La Vie ChonChon

La Vie Parisienne de ChonChon : Cinéma, Littérature, Politique, Société, Musique, Gay Attitude, Expositions, Photographie, Amis, sorties, pensées...

03 juillet 2009

Pour mes livres...

Etag_res_GayRe-décorer !

Puisque nous sommes à l'époque de tous les RE possibles et imaginables, je vais m'y mettre, moi aussi. On re-fonde le capitalisme, on re-pense l'écologie politique, on re-programme le logiciel du PS, on re-diffuse à tout-va à la TV parce que c'est l'été, on ré-invente tout et n'importe quoi, je vais re-faire ma bibliothèque.

Comme vous le voyez, elle est écologique, solidaire, et plaisante à l'oeil. Amoureux des livres que je suis, esthète que je reste, je ne peux me contenter des conseils de Valérie Damidot de M6 avec son perpétuel re-cyclage du catalogue Ikéa.

C'est une excellente affaire, très pratique à monter, démonter et re-monter (si j'ose dire) et produit un très bel effet sur mes quelques visiteurs.

A l'heure où tout est chosifié, j'ai choisi pour ma part d'humaniser... Le tout reste à savoir si je vais désormais pouvoir me concentrer sur mes lectures.

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Sherry Baby

SherryBaby Ma fille, à tout prix.

Sherry Swanson, ancienne droguée, sort de prison après avoir purgé trois ans. Totalement sevrée, elle goûte à son premier jour de liberté et décide de tout faire pour regagner la garde de sa fille, dont se sont occupés son frère et sa femme en son absence...

Laurie Collyer nous présente, un peu fait avec des bouts de ficelles, un film en forme de chronique sociale comme on en fait tant, et si bien, en Grande Bretagne. C’est empreint de réalisme, c’est sobre et ça sonne plutôt juste.

C’est une œuvre attachante, avec une certaine force qui s’applique à décrire l’anonymat du malheur, tout en refusant le processus de victimisation tel qu’il est constamment promu, et tel qu’il est trop souvent à l’écran. C’est plutôt bien vu ici.

Mais si le film est si attachant, c’est aussi grâce à la prestation de Maggy Gyllenhaal, égérie du cinéma américain indépendant, qui trouve ici un rôle assez vaste pour exprimer son talent.

Après « Cecil B. Demented » de John Waters, « Donnie Darko » de Richard Kelly, « La Secrétaire » de Steven Shainberg, « Les Neuf Reines » de Fabian Bielinsky, et aujourd’hui « SherryBabay », Maggy Gyllenhaal construit une carrière intéressante, et il n’y a plus qu’à espérer pour elle un rôle qui le fera connaître d’un plus large public.

Un film sans prétention, mais qui malgré un petit budget, dans son indépendance parvient à nous dresser plus que le portrait d’une femme désorientée : celui d’une réalité sociale trop absente des écrans de cinéma.

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Fais-moi plaisir !

Fais_moi_plaisir__Les pieds dans le tapis.

Ariane est persuadée que son compagnon Jean-Jacques fantasme sur une autre femme. Pour sauver son couple, elle lui demande d'avoir une aventure avec celle-ci, pensant qu'il s'agit du meilleur remède pour le libérer. Lorsque Jean-Jacques se rend chez cette femme qu'il connaît à peine, il ne sait pas encore qu'il s'agit de la fille du Président de la République...

Voici enfin le quatrième opus d’Emmanuel Mouret après « Laissons Lucie faire », « Changement d’adresse », et « Un baiser s’il vous plaît ». Et cet héritier de Sachat Guitry, Blake Edwards (« The Party »), Eric Rohmer et Woody Allen continue son bonhomme de chemin, sans nous décevoir.

Ce marivaudage, ce badinage est visuel, festif et burlesque. Voici enfin un film tout imprégné de courtoisie, d’élégance et de poésie. C’est suffisamment rare pour être souligné. Le film est même plus malin qu’il n’y paraît, nous présentant un anti-héros, coincé entre deux femmes, coincé aussi entre deux milieux sociaux.

Les deux femmes entre lesquelles son coeur balance sont incarnée par Frédérique Bel (toujours parfaite) et Judith Godrèche, qui n'est jamais aussi juste que dans ses rôles comiques et acidulés où elle ne perd rien de sa grâce. Dans ses apparition en Président de la République, Jacques Weber est très bien lui aussi.

Je ne peux pas taire le talent de scénariste, de dialoguiste, et de réalisateur d'Emmanuel Mouret. Il confine parfois au surréalisme belge. Même si ce qu'il incarne est aux antipodes du mâle qu'on nous sur-vend à longueur de temps, émane de lui un indiscutable charme.

Cette célébration des maladroits, à une époque où il faut impérativement être sûr de soi, entreprenant, fonceur et avoir la « niak » est tout aussi salutaire qu’à contre-courant.

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Amerrika

amerrika De la Palestine aux USA

Mouna, divorcée et mère d'un adolescent, est une femme palestinienne enthousiaste et optimiste. Au coeur des territoires occupés, le quotidien est pourtant éprouvant et l'horizon morose.
Et puis un jour, quitter cette vie et aller travailler aux Etats-Unis devient possible : étrangère en son pays, Mouna peut bien l'être ailleurs.
Elle part alors avec son fils Fadi rejoindre sa soeur installée depuis 15 ans au fin fond de l'Illinois.
Après le réconfort des retrouvailles, Mouna et Fadi vont devoir trouver leur place dans cette "Amerrika" tant rêvée. Mais les Etats-Unis, partis en guerre contre le "diable" Saddam, ont une bien étrange conception de l'hospitalité. Il en faudra davantage pour freiner Mouna dans sa quête d'une vie meilleure...

Le film de Cherien Badis, qui nous vient de la télévision américaine (scénariste de la série « The L World ») est très attachant. Alors certes, il est un peu didactique, et son scénario aurait pu être affiné.

Il n’empêche que cette réflexion sur le déracinement le choc des cultures et la difficulté à s’intégrer est tout à fait intéressante, d’autant qu’elle ne se prive pas de proposer une critique intelligent de l’ « Amercian Way of Life ». Le tout, sur un ton drôle et émouvant à la fois.

Mais si le film est si enthousiasmant, c’est en grande partie grâce à l’époustouflante actrice Nistreen Faour, pleine d’énergie. Elle est secondée par celui qui joue son fils, Mekar Mouallem, tout en réserve et en pudeur.

Enfin, il y a le plaisir de retrouver l’excellent Hiam Abbas qui de rôle en rôle continue de parfaire admirablement sa carrière internationale. Découverte par Cédric Klapisch qui lui offre des petits rôles dans « Poisson Rouge » puis « Chacun cherche son chat », elle n’a cessé de tourner dans de très beaux films. Pour Amos Gitaï dans « Free Zone » et « Désengagement », comme pour d’aures réalisateurs dans « La Fiancée Syrienne », « Munich », « Les Citronniers », « The Visitor » et tant d’autres.

Sur un sujet qui sur le papier était plutôt difficile, Cherien Dabis est parvenue à nous proposer un film enthousiaste comme la vie, avec ses hauts et ses bas. Et le plaisir de découvrir une actrice de la trempe de Nisreen Faour est un plaisir qui ne se refuse pas.

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Lascars

Lascars Joyeuse et foutraque banlieue.

Condé-sur-Ginette, en périphérie d'une grande ville, à mille lieux du sable chaud, des cocotiers et du bleu océan des Caraïbes. C'est l'été. Le soleil brûle le chrome des mobylettes, réchauffe le bitume des tours, asphyxie les halls d'immeubles et crame les esprits. Ici, tout le monde rêve des plages de Santo Rico. Certains plus que d'autres. Pour Tony Merguez et José Frelate, les deux MC's du quartier, le départ est imminent. Mais l'agence de voyage responsable de leur billet a zappé le nom de la destination. Retour à la case Ginette ! Pour refaire surface, Tony se mue en Montana façon Scarface et tente de refourguer un peu d'herbe fraîche " gentiment " prêtée par Zoran, brute épaisse aux pieds pas vraiment d'argile. José de son côté joue les Don Juan dans une grosse villa, occupée par Momo l'incruste et la belle... Clémence. Tout aurait pu rouler, si une maîtresse en furie, des réalisateurs plutôt amateurs, un sauna norvégien, des policiers énervés ou encore un juge coriace, n'en avaient décidé autrement...

Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz se sont enfin à adapter ler fameuse petite série pour nous présenter ce long-métrage, que nous attendions avec impatience. Autant le dire immédiatement, le résultat est à la hauteur de nos attentes.

Techniquement, le mélange de 2D, de 3D et de prises de vues réelles est plutôt réussi. Le film est bien écrit, vif, rapide, avec un esprit Reiser en marge de ce qui nous est habituellement proposé. L’ensemble est plein de créativité et de fantaisie. Il y a des idées à foison, un humour corrosif, des vannes en rafale incluant quelques répliques « culte ».

Les voix sont de première classe pour faire passer ces dialogues cuisinés aux petits oignons : Vincent Cassel, Omar & Fred, Diane Kruger, Gilles Lellouche, Frédérique Bel, Diam’s, etc…

Et je ne saurais passer sous silence la BO du film, concoctée par lmz, où l’on croise avec un immense bonheur, les mythique « De La Soul ».

Par les temps qui courent, un divertissement aussi intelligent que les « Lascars » ne se refuse pas !

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28 juin 2009

Daniel Darc

Daniel_Darc_FDLM La Fête de la Musique.

A l'heure ou presque toutes les chroniques musicales, à juste titre, sont consacrées à Michael Jackson, je voudrais revenir au soir du 21 juin 2009, date de la Fête de la Musique.

Je ne suis pas un grand adepte de ces fêtes (musique, cinéma) pour moi-même, à cause de la foule. Dans le principe, je trouve leur organisation très salutaire, mais je suis vite effrayé par les foules immenses, parfois trop tôt avinées. Mais que chacun s'amuse comme il l'entend !

J'ai la chance d'habiter à une dizaine minutes à pied du Palais Royal, là où est sis le Ministère de la Culture. Et ce soir-là, entre autres, fut programmé Daniel Darc. Que voulez-vous, il y a des noms auxquels il m'est difficile de résister. J'aurais aimé être parmi les amis de Brigitte Fontaine, et être invité à fêter ses 70 ans, comme MisterNo.

Pour moi, ce fut donc le concert en plein air de Daniel Darc. Il succède ainsi notamment à Emilie Simon et à Catherine Ringer. On connaît pire programmation.

J'aime le bonhomme, depuis trois décennies déjà, lorsqu'en première partie de Talking Heads en 1979 au Palace, il se tranchait les veines sur scène, chantant dans son groupe Taxi Girl. Certes, il a vieilli, mais toujours cette démarche de dandy triste, cette voix fragile et un peu traînante.

Il nous propose des chansons de "Crève Coeur" et "Amour Suprêmes" notamment. Rien à redire, il est parfait. Il dégage une émotion à fleur de peau, sans sensiblerie. On sent le traducteur de William Burroughs, le lecteur des Psaumes. Les spectateurs le saluent à sa juste valeur, les applaudissements sont enthousiastes et chaleureux.

Daniel Darc est un de ces artistes à qui il convient de dire qu'on les aime. On n'est pas "fan" de Daniel Darc, car il est comme exonéré de toutes les turpitudes mercantiles du show-business. On aime Daniel Darc. Alors je le lui dis. Avec toute la sophistication qui convient à un artiste de cette trempe.

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22 juin 2009

Egalité, Liberté, Sécurité.

Congres_Versailles Une première historique depuis 1872.

Aujourd'hui Nicolas Sarkozy s'est exprimé devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Originellement, la modification constitutionnelle prévoyait que le Président assisterait au débat, mais ce dernier a préféré que cela n'advînt pas, d'où la position du PS, qui peut paraître alambiquée à certains. On peut toutefois trouver légitime d'honorer une convocation, mais dans le même temps refuser dans parler dans le vide, alors même que le Président conserve son droit de dissolution. Chacun appréciera selon ses convictions.

Un vif rappel, et un certain hommage, au Conseil National de la Résistance (CNR) de l'après-guerre. Mais aussitôt de nous préciser rien ne sera plus comme avant.

Effectivement, le Président de la République aura en quelque sorte été "exhaustif", abordant un grand nombre de sujets. Pourtant, parfois le devoir du pouvoir exécutif, et plus précisément la fonction présidentielle, doit se concentrer sur certaines tâcher à mener à bien en priorité, notamment face à des finances publiques asséchées.

Nous savons tous que le XXIème siècle devra répondre à des défis majeurs : un rééquilibrage Nord/Sud, absorber les conséquences des dérèglements climatiques, répondre à l'impératif de modifier nos options énergétiques. Or tout ceci fait nécessairement appel de plus ou moins près, à nos solidarités, à notre Fraternité. Et le voilà ce mot absent, ce mot jamais prononcé.

On comprend mieux pourquoi il conviendrait d'en finir avec les acquis du CNR. Il nous faudrait envisager des adages républicains renouvelés. Mais qu'adviendrait-il d'une France sans Fraternité ? J'ignore si le propos présidentiels sont de bon augure.

Toujours est-il que l'une des grandes nouveautés fait précisément appel à la solidarité nationale : un grand emprunt. Politiquement, il faut comprendre le sens référendaire d'un emprunt de ce type. On peut espérer que les Français seront d'une extrême prudence et conserverons leur bas de laine ; il est probable aussi que l'espoir ne soit même pas de mise, et que lesdits bas de laine soient un peu à sec.

Une belle réaffirmation de la laïcité, où le Burqa (on devrait plus précisément évoquer le Niqab) n'a pas sa place. A cet effet, la création d'une commission chargée de quantifier les cas, de distinguer le Niqab revendiqué au Niqab soumis est une bonne initiative.

Un recul de la discrimination positive telle qu'elle fut dessinée, en lui objectant des critères sociaux plutôt qu'ethniques. Nicolas Sarkozy laisserait ici entendre qu'il n'est pas tout à fait sourd aux propos de l'opposition et de la société civile.

La nécessité, puisque c'est la honte de la France, de construire de nouvelles prisons, parce qu'elles sont immondes, et qu'elles ne sont pas en nombre suffisant. Ceci sans évoquer la possibilité de peines alternatives, sans même se reconnaître pour le principal responsable de ce remplissage carcéral briseur de vies.

=> Globalement, que conclure ? Qu'il n'y a pas la possibilité en France, face à un tel discours, de répondre de façon idoine, faute de possibilité. Les pouvoirs sont bancales et mal équilibrés. Un rééquilibrage de nos institutions s'impose, quitte à prévoir jusqu'à la possibilité "d'impeachment".

=> Evoquer le CNR pour en revendiquer la mise à la poubelle parce que la notion de Fraternité est trop encombrante restera très probablement dans les annales. Nous voici prévenus, il va nous falloir oublier certaines solidarités étatiques.

=> Un emprunt pour en appeler aux liasses planquées dans les lessiveuses alors que c'est très coûteux n'est pas nécessairement une bonne idée. Le peuple sera-t-il, ou assez pauvre, ou assez raisonnable, pour ne pas y souscrire afin de ne pas valider un référendum qui ne dit pas son nom ? L'avenir nous le dira.

=> Certes, les représentants des groupes parlementaires peuvent être là. Mais que devons-penser de l'absence de figures majeures de l'opposition ? Pour peu qu'un élu refuse le cumul des mandats, et n'étant ni sénateur ni député, il ne peut assister au discours présidentiel. Là encore, un rééquilibrage s'imposerait.

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17 juin 2009

Le Congrès à Versailles

resisterUn bon goût d'Histoire...

Il y a longtemps, presque 69 ans jour pour jour, un homme appelait le peuple de France à la Résistance.

Et c'est étrange comme cela résonne aujourd'hui. Résister. Presque un vain mot, derrière lequel se sont alignés une minorité de Français. Mais quelle minorité !

Demain, un député PS, avec gravité, avec emphase, mais aussi avec ironie, devrait en appeler à la Résistance, devant un pouvoir absolu conquis à coup de slogans ineptes, de xénophobie immonde, de mensonges cyniques...

Demain, après l'autosatisfaction de Nicolas Sarkozy, un député PS, mu des profondeurs de son parti politique éhontément dépouillé de Clémenceau, de Jaurès, de Blum, de Mendès-France et de tant d'autres, devrait s'ériger, un cour instant, devrait s'en référer à De Gaulle, pour à son tour nous appeler à la Résistance...

Je ne compare pas, je n'aime pas les comparaisons, et le contexte est si différent. Pourtant, toujours des possédants à la gloire de l'argent, toujours des dépossédés de tout, en quête d'une audace, d'un espoir, d'un combat à gagner. Des vaincus qui ne demandent qu'à relever la tête.

Demain, un député PS, qui pour nous ne serait pas démissionnaire, qui ne ferait pas écho aux sirènes stupides d'un vain boycott, devrait justifier sa présence, devrait se lever au Congrès de Versailles, et devrait nous appeler à la Résistance.

Demain un député PS devrait charger ses dix modestes minutes de temps de parole, pour nous parler à nous, pour nous dire avec des mots d'une redoutable ampleur, d'une profondeur à nous couper la respiration, d'une vigueur à nous ressusciter, que nos luttes sont légitimes et que le moment est venu de signifier clairement à ce potentat qui nous méprise, une fin de non recevoir.

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15 juin 2009

PS moribond...

PS_logo_Rose ... mourra, ne mourra pas ?

Les résultats du scrutin des élections européennes en France aura signifié pour le PS, une énième fois, la nécessité de faire travailler ses neurones, voire même en appeler à des neurones venus d'ailleurs. Il est des événements dont on ne se remet pas aisément, mais la convalescence étant particulièrement longue, les militants, les électeurs, on semblé vouloir rappeler quelques moments intenses :

- Présidentielle de 2002, avec un PS absent du second tour ;
- Référendum de 2005, où la discipline de parti est partie en lambeaux ;
- Désignation de Ségolène Royal en 2006 comme candidate face à Sarkozy, qu'aucun ponte du parti n'a réellement soutenue ;
- L'ardeur étonnante déployée pour "liquider Ségolène" (selon les termes de Jacques Julliard) au lieu de réfléchir ;
- Un silence ou un anti-sarkozysme primaire d'une banalité confondante jusqu'au Congrès de Reims ;
- Le Congrès de Reims, qu'on suspectera encore longtemps, et où le tout sauf Ségolène aura continué ;
- L'absence de pensée de fond, le manque d'influence de "Terra Nova" et de "la République des Idées" ;
- Des listes européennes concoctées hors de tout bon sens, avec notamment un Vincent Peillon délocalisé arbitrairement, et un Harlem Désir tête de liste aussi euphorisante qu'un Prozac.

Voilà qui n'est peut-être pas exhaustif, mais qui constitue une accumulation qui aura sérieusement écorné la patience des militants comme des électeurs.

Si l'on ajoute à ça l'apologie désormais consensuelle de l'écologie, la venue d'Europe Ecologie, listes collectives, admirablement menées par le trio Cohn-Bendit, Joly, Bové, et les jeux sont faits.

Mais alors, que doit faire le PS pour recouvrer sa pertinence d'autrefois ? "Faire", puisque "penser" ne suffit pas.

- Il faut en terminer avec l'Hallali perpétuel sur Ségolène Royal. Il ne faut pas oublier, quels que soient ses caractéristiques, qu'elle fut choisie par les militants, qu'elle a ramené dans le giron du PS, des classes modestes et des jeunes. On peut penser que les militants n'ont pas aimé qu'on "liquide" LEUR candidate. La "démocratie participative" et "l'ordre juste" étaient-ils vraiment débile ?

- Il ne faut pas non plus céder trop vite aux sirènes écolos. Rien ne nous dit qu'elles sont pérennes, même si on annonce déjà le film de Nicolas Hulot et celui de Coline Serreau.

- Il faut continuer de s'opposer aux mesures gouvernementales les plus contestables, les plus anti-sociales. Ce qui ne signifie pas qu'il faut s'en prendre seulement à la personne de Nicolas Sarkozy.

- Parallèlement, il faut bien mesurer les dégâts provoqués par l'intelligence de "l'ouverture". Autrement dit, élaguer le PS de ceux, qui hors le contexte d'élections présidentielles, servent la sérénade, qui au MoDem, qui à Europe Ecologie, qui au Front de Gauche.

- Quelques thèmes cruciaux doivent être abordés, d'un point de vue social : sécurité et immigration. Voilà qui fait systématiquement les choux gras de l'UMP. C'est stupide. Surtout au moment où la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l'Homme) tombe sur Besson de façon assez violente !

- Il faut modifier l'organigramme du PS. Chacun a compris que Martine Aubry n'est là que pour attendre le retour de DSK, afin de lui offrir 2012 sur un plateau. Or, le héraut de la social-démocratie n'est que le porteur d'une idéologie de 30 ans d'âge.

- Gauchet, Badiou, Piketty, Butler, et tant de grands intellectuels mériteraient d'être entendus ! S'ouvrir à la société civile. Aider à la création d'associations comme le fait l'UMP (qui crée et soutient de plus en plus d'associations musulmanes, par exemple).

- Multiplier les réseaux médiatiques, dans la presse, la radio, et à la télévision. Ce sera certes difficile, mais chacun doit maintenant songer à autre chose que de montrer SA figure, et de faire entendre SA voix.

- Eviter la multiplication des "présidentiables" pour le moment. Depuis le 8 juin, en voici 3 qui s'annoncent : Delanoë, Moscovici, Valls. C'est inopportun et égoïste. Il ne faut pas danser à contre temps !

- Il est évident qu'on ne retrouvera pas du jour au lendemain, une version actualisée de François Mitterrand ! Il faut en profiter pour faire émerger Aurore Filippetti, Najat Belkacem, et tant d'autres !

- Internet : il est évident que si dans la presse on constate, globalement, pas trop de jugements sévères à l'encontre de Nicolas Sarkozy et de son équipe, il en va tout autrement sur le net, dans les forums et dans les blogs. Il faut mailler et fédérer, à l'aide d'une équipe de spécialistes, toute cette contestation éparse. C'est un enjeu capital pour 2012.

- En appeler à Hubert Védrine et à Jack Lang notamment, pour multiplier les contacts avec l'équipe de Barack Obama. Ne pas jouer la carte Védrine est débile. Il n'y a pas d'autre mot. Cette carte est essentielle, tant le Président américain apprécie peu Nicolas Sarkozy.

=> On pourra m'objecter que je n'ai pas évoqué le "corpus idéologique", le "logiciel" du PS.
C'est pour la simple et légitime raison que les mots partage, solidarité, répartition, fraternité, justice ne sont pas des coquilles vides, et qu'ils ont gardé tout leur sens. Il convient davantage de les utiliser que de les redéfinir.
"Changer de disque dur", comme je l'ai entendu maintes fois, ne veut rien dire. Il faut plus simplement rallumer celui qu'on a éteint il y a longtemps déjà.

=> On l'a compris, la tâche est multiple. Mais le PS ne manque pas de bras. Les hiérarques, ces tenants du pouvoir PS, doivent comprendre qu'il ne faut pas que chacun s'occupe un peu de tout, pour se construire une éventuelle "stature". Non ! Il convient de se répartir le travail, et d'aller arpenter la France.

=> Sinon, que la chose soit entendue, et il faut la dire clairement : le PS attend tranquillement 2017. Mais il ne faut pas leurrer les électeurs plus longtemps.

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Une manifestation de trop ?

Manifestation_090613 Samedi 13 juin 2009

En sortant du cinéma du Forum des Halles à Paris, ce samedi, je me suis résolu à aller Place de la Bastille, pour rejoindre la manifestation organisée par une intersyndicale unie.

J'étais bien conscient qu'il ne fallait pas s'attendre à un succès, ne serait-ce que relatif. Mais je suis convaincu de la nécessité qu'il y a de résister et de manifester le désarroi devant l'absence presque totale de relance sociale proposée par le gouvernement Fillon.

Cela me donne aussi l'occasion de "sentir" la désespérance des salariés licenciés sur l'hypothétique autel de la crise économique, sur le plus réaliste autel des mesures préventives et des délocalisations. Certains encaissent la crise de plein fouet, tandis que d'autres anticipent déjà la reprise. Je ne suis pas de ces autres-là, je n'en ai pas les moyens.

Je ne vois plus guère d'enseignants, de chercheurs, de médecins, d'intellectuels. Je vois des prolétaires.

L'avantage de ce défilé parsemé, c'est qu'il peut aller de La Bastille à Montparnasse en deux heures. Sous un soleil radieux. Mais c'est une toute petite consolation. Habituellement, je rencontre des personnes que je connais. Là, je n'ai croisé presque personne. Objectivement, on sent la lassitude, la fatigue. On pense aux vacances qu'on sait déjà ratées.

Chacun comprend, quels que soient les propos tenus par les Ministres et le Président, le mépris, et même la satisfaction qu'ils ont à regarder ce défilé aussi parsemé qu'un vieux chien à l'agonie. C'est ainsi, on peut désormais se réjouir du désarroi, et parfois du désespoir, d'une partie de la population. Chacun comprend que dès lundi sortiront de divers chapeaux des idées de mesures toujours moins sociales.

Chacun espère peut-être une rentrée, en septembre ou en octobre, assez virulente, pour faire front, pour défendre des idéaux, pour sauver sa peau. Mais surtout chacun se sent presque tamponné d'une espèce d'indignité de ne pas avoir voulu voter pour un parti majoritaire arrogant, de ne pas avoir su à quel parti se vouer dans une opposition en lambeaux, d'avoir cédé à la couleur de l'espérance pour ne pas être outragé davantage.

Alors non, ce ne fut pas une manifestation de trop. Voir un peuple cesser d'agonir pour agoniser reste une page très lourde à tourner, mais reste aussi un fumier à contempler, dont nécessairement, un jour, jailliront des forces mésestimées. Tant qu'il agonise, il n'est pas mort.

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Story of Jen

Story_of_Jen Adolescence désabusée.

Jen aura quinze ans cette année. Depuis la disparition de son père, elle vit seule avec sa jeune mère Sarah, un peu à l'écart de Covina, petite ville d'Amérique du nord. Un jour Ian, le demi-frère de son père, s'installe dans leur grange pour prêter main forte. Jen est fascinée par cet homme qui ne semble appartenir à rien ni à personne. Cette présence inattendue va éloigner la mère et la fille. Jen s'échappe avec Ian le temps d'une nuit violente et sauvage qui le force à s'enfuir seul dans les forêts hostiles du Nord. Commence alors une impitoyable chasse à l'homme. Pour Jen, rien ne sera jamais plus comme avant.

"Story of Jen" est un film plus intéressant que le premier opus de François Rotger, "The Passenger" en 2006, qui relatait l'errance de ses protagonistes entre le Japon et le Canada, qui ne m'avait pas convaincu/

Ici, comme le montrent l'affiche et le titre, le réalisateur hésite entre le personnage de Jen, l'adolescente, et le personnage de Ian, l'énigmatique beau-frère.

La réalisation est très réussie, pour aboutir à un film primitif et épuré, contemplatif et silencieux. Dès qu'il s'attarde sur cet onirisme envoûtant, le réalisateur sait déployer une atmosphère étrange et presque envoûtante.

Mais, dès lors qu'il s'attarde à sa chronique d'une adolescence désabusée, il patine un peu. Les dialogues sont un peu à la peine, et l'incommunicabilité entre les personnages passe assez difficilement. Les silences sont plus éloquents.

Je trouve que le casting n'est pas à la hauteur de ce qu'aurait pu être le film : Laurence Leboeuf dans le rôle de Jen, jolie figure adolescente qui nous vient de séries TV made in Canada comme "Being Erica" a des difficultés à incarner son malaise, et les gros plans sur ses grands yeux bleus ne sauraient suffire ; Marina Hands, certes très bonne comédienne, mais peine elle aussi dans les scènes plutôt mal dialoguées.

Reste Tony Ward, acteur qui nous vient du cinéma porno et qu'on avait vraiment aimé dans "Hustler White" de Bruce LaBruce en 1997, aurait gagné à être filmé comme les paysages. S'il s'en sort mieux, c'est parce qu'il a peu de scènes dialoguées, incarnant davantage l'énigme, le mystère. En cela, il réussit parfaitement sa prestation. On imagine ce qu'il serait sous le regard d'un réalisateur mieux à mêe de filmer son animalité.

Quel dommage au bout du compte ! Car le talent du réalisateur est indéniable, et sa mise en scène, dès lors qu'elle s'éloigne de ses personnages, est très réussie. Il aurait probablement du fuir davantage les scènes d'intérieur, s'émanciper de la chronique adolescente qui ne semble guère l'intéresser, et nous conter "Story of Ian".

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Coraline

Coraline Rêves et cauchemars d'enfance.

Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien... mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère est pleinement disponible, son Autre Père prend la peine de lui mitonner des plats exquis, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s'entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d'élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais le rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l'Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d'imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie famille...

Autant le dire immédiatement, il convient de placer Henry Selick à côté de Tim Burton et de Miyazaki. Le très doué scénariste, producteur, superviseur d'effets spéciaux et réalisateur nous propose un film magnifique en tout point.

Son nom aux génériques de "James et la pêche géante" et de "L'étrange Noël de Monsieur Jack" est immensément talentueux, parvenant parfaitement à marier l'animation traditionnelle avec la haute technologie.

Mais la technologie n'est pas ici au sacrifice de l'histoire. Qui n'a pas rêvé, enfant, de changer de parents ? Qui n'a pas eu les plus beaux rêves comme les pires cauchemars ? Et c'est sur ces terrains que va se promener Coraline, entre monde féérique et monde angoissant.

Coraline est bien une enfant actuelle, et ne présente rien d'édulcoré. C'est une gamine têtue, doté de parents que le réalisateur se garde bien d'idéaliser ou de noircir. Et nous assistons à une fable initiatrice, fantastique, poétique, et presque philosophique, sur l'éternel fossé entre les générations.

Le film est très inventif, peuplé de personnages hauts en couleurs dans un univers "gothique-acidulé", depuis les deux vieilles du dessous momifiées dans leur gloire passée, en passant par le fantaisiste voisin du dessus dresseur de souris, jusqu'à l'énigmatique petit voisin de son âge.

Visuellement, certes, mais aussi musicalement, le film est magnifique. Et je ne peux que le recommander. Comme tout bon film d'animation, il peut se voir et se comprendre à plusieurs niveaux.

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Jaffa

Jaffa Grands silences familiaux.

Situé au coeur de Jaffa, une ville que les Palestiniens surnomment "la fiancée de la mer", le garage de Reuven est une affaire familiale. Il y emploie sa fille Mali et son fils Meir, ainsi que Toufik et Hassan, un jeune Palestinien et son père. Personne ne se doute que Mali et Toufil s'aiment depuis des années. Alors que les deux amants préparent en secret leur mariage, la tension monte entre Meir et Toufik...

Après le très bon "Mon Trésor" en 2004, j'attendais le deuxième film de Karen Yedaya avec impatience. Et cette attente est récompensée. La réalisatrice nous propose ici une métaphore politique et sociale de l'Israël, déplacée sur le terrain de l'intime. Et décidément, le cinéma israélien est de plus en plus passionnant, car il sait être de plus en plus juste et nuancé devant le sort des Palestiniens. La dénonciation d'une espèce hypocrisie politique est admirable.

Karen Yedaya a choisi de reprendre son admirable duo d'actrices de "Mon Trésor", avec Dana Ivgy, dont les silences et les regards sont impressionnants, et la décidément très grande Ronit Elkabetz. Cette dernière, scénariste, actrice, réalisatrice s'affirme désormais comme une "Dame" du cinéma israélien. Sa filmographie s'étoffe peu à peu : "Mariage Tardif", "La visite de la fanfare", "Prendre femme" (co-réalisé avec son frère Shlomi), "Les Sept Jours" (très fort et très drôle à la fois !), "La fille du RER"...

Dans le rôle du chef de famille, Moni Moshonov est parfait, comme à son habitude. Outre sa filmographie israélienne ("Mariage Tardif" et "Kedma" notamment) c'est probablement pour son grand talent que le grand James Gray l'a déjà choisi deux fois, dans "La nuit nous appartient" en 2007, et dans "Two Lovers" en 2008, excusez du peu.

Je note aussi la présence du très beau Mahmud Shalaby qui semble porter sur ses épaules, et la résignation et l'envie de révolte du peuple palestinien. Par ses yeux aussi passent toutes les tensions fortes et secrètes qui imprègnent la société israélienne.

Au final, le film est sensible, et très dérangeant. Jamais la réalisatrice nous pousse à penser quoi que ce soit, et elle nous laisse être l'arbitre de ce drame intime qui transpire le drame Israélo/Palestinien.

Il faut courir voir ce film !

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14 juin 2009

Les Beaux Gosses

Les_Beaux_Gosses L'âge ingrat.

Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère.
Au collège, il s'en sort à peu près, entouré par ses bons copains.
Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter.
Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l'une des plus jolies filles de sa classe.
Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien.
Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras.
Enfin, il sort avec une fille !
Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d'essayer de coucher avec sa copine.
Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c'est une autre affaire...

Cette comédie du touche-à-tout Riad Sattouf est une petite merveille. C'est rythmé, alerte, vif, et la mise en scène simple et modeste n'en reste pas moins joyeuse et gaie, un rien potache, et surtout délicate.

Le film s'écarte intelligemment d'un strict réalisme, et il est décalé grâce à une dimension onirique propre à l'adolescence. Le réalisateur nous propose ici "un réalisme qui ne tue pas, mais qui enchante".

Chose rare, Riad Sattouf réinvente le langage des adolescents sans jamais les singer. Certaines répliques, crues mais pas grossières, pourraient devenir "culte".

Je ne peux pas passer sous silence les deux protagonistes principaux, Vincent Lacoste et Anthony Sonigo, très à l'aise devant les situations comme avec les répliques qui fusent. Ce casting aux antipodes des figures "modasse" qu'on nous sert habituellement, nous rend ces adolescents très attachants.

Le soin apporté aux rôles secondaires, tenus par Noémie Lvovsky, Irène Jacob, Emmanuelle Devos, Valeria Godino, Marjane Satrapi, contribue à la belle tenue du film. La palme revient à Noémie Lvovsky, qui, dans une scène hilarante, parvient à s'inscruster dans un boum où va son fils, reste un moment d'anthologie.

Je ne peux que vivement conseiller cette intelligente comédie, surtout au moment où tout dans notre pays semble devoir se faire sans la jeunesse. Car à y regarder de plus près, le film est bien plus profond qu'il n'y paraît !

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08 juin 2009

Departures

Departures Embellir les défunts.

Dans une province rurale du nord du Japon, à Yamagata, où Daigo Kobayashi retourne avec son épouse, après l'éclatement de l'orchestre dans lequel il jouait depuis des années à Tokyo. Daigo répond à une annonce pour un emploi "d'aide aux départs", imaginant avoir affaire à une agence de voyages. L'ancien violoncelliste s'aperçoit qu'il s'agit en réalité d'une entreprise de pompes funèbres, mais accepte l'emploi par nécessité financière. Plongé dans ce monde peu connu, il va découvrir les rites funéraires, tout en cachant à sa femme sa nouvelle activité, en grande partie taboue au Japon.

Sur un sujet plutôt casse-gueule, Yojiro Takita parvient à construire une comédie délicate, pleine de tact.

Le film est assez surprenant, et touchant, parvenant à distiller des moments d'humour dans des instants de drame et de mélancolie. Ces cérémonies de mise en bière sont douces et mélancoliques, au milieu desquelles, parfois, certains membres de la famille du défunt "explosent", venant troubler la quiétude et la mélancolie de l'instant funéraire.

Et, tandis que les cérémonies se succèdent, avec une certaine mélancolie, le film propose une ode à la vie, puisque bientôt Daigo sera bientôt père.

Masahiro Motoki incarne Daigo avec toute la retenue qu'il convient, parfois jusqu'à l'effacement, dans une sorte de timidité, et de respect face aux défunts. Il se libère cependant dès qu'il joue de son violoncelle, comme en un contrepoint vivifiant.

Un joli film, beau comme une petite pépite, sans prétention, poli avec une immense délicatesse. Et même si l'on aurait souhaité, peut-être, une plus ample interrogation sur la mort et notre façon de l'affronter, le film reste intéressant par sa douceur de pétale printanier. C'est probablement toute sa poésie, mais aussi sa limite.

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Antichrist

Antichrist Au bout des corps.

Un couple en deuil se retire à " Eden ", un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis...

Je me place parmi les rares qui ont aimé le film de Lars Von Trier. Autant le dire d'entrée.

Le réalisateur décide d'affronter son démon, la misogynie. Le propos est complexe, s'ouvrant sur une séquence en noir et blanc d'une beauté à couper le souffle. C'est même assez sidérant. Ensuite viendra peu à peu la destruction, jusqu'à l'écoeurement, dans un tourbillon de violence malsaine et répugnante à dessein. Les corps iront jusqu'à leurs effrayantes limites.

De bout en bout, le film est formellement très beau, très bien réalisé, dopé d'une direction d'acteurs précise et serrée, jusqu'à la suffocation. Pour illustrer son propos, Lars Von Trier use (et abuse ?) d'une symbolique panthéiste très forte, depuis tout ce qu'exerce de fantasmagorie la forêt, faune et flore.

Que dire qui n'ait été déjà dit sur Charlotte Gainsbourg ? Magnifique.

Je vais m'attarder sur Willem Dafoe, qui demeure un de mes acteurs préférés depuis que je le vis en 1980 dans le génial film de Michael Cimino "La Porte du Paradis".
Nombreux sont les réalisateurs prestigieux qui, après Michael Cimino, l'ont choisi : William Friedkin (Police Féderale Los Angeles) ; Oliver Stone (Platoon) ; Martin Scorsese (La dernière tentation du Christ) ; David Lynch (Sailor et Lula) ; David Cronenberg (eXistenZ) ; Wes Anderson (La vie aquatique) ; Lars Von Trier (Dogville) ; et nous le verrons prochainement sous la direction d'Angelopoulos, de Werner Herzog, Paul Schrader et Wim Wenders. Indiscutablement un des meilleurs acteurs de sa génération. Ici, il livre une interprétation forte et impeccable.

Je comprends aisément que ce film ne puisse faire l'unanimité, et loin s'en faut. Pour ma part, j'ai été ému par ces corps filmés au plus près, s'animalisant, se bestialisant jusqu'à l'effroi.

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Elections Européennes, la leçon.

Europe_EcologieLe ciment, le plâtre, les composites éparpillés.

On peut tourner les chiffres dans tous les sens, ils ne sauraient mentir complètement, et il n'y a que 3 vainqueurs en France à ces élections européennes : l'abstention, l'UMP, et Europe Ecologie.

* La prime au ciment.

Les partis "cimentés", autrement dit solides et en ordre de marche, ont récolté les fruits de leur assise.

- C'est le cas de l'UMP, rassemblée, en ordre de marche, qui n'a cessé de vanter son bilan à la Présidence de l'Europe. On peut en penser ce qu'on veut, l'UMP a parlé d'Europe, et la stratégie fut payante.

- C'est le cas d'Europe Ecologie, (ex Les Verts) dont les préoccupations environnementales sont ancrées depuis 30 ans. C'est probablement sans peine qu'il a pris 25% des électeurs de Ségolène Royal et 20% des électeurs de François Bayrou (par rapport au scrutin présidentiel de 2007). Europe Ecologie a compris l'absolue nécessité d'avoir recours à des personnalités fortes, dotées d'un fort charisme : Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly (excellente), José Bové, dans un jeu collectif qui joue sur la complémentarité plus que sur le message messianique d'un hypothétique sauveur. Un programme européen clair et des leaders incontestés.

"La diffusion de "Home" profitera très probablement à l'UMP et à Europe Ecologie" avait préconisé Yann Arthus Bertrand. Dont acte. Notons que la date de diffusion avait été déterminée il y a deux ans, et qu'il n'y a pas lieu de voir un quelconque complot derrière cette diffusion.

* La déprime du plâtre.

- c'est le cas du MoDem, dont la posture "ni droite ni gauche", ou plus précisément "tantôt à droite tantôt à gauche" est une imposture, dont les électeurs on vu le plâtre craqueler lors d'un sinistre débat télévisé. Sa droite est retournée à l'UMP, sa gauche s'en est allée à Europe Ecologie. D'autre part, l'anti-sarkozisme ne constitue pas un programme. François Bayrou est un démocrate chrétien de droite (c'est son droit) qui joue perso et utilise les scrutins intermédiaires, quels qu'ils soient, à des fins strictement égoïstes, pour entretenir sa candidature de 2012, et il était temps qu'il revienne à une plus juste évaluation. Espérons que le plâtre continuera de tomber, et que nous retrouverons un MoDem plus près de 5 ou 7%, taille qui devrait être la sienne.

- c'est le cas du PS, dont la réconciliation Aubry/Royal n'est parvenue à être crédible, faute probablement de sincérité. Ce replâtrage de dernière heure aura agacé trop de militants socialistes, préférant s'abstenir ou voter Europe Ecologie.
Les raisons de ce revers majeur sont multiples : une rénovation de façade qui n'a pas su faire suffisamment appel aux jeunes soutiens de Ségolène Royal (Peillon, Valls, Batho...) ; exclusion un peu rapide de la Présidente du Poitou ; maintien de trop d'éléphants ; manque de leaders charismatique ; trop d'anti-sarkozisme primaire ; trop de regards appuyés vers sa droite ; manque de message à destination des jeunes électeurs... Par ailleurs, la création du Front de Gauche aura probablement rogné encore sur son électorat.

* Les composites dispersés.

Viennent enfin un multitude de partis, éparpillés, qui n'ont pas joué le jeu clair d'unions face à leurs adversaires : le Front de Gauche (davantage Mélenchon que Buffet) aura davantage critiqué le PS que l'UMP, mais dont le message évitera peut-être au PS de trop loucher vers sa droite ; le FN et Libertas qui ne devraient faire qu'un depuis longtemps mais qui cultivent chacun son ego ; le NPA et LO, le premier encore jeune, le second trop isolé.

=> Pour ce qui me concerne personnellement, je ne peux pas me réjouir en disant que l'UMP ne représente que 12% des électeurs, ou que l'ensemble de la gauche semble majoritaire en France.
En son sein, le PS n'a pas su (ni voulu ?) jouer l'unité en étant plus collectif. Il est maintenant au pied du mur, et doit envisager très sérieusement une stratégie plus collégiale avec Europe Ecologie et le Front de Gauche. Je ne vois pas d'autre alternative.

=> Faut-il craindre un trop grand satisfecit de l'UMP, du gouvernement et de Nicolas Sarkozy ? Peut-être pas. Continuer l'ouverture, réussir la "Chiraquisation" de Nicolas Sarkozy, poursuivre sur la ligne libérale, et repartir de plus belle vers les élections régionales où le PS a tout à perdre. A mon sens, rien ne changera vraiment.

=> Je songe à Ségolène Royal qui voulait que le PS songe à vendre le siège de la Rue de Solférino pour s'installer dans un quartier plus populaire de Paris. Envisager davantage de ciment que de plâtre, en déménageant. Sans tomber dans la "Ségolâtrie", je crois que la symbolique était bonne.

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02 juin 2009

Place Tian'anmen

tankmanTank Man.

Comme elle a pu m'émouvoir cette image ! Et comme elle m'émeut encore...

Pour mettre fin aux Manifestations de Tian'anmen (à Pékin, en Chine) qui commencèrent le 15 avril 1989, le gouvernement chinois proclama l'état de siège le 20 mai, et fit intervenir l'armée, le 4 juin. Il y a tout juste 20 ans.

Nous ne connaissons pas, à ce jour, le nombre exact de victimes civiles, probablement quelques milliers. Mais je me rappelle le courage de Zhao Ziyang, secrétaire général du Parti communiste chinois, et surtout de Hu Yaobang, qui soutenaient ce mouvement. Ce dernier mourut le 15 avril 1989, provocant une émotion incroyable dans tout le pays, émotion qui contraignit le pouvoir à organiser des funérailles nationales. Je me souviens des étudiants Chai Ling (responsable de la coordination étudiante autonome) de Li Lu, de Wuer Kaizi, de Wan Runnan, de Yan Jiaqi.

Etudiants, intellectuels, ouvriers, qui tous dénonçaient la corruption, et réclamaient des réformes politiques et démocratiques. Un "Printemps de Pékin", comme il y eut un "Printemps de Prague". On dira bientôt "Le Massacre de Tian'anmen".

"Quatre Modernisations" avait promis Deng Xiaoping, pour rénover l'industrie et le commerce, l'éducation, l'armée, l'agriculture. Tous ces manifestant réclamaient "La Cinquième Modernisation", celle de la démocratie et du pluri-partisme. C'est la Glasnost, théorisée puis mise en oeuvre pas le beaucoup trop mésestimé Mikhail Gorbatchev en URSS qui inspira cette "Cinquième Modernisation".

Deng Xiaoping, pourtant appuyé par Hu Yaobang et Zhao Ziyang n'aura pas pu aller contre les anti-réformistes, menés par les très regrettables Chen Yun, Li Peng, les frères Yang, Baibing & Shangkun.

Je me souviens de ces quelque 1000 Chinois, Place Tian'anmen, entrant dans une grève de la faim illimitée.
Puis les palabres, les négociations... rien n'aboutit. Proclamation de la loi martiale. Intervention de l'armée, notamment des chars, pour faire face aux barrages édifiés par les étudiants. Puis ce fut le massacre.

Du 15 avril 1989, jour de la mort de Hu Yaobang, au 4 juin 1989, jour où l'armée tire, nous étions peu à nous intéresser à ce qu'il se passait. Du 5 juin 1989 au 20 juin 1989, ce ne furent que batailles, émeutes, résistances, affrontements sur les barricades, condamnations à mort, exécutions officielles.

Un événement majeur, gonflé d'espoirs et d'énergies, inspiré et soutenu par de grands hommes politiques. Et puis la photographie de celui que le monde entier surnomma Tank Man, qui dans geste aussi désespéré que courageux, stoppa cette colonne de chars.

Depuis lors, aucune image n'a eu le même impact sur moi, un impact aussi fort que celui d'une balle.
Aucune, pas même celles du 11 septembre, du Tsunami, de je ne sais quelle catastrophe.
Rien pour moi, ne produit le mêle impact que le courage des hommes bravant tout pour de nobles idées.

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01 juin 2009

Jusqu'en enfer

Jusqu_en_enferSi tu avais été plus généreuse...

Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège...

Un film de Sam Raimi, ça fait toujours du bien, ça rajeunit, et le frisson mâtiné de second degré est assuré. Quand de plus le film fut dans la sélection officielle du Festival de Cannes, la curiosité est aiguisée.

A 50 ans, Sam Raimi a déjà derrière lui une belle réputation de réalisateur, qui va du classique "Evil Dead" aux très intelligents "Spiderman", en passant par "Darkman" et "Pour l'amour du jeu". Mais il fut aussi le co-producteur pour John Woo avec "Chasse à l'homme", et co-scénariste pour les Frères Coen dans "Le Grand Saut". On l'aura compris, Sam Raimi a plus d'une corde à son arc.

"Jusqu'en enfer" pourrait se présenter comme un excellent petit film d'horreur, condensant avec jubilation tous les clichés du genre, en les affublant d'un second degré à hurler de rire. C'est comme si Sam Raimi avait délibérément choisi de tourner "à l'ancienne", pour mieux permettre l'éclosion de son drolatique humour noir. La magnificence des effets spéciaux n'est pas le souci majeur d'un réalisateur de la trempe de Sam Raimi dans un film tel que celui-ci. Et c'est tant mieux.

Mais le film ne s'arrête pas là, et, à y regarder de plus près, il saisit parfaitement quelque chose de l'air du temps que Sam Raimi parvient à attraper au vol, pour mieux servir la pertinence de son film. Le petite employée de banque souhaitant vivement sa promotion au détriment de son récent collègue chinois, qui joue effrontément à se prendre pour une grande banquière, manque un jour de compassion, par ambition. Le clin d'oeil à l'actualité n'est pas bête...

Elle est parfaitement incarnée par Alison Lohman, qui s'est précédemment illustrée dans "Big Fish" de Tim Burton en 2004, "La Vérité Nue" d'Atom Egoyan en 2005, dans "Delirious" de Tom DiCillo en 2007. Son jeu n'est pas pataud, et semble s'amuser à entrer dans la peau de cette ex-grassouillette, reine de la fête du cochon, sur la route de la promotion sociale, aspirante parvenue. Fiancée au très fade et très riche fils de bourgeois coincés Clay Dalton (Justin Long, assez fade lui-même) qui devrait cependant lui assurer un bel avenir de carte postale de "l'american way of life"...

Sam Raimi semble nous dire, avec amusement, de ne pas oublier qui nous sommes et d'où nous venons, car nos origines sociales pourraient à tout moment nous sauter au visage, et nous ramener... jusqu'en enfer.

Dans son genre, Sam Raimi est un maître. Tous genres confondus, c'est un grand réalisateur.

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Looking for Eric

Looking_for_EricUn nouveau départ.

Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe.
Sous son nez, ses deux beaux fils excellent dans des petits trafics en tous genres, sa fille lui reproche de ne pas être à la hauteur et sa vie sentimentale est un désert.
Malgré la joyeuse amitié et la bonne humeur de ses collègues postiers qui font tout pour lui redonner le sourire, rien n'y fait...
Un soir, Eric s'adresse à son idole qui, du poster sur le mur de sa chambre semble l'observer d'un oeil malicieux. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ?
Eric en est persuadé, le King Cantona peut l'aider à reprendre sa vie en mains...

Il y a des cinéastes dont on attend la sortie du prochain film avec impatience. Ken Loach est de ceux-là. Pour ma part, j'aime sa fibre sociale, et je garde un excellent souvenir de chacun de ses films "sociaux" : Riff Raff, Raining Stones, Lafy Bird, My name is Joe, The Navigators, Bread & Roses, Just a Kiss, Carla's Song, It's a free world... Son regard sur le présent est toujours d'une grande acuité. Et pour se faire, il n'a pas oublié de se tourner aussi vers le passé : Fatherland, Land & Freedom, Le vent se lève. Logique qu'il ait été salué dans nombre de festivals.

Ce film présente une première originalité : ses sources de financement sont multiples, de Grande Bretagne, de France, d'Italie et de Belgique. Sa seconde originalité est d'essayer de redonner un peu le sourire aux téléspectateurs, ce à quoi le réalisateur ne nous avait pas habitués. Une comédie sociale et romantique, avec aussi du drame, de la magie, et de la Fraternité.

Belle distribution, que Ken Loach soigne toujours : Peter Evets et Stephanie Bishop sont excellents. Et la présence d'Eric Cantona, qui semble jubiler au jeu de l'auto-dérision, pimentée de quelques aphorismes hilarants, fait le sel du film. J'aime beaucoup Eric Cantona, mais il me tardait de le voir en face d'acteurs différents de Villeret, Serrault... dans des films français sans grande qualité. Il n'y eut que dans "L'outremangeur" de Thierry Binisti, en 2003, qu'il eut un rôle à sa (dé)mesure. Et même si Cantona joue Cantona, c'est un travail magnifique.

Comédie ou pas, Ken Loach reste un grand réalisateur, capable d'obtenir de ses comédiens, une gamme d'expressions, de sentiments et de sensations du quotidien, admirables. Il sait, et il est un des seuls, ne pas caricaturer les classes modestes. Je sui en sais infiniment gré.

Comédie ou pas, Ken Loach ne se départit pas de sa fibre humaniste et sociale, dans un assaut final mu par la Fraternité qui lie le protagoniste principal à ses copains, dans un souffle burlesque presque jubilatoire.

La légèreté du film ne saurait desservir sa profondeur. Ken Loach est un maître.

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