Conchita Wurst

Aujourd'hui, je suis une Saucisse.

C'était assez prévisible, mais c'est désormais acquis, Conchita Wurst a remporté le concours de l'Eurovision.

Comme je l'ai déjà écrit, ce ne sont ni la musique, ni la chanson, ni même la voix (plutôt belle au demeurant) qui ont gagné ce concours, supposé être un courcours de chant. Ce n'est pas non plus le talent et la qualité de l'ensemble des autres candidats - le niveau est globalement déplorable - qui risquait de venir entraver cet évident pronostic.

Notez que je n'ai pas eu le coeur de regarder totalement, puisque sur une chaîne concurrente, pour mon plus grand plaisir, Gérard Filoche était l'invité principal de la plutôt sinistre émission "On n'est pas couché". Et près d'une heure en compagnie de Gérard Filoche, je ne voulais pas rater ça. Pour rire toutefois, avant et après, j'ai un peu regardé.

Il ne faudrait pas se cacher derrière son petit doigt, même si j'ai inscrit cette petite chronique dans la rubrique "Musique", c'est pour Conchita Wurst, et surtout pour ceux qui ont voté pour elle, une victoire politique.

Est-ce que Conchita Wurst a gagné ? Je l'ignore. Mais d'évidence, celles et ceux qui critiquent, haïssent, abhorrent ce qu'est et ce que représente cette belle Saucisse internationale ont perdu. Et ils sont pléthore : d'abord Vladimir Poutine, s'ensuivant tous les mouvements obscurantistes et homophobes qui nous ont pondu des poncifs aberrants sur une "théorie du genre" qui n'existe même pas, qui ont osé, comme il y a bien longtemps, qualifié l'homosexualité d'abomination, etc... Chez nous, en France, la "Manif pour Tous", les Boutin, Bourges et Barjot avec leur meutes baveuses.

C'est donc la tolérance qui a gagné hier. Et n'allez pas penser (ou croire) que "tolérance" est un mot creux, "politiquement correct" (?), issu de la "bienpensance" (?), ce serait une grave erreur. Tolérance, bienveillance, empathie, main tendue, hospitalité, etc... ça n'a rien de gnangnan, même si l'hémispère droit de tous les échiquiers politiques du monde nous le martèlent.

Conchita Wurst est un travesti flamboyant, qui ose la robe de Dalida et la barbe parfaitement taillée, et elle a toute sa place parmi nous. Avec bonheur, hier soir, le temps d'un concours de chant (très) mâtiné de politique, c'est la première qui lui a été dévolue. Nous devons nous en réjouir.

Ce tantôt, j'irai boire un chocolat viennois.