix, à la condition toutefois de ne pas prendre en photos les lieux de prière.

La beauté des bâtiment parle d'elle-même.

Ispahan Mosquée Shah 1

Ispahan mosquée shah 2

Ispahan mosquée shah 3

Ispahan Mosquée Shah 5

 

 

 

 

 

Les intérieurs sont très riches, et n'ont rien à envier à nos cathédrales. Et même si aucune représentation humaine n'est autorisée - les statues, peintures et vitraux des cathédrales participent beaucoup de leur beauté - cela ne change rien, c'est aussi somptueux, et j'imagine, somptuaire. Ces intérieurs parlent d'eux-mêmes aussi.

 

Ispahan mosquée Shah 6

Ispahan mosquée shah 7

Ispahan Mosquée Shah 8

 

 

 

 

À part rester, il faut bien le dire, béats d'admiration, nous ne pouvons rien faire, sinon, même lorsqu'on n'est pas religieux, se reccueillir un peu, sous la majeté des lieux, pour l'absence de Hebus.

Le concernant, nous devons maintenant aller dans une mosquée plus discrète, où une sorte de petit hommage "oecuménique" lui sera rendu, avec un imam, un prêtre, et des laïcs, certains de ses amis et de sa famille. Le chauffeur nous attend et nous conduit rapidement. Les consignes sont claires, pas de photographies, pas d'enregistrement, et chacun doit déposer portables  et tablettes à l'entrée.

Ispahan Mosquée Mohammad Domiri 1

Ispahan Mosquée Mohammad Domiri 2

Quand on me dit "plus discrète", je ne m'attends pas à ça, car je comprends, trop vite, plus simple, moins riche.

Je ne chipote pas, je fair comme tout le monde, j'ôte mes chaussures, je me lave les pieds, le visage et les mains. 

C'est bien plus détentu que ce que j'avais imaginé, puisque mosquée ou non, il n'y a pas vraiment de prière. Lothaire m'explique qu'est récité un poème perse sur la mort et le paradis.

Un joli fond musical envahit la salle. C'est apaisant, pas lacrimal. Lothaire me traduit au fur et à mesure, tandis que Nour-Anatole écoute très sérieusement, très pensif aussi.

Et finalement, ça ne dure même pas d'une heure. Les gens viennent nous saluer avec gentillesse et douceur, et ce qui m'étonne, avec beaucoup de réserve, sans la mindre effusion. J'en suis ému.

Maintenant, nous allons passer à quelque chose de plus joyeux, la visite du Grand Bazar !

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Promenade parmi les fleurs

Ispahan jardin fleurs

Ispahan jardin roses

Ispahan jardin jasmin

Dans le parc...

Par cette chaleur, environ 40°C, tous les coins d'ombre sont les bienvenus. Et le parc est idéal pour ça. Je déambule au mileu des fleurs.

Ici, il y en a partout, évidemment dans le parc, mais aussi sur les tapis, la vaisselle, les céramiques et les faïences, les fresques, la vaisselle, etc...

Ça embaume, et selon où l'on est, on passe des pétunias aux roses ou au jasmin. C'est presque ensorcelant, envoûtant. Et je comprends que Hebus ne résistait presque jamais à un fleuriste, tant il aimait cet endroit.

Ispahan jardin mosaïque

Il y a un petit recoin particulièrement frais dans le parc, donc très agréable pour moi qui ne peux m'exposer au soleil, où les fleurs ne sont pas végétales, mais minérales. Une mosaïque de cailloux, simple, mais joliment mise en valeur.

En attendant d'aller visiter le Grand Bazar d'Ispahan, où nous boirons le thé, je passe un délicieux moment de (relativement) frais repos.

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Un paradis perse sur terre.

Villz Iran façade 2

Villa Iran façade 1

La maison d'Ispahan.

Perse ou pas, je reste avec mes insomnies. Et je ne vais pas vous faire le coup du "jet lag", ça ne m'a jamais rien fait.

Alors voici cette villa dont Hebus me parlait tant, havre de paix selon lui. Il n'exagérait pas. J'ignore combien il y a de pièces, ni la taille du jardin, mais je rconnais que c'est somptueux. Il m'est même difficile de compter LES façades de cette incroyable villa. Ce sont Lothaire et Nour-Anatole qui ont fait les photos.

Au début, nous n'avons pas pu beaucoup nous reposer, car ce fut le défilé des voisins amis de la famille, venus présenter leur condoléances et voir le fils de Hebus extirpé aux horreurs de Gaza. Je comprends bien que cette famille, ça n'est pas "n'importe qui" quand je vois l'extrême respect les gens parlent. Je ne suis pas laisser de côté, et nous arrivons à échanger et nous comprendre en anglais. Il me semble que pour certains, je ne suis pas tout à fait un "inconnu". Nour-Anatole se demande comment nous allons manger tout ce qu'on nous apporte, ni où nous allons mettre toutes les fleurs. Le jamin et les roses sont une "Harmonie du soir" envirante.

Et je ne peux pas ne pas penser à Hébus : "Voici venir les temps, où vibrant sut ta tige, tout mon corps s'évapore..." ainsi que j'avais, pour lui, "adapté le fameux poème de Charles Baudelaire.

Quant au défilé de desserts et de sorbets, il ferait pâlir Berthillon, et là encore, ce ne sont que fruits et fleurs qui embaument.

Villa Iran jardin 1

Villa Iran jardin 2

J'aimerais - évidemment - que Hebus soit là, aussi pour me scander toutes les poésies persanes qu'il connaissaient par coeur. Ce grand jardin invite à la poésie.

Plutôt que "jardin", je devrais dire parc, car on peut s'y promener sans s'y sentir à l'étroit, ni tourner en rond.

Et c'est aussi tout un pan de la littérature qui revient à mon esprit, Proust, Sand, Volette, Gide, Genevoix, Mauriac... mais aussi Brontë, Hardy (pour ne citer qu'eux)... et leur talent à décrire la nature, presque à la façon de botaniste. Je me rappelle mon grand père paternel, Raymond, le jardinier, que j'écoutais des heures décrire et raconter sa flore.

J'ignore pourquoi j'ai tant hésité à venir, la peur au ventre de faire, même malgré moi, une sorte de pélerinage aus sources de mon Prince of Persia. D'évidence, c'est apaisant et stimulant à la fois, puisque je le découvre encore, et parce que je suis attendri par l'incroyable de destin de Nour-Anatole, qui comprend très bien où nous sommes, pourquoi nous sommes là, sans que nous en ayant eu conscience totalement.

Ispahan Moucharabieh

Ispahan vestibule

Je reconnais immédiatement certaines choses que les parents de Hebus et Lothaire m'ont décrites. Ce sont des cadeaux qu'ils ont reçus du temps du Shah. On m'explique que ce sont quelques copies d'oeuvre d'art (parfois d'époque) offertes à leur père parce qu'il fut un chirurgien d'exception. 

Du côté qui permet d'accéder à ma chambre (cette "villa" a beaucoup d'entrées !) il y a ce très beau moucharabieh que je reconnais immédiatement, identique à la description qu'on m'en en a faite. C'est très efficace, on ne se rend pas du tout compte que dehors il fait 40°C. Je trouve que ça invite à la langueur et à la lascivité. Du côté du vestibule principale, on est derrière ces belles portes à vitraux. Je me demande si cette maison ne fut pas un harem autrefois tant tout cela est sensuel, presque luxurieux. Les 1001 Nuits ne sont pas loin.

Ispahan sous-sol

Lorsqu'il fait trop chaud, bien que la maison soit assez fraîche, nous descendons dans une petite pièce que j'ai tout de suite aimée. C'est une petite pièce avec des fenêtres en soupirail, à moitié en sous-sol donc, où on nous sert du thé, des parisseries et des sorbets. Je lis des poèmes de Hafez (XIVe siècle), Lothaire emmagazine des articles de recherche, et Nour-Anatole fait des exercices de français pour aborder sa classe de sixième à l'aise. Et nous apotons aussi.

Ispahan chambre 2

Ispahan douche

Ispahan terrasse

Avec délicatesse, la "petite" chambre de Hebus m'est dévolue. Elle aussi, je la reconnais telle qu'il me l'a décrite.

Ce mélange de tapis et de carrelages, très coutumier en Iran, est très réussi.

La douche est ce qui ressemble le plus à Hebus, à la fois discrète, à la fois d'une évidente sensualité.

Si la chambre est "petite" c'est parce qu'elle bénéficie d'une terrasse presque aussi grande qu'elle. Je ménage mon allergie au soleil et me fourre tout le temps à l'ombre, après le goûter et la douche, en attendant le dîner et la promenade dans le parc, quand la température retombe à 25°C.

Ispahan chambre 1

Ispahan salon

Décrire "le" style perse, de quelque époque que ce soit, est impossible. D'une pièce à l'autre on a l'impression de changer d'époque ou de pays. Les constantes ici sont les faïences, les tapis, et les multiples oeuvres d'art.

La chambre de Lothaire n'a pas grand chose en commun avec celle où je dors (où je suis supposé dormir, pour être exact) ni aucune des deux avec le grand salon. C'est probablement du aux multiples voyages de le mère de Hebus, qui, la connaissant, rapporte toujours des "petits trucs artisanaux" d'une grande beauté.

Sincèrement, j'aurais pu ne pas sortir de ce petit paradis perse éloigné du monde, mais nous avons convenu, même si nous devons être escortés, d'aller nous promener un peu dans Ispahan, de visiter le gand bazar, d'aller dans un café ou un restaurant, et d'aller faire une sorte prière - je ne sais plus où - pour Hebus, avec des chants et de la musique traditionnelle. Peut-être aussi irons-nous aussi saluer son co-directeur de thèse qui souhaite nous voir.

 

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09 août 2014

Empire Perse, me voici !

Ispahan vue d'avion

Mes pas dans les pas de Hebus...

J'avais, depuis quelques temps déjà, l'invitation avec prise en charge totale, et mon coeur palpitait, heureux et angoissé à la fois, d'aller à Ispahan.

Certes, le vol de six heures, le décalage horaire de trois heures et demi, ce sont des choses simples, mais avant tout ça, il y a les préparatifs, autrement les paperasses et les formalités.

Et ça ne rigole pas ! Avant de toucher le sol iranien, j'en ai rempli des formulaires. J'ai bien cru qu'il faudrait passer devant le proctologue ! Ceci-dit, compte tenu des circonstances, c'est logique. Tant du côté français que du côté iranien. J'ai pensé à planquer mes médicaments dans les affaires de Nour-Anatole. Manquerait plus que je passe pour une arme de destruction massive venue de l'Occident, envoyée par les mécréants...

Ensuite, la logistique ! Parce que ce n'est pas une mince affaire que de ne disposer que de douze heures entre l'arrivée de Lothaire et de Nour-Anatole d'Argentine, et notre départ pour Ispahan. Benoîtement, je pensais que tout était réglé, que nous avions nos papiers, nos visas, nos petites affaires (pour ce qui me concerne, ce sont presque des "déguisements" tant je donne dans la sobriété), nos adaptateurs internationaux pour l'électricié, et tout le temblement ! Que nenni !

Voilà que nous partons avec des "officiels", depuis Villacoublay. Bonjour le voyage avec des types aux allures d'ayatollahs et des femmes-Batman ! Heureusement, c'est juste le temps d'embarquer, parce qu'ensuite, tout ce beau monde est aussi imam et femme voilée que moi ! Je reconnais l'homme aussi clinquant qu'un lustre que j'avais vu à l'Ambassade. On boît même du Champagne !

Ensuite, tout roule, jusqu'à ce que nous soyons à l'aéroport d'Ispahan. Lothaire, ça passe tranquille. Nour-Anatole, déclanche la liesse généralisée ! Enfin c'est mon tour. Dans un anglais approximatif, on m'explique qu'il faut que soit "radiographié" mon ordinateur portable (mo téléphone, lui, faire rire en coin le douanier). Heureusement, c'est celui où il n'y a aucun fichier. Suppression de la géolocalisation obligatoire, ce avait déjà déja fait par Hebus, et que la DCRI avait vérifié. On jette un coup d'oeil sur mon FaceBook : ça tombe bien, beaucoup d'articles parus dans l'Humanité clairement pro-Palestinien. Lothaire explique que j'aimême écrit "Gaza mon amou". Après, je pense comprendre qu'on me félicite en anglo-arabo-perse de ma visite pour changer de sexe pour épouser Lothaire ! Là, c'est la franche rigolade. Je suis rouge comme une tomate. Après encore, il faut traduire en arabe le nom de mon parfum. Pas de bol, c'est "Tubéreuse Criminelle"... mais au final, Nour-Anatole avec son poncho argentin (!) accapare toute l'attention, les caresses et les bisous : pensez, un orphelin recapé de Gaza !

Depuis lors, nous nous sommes bien reposés une fois arrivés à destination, dans la villa des parents de Hebus, dont je savais  qu'elle était belle, mais pas à ce point !

Nous sommes tellement reclus que je n'ai aucun réseau téléphonique, et que le réseau internet suffoque un peu... Mais quelles beautés !

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05 août 2014

Marilyn Monroe - 5 août 1962

Marilyn Monroe

Non, il ne s'agit pas de 1914-1918, ni de l'assasinat de Jean Jaurès !

Avec mon plus grand repect pour l'Histoire, et ma conscience aiguë du nécessaire "devoir de mémoire" qui m'incombe, je pense que la mort de Marilyn Monroe a été un événement important, à plusieurs titres.

D'abord, évidemment, l'actrice et chanteuse, qui sous la houlette des plus grands (Manckiewicz, Huston, Lang, Hathaway, Preminger, Wilder, Cukor, Hawks, Olivier...) a été une star unique et merveilleuse.

Il faut déplorer le temps qu'il aura fallu pour qu'elle soit reconnue pour l'artiste qu'elle a été. En France surtout, certainement à cause de Truffaut, il fallait être Hitchcockienne ou rien. Mais le temps a fait son ouvrage, et aujourd'hui, en dehors de quelques pisse-vinaigre, chacun s'accorde à reconnaître le large éventail de ses talents. Non, ses rôles n'étaient pas que ceux de la "ravissante idiote" et de la "blonde pulpeuse".

Puisque j'ai évoqué, à propos de sa reconnaissance par "la profession", le temps, et notamment le temps qui passe, il me semble que Marilyn Monroe aura été parmi les femmes qui en aura eu la plus vive acuité, la plus terrible angoisse. Sous cet aspect, je la trouve éminemment proustienne. Sa fragilité, et son obsession de la perfection qui en découlait, m'a toujours ému, lui accolant un inégalable magnétisme.

En dépit des poncifs, je pense qu'elle aura aussi été à sa façon - ou au moins sa carrière - un important moment de féminisme. Féminisme floué, certes, mais féminisme quand même ! Une actrice sublime qui aura été très drôle, très spirituelle. Bien davantage que femme fatale - avec Katharine Hepburn - un panthéon d'autodérision très rare à l'époque, très novateur.

Évidemment, la politique. Cette femme, cette Anna Karénine de Hollywood, cette Emma Bovary de Los Angelès,  était capable d'un amour immense et désespéré, un amour qui l'aura conduite dans les bras d'un Kennedy président, au point que le FBI, en son sommet, du fait d'un homme aussi trouble qu'elle, John Edgar Hoover (qui lui aura survécu 10 ans), s'y intéressa de très près, la considérant presque comme un danger communiste, comme une briseuse de pouvoir.

Si les Poilus nous touchent au plus haut point, si Jean Jaurès est une nécessaire référence, je pense qu'il y a dans chacune des personnes que j'aime, amis comme amants, un petit quelque chose de Marilyn Monroe. Cette fragilité particulière, cette apparente joie de vivre, ces rires éclatants, etc... qui dessinent toujours les contours flous des personnalités insaississables, imprimant une image erronée d'elles-mêmes, comme l'acte volontaire à leur survie.

Je ne m'exclus pas, effet de miroir oblige, de cette brève description des personnes troubles et troublantes, souvent d'un allant de tigre, dissimulant autant que possible, un bref vol de papillon.

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