Anti mariage gay 4

Les lois se pensent, s'écrivent et se votent a posteriori.

Les anti-mariage gay veulent faire avaler aux plus simples d'esprit et aux plus pétris de haine que la loi sur le mariage gay a pour but de CRÉER de nouvelles structures familiales avant qu'elles n'existent, donc que ce serait une loi A PRIORI.

Mais ce n'est pas ainsi que le législateur fonctionne. Il regarde la société telle qu'elle est, observe ses changements, et légifère pour respecter les piliers philosophiques, et désormais constitutionnels, qui nous régissent, à commencer par la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité, etc...

Depuis longtemps vivent des familles "différentes", autrement dit ne correspondant pas au canon de "la" (?) famille dite "traditionnelle". Or, ces familles, car ce sont bien des familles, composées de parents et d'enfants, n'entrent pas dans les "cases" existant actuellement dans la loi. Tel est le constat, et ces familles n'étant pas illégitimes, il faut légiférer selon nos principes partagés sus-cités.

Notons, par ce que c'est fondamental, qu'il ne s'agit en rien de supprimer des droits à quiconque, mais bien de donner les mêmes droits à d'autres (mariage et adoption en couple), à celles et ceux qui ne les en ont pas, et qui s'en trouvent discriminés au seul prétexte d'une orientation sexuelle, ce qui demeure illégal. Brandir le Code Civil comme le font Barjot, Bourges et Boutin ne sert à rien (ne VAUT rien), car il faut leur rappeler qu'il existe aussi un Code Pénal, dont on ne saurait s'émanciper, et qui interdit et punit toute incitation à la haine, ce à quoi nous assistons.

Anti mariage gay 3

Les opposants, en exhibant leur progéniture avec des sourires baveux de parturiente, nous racontent qu'opérer à une égalité en droit de toutes les familles va bouleverser notre société. Cela ne rime à rien du tout puisque ces familles "différentes" existent déjà, et qu'elle n'ont - force est de le constater - rien bouleversé du tout, ni même remis en cause les familles dites normales.

- Pour ce qui est du patronyme. Chacun sur son passeport peut avoir un nom (par exemple celui du géniteur-père ou de l'adoptant-père), mais aussi un "nom d'usage" (par exemple celui composé des deux patronymes de chacun des deux pères). Je le sais, ayant moi-même un nom d'usage qui n'est pas mon nom. Le problème du patronyme est déjà réglé concernant le passeport, et il ne sera pas problématique de faire en sorte qu'il en soit de même sur la carte nationale d'identité. Il ne faut pas s'inventer des problèmes qui n'existent pas.

- Pour ce qui est du patrimoine. Deux pères avec deux enfants peuvent tout à fait créer une SCI en quatre part égales, un part pour chacun des pères, un part pour chacun des enfants. C'est conforme aux lois existantes, et cela ne chamboule rien à notre ordre sociétal. Mais c'est encore une complication injuste imposées à ces familles "différentes".

- Pour ce qui est de l'adoption, ce ne sera que la levée d'une totale hypocrisie. En effet, aujourd'hui, tout célibataire peut adopter légalement, à la condition d'accepter la règle du "don't ask, don't tell", comme dans l'armée étasunienne. Et si un-e célibataire homosexuel-le peut adopter, il n'y a pas le moindre fondement à vouloir interdire l'adoption à un couple d'homosexuel-le-s. Ce serait prétendre qu'un seul parent est préférable à deux parents, ce qui n'a aucun sens. 

- Pour ce qui est de la PMA et de la GPA, là encore, c'est faire usage de propagande que de dire qu'il y aura un grand chambardement de notre société. La PMA sera régie de la même façon pour tout le monde, tandis que la GPA restera interdite pour tout le monde en France. Et venir prétendre que "logiquement" la GPA sera légalisée un jour, c'est s'amuser à faire oeuvre de propagande : elle restera encore longtemps un service capitaliste réservé aux plus aisés, hétérosexuels comme homosexuels, qui pourrons se l'offrir, en louant un être humain.

Anti mariage gay 1

Le législateur observe et considère aujourd'hui qu'il faut "normaliser" A POSTERIORI ces familles, en leur proposant, comme à toutes les autres, soit l'union libre, soit le concubinage, soit le PACS, soit le mariage, afin que l'égalité en droit soit rétablie. Le législateur constate donc une inégalité en droits alors que "les hommes naissent et DEMEURENT égaux en droit", et veut, parce que le suffrage universel l'y a autorisé, mettre fin à cette inégalité. Car oui, le suffrage universel a dicté son verdict il y a quelques mois, et le législateur est de facto légitime à agir vers l'égalité en droit de tous les couples et de toutes les familles. Dire le contraire, c'est s'enferrer dans le DÉNI DE DÉMOCRATIE. Et ici, l'UMP devrait se taire puisque son président actuel, Jean-François Copé, a été élu par forfaiture et tricherie, en ne décomptant pas toutes les voix, ainsi que l'a rappelé son principal adversaire, François Fillon, ce qui est désormais avéré.

NON ! Contrairement à la litanie - souvent haineuse - répétée à l'envi depuis des semaines et des semaines, il n'y aura pas le moindre chamboulement des structures familiales, il n'y aura pas la CRÉATION A PRIORI d'une structure familiale nouvelle, et il n'y aura pas mise sens-dessus-dessous de la "cellule de base de la société" qu'est supposée être la "famille traditionnelle". (De quelle tradition laïque parle-t-on ? Qu'on me le dise !).

LA LOI VA DONC RÉPARER, MAIS NI CONSTRUIRE, NI DÉMOLIR !

Les anti-mariage gay feraient bien de nous expliquer philosophiquement pourquoi, d'un point de vue civil, laïc, et légal, une inégalité en droit devrait persister, aors que des dizaines de milliers d'enfants déjà parmi nous en sont les victimes ! Et ce d'autant plus que LEUR structure familiale "traditionnelle" n'est qu'un rafistolage de texte religieux, les textes le rappelant implacablement, la date étant connue, un rafistolage essentiellement dû à un impératif pécuniaire !

Aucune famille existante ou à venir, pour quelque raison que ce soit, n'a à affronter plus longtemps une inégalité en droit, à se voir infliger un sous-statut laïc et juridique au seul prétexte d'une infériorité inscrite dans des textes religieux.

Anti mariage gay 5

Ensuite, il est important d'y revenir, il convient de s'interroger sur qui sont exactement les anti-mariage gay. Pour la plupart, essaie-t-on de nous convaincre, ils ne sont pas homophobes. Soit. Mais, d'une part ce n'est pas ce que j'ai entendu et vu lors de leurs manifestions, d'autre part, même s'ils ne sont pas homophobes, ils portent un responsabilité majeure, puisqu'il ont accepté de défiler aux côtés d'homophobes avérés et même revendiqués !

On ne doit pas s'allier pas parce qu'on a la même opinion, on s'allie parce qu'on partage le raisonnement qui aboutit à cette opinion. Alors, si parmi les anti-mariage gay il faut compter des hommes et des femmes réellement non-homophobes, ces derniers n'avaient pas à s'enthousiasmer et se satisfaire, lors de leurs manifestations, de voir leurs rangs grossir par des homophobes revendiqués. (Quand je suis contre une UE ultra-libérale et financière, qui affame les peuples à cause d'une austérité qui va au-delà du supportable, je ne vais pas, moi, manifester avec le FN !). 

Anti mariage gay 2

Il y a là aussi la continuation d'une escroquerie intellectuelle. On peut tourner la chose dans tous les sens, il faut avoir le "coeur fraternel" bien accroché pour manifester, quand on se prétend non homphobe, la main dans la main avec tous les intégristes religieux (catholiques, juifs, musulmans et freudiens), mais aussi avec toutes les composantes de "Printemps Français". Ce conglomérat - popularisé par l'agence internet Novopresse (une création de Patrick Buisson !) qui distille sa propagande partout - regroupe des vieillards d'Occident, des rescapés du GUD, Ordre Nouveau, Bloc Identitaire, Riposte Laïque, etc, etc... On voudrait nous dissimuler la fongibilité avérée d'une partie de l'UMP dans le FN qu'on ne s'y prendrait pas autrement. La ficelle est un peu grosse...

Double escroquerie intellectuelle donc : il s'agit bien, dans le cadre de la loi sur le "mariage pour tous", de réparer des lois qui font perdurer une inégalité en droit qui n'a pas lieu d'être et supprimer des injustices, et non pas de créer de nouvelles familles qui vont bouleverser notre société ; il s'agit bien de constater que ceux qui contestent cette avancée en droit approuvent les inégalités, pour des raisons homophobes, au moins tolérées quand elles ne sont pas revendiquées. Point.