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Comment résister ?

Sport et art sont éminemment politiques, et dans un même ordre d'idée, plus populaires peut-être, il en va tout autant de la mode, de la décoration, et de la gastronomie.

Sans doute, en vrac, la danse, le théâtre, l'opéra, l'escrime, le polo, une certaine forme de littérature et de cinéma, etc... ont gardé une forme de rigueur et d'exigence qui les préserve d''un nivellement par le bas.

On nous a rebattu les oreilles, probablement au départ avec d'excellentes intentions, avec la "démocratisation" de bien de ces activités humaines, mais au final, je doute que Jean Vilar repose en paix.

Pour ce qui est de la mode, féminine surtout mais aussi masculine, le prêt-à-porter populaire n'est plus qu'une vague copie de ce qui émane de l'imagination des créateurs, qui un coup vont puiser dans l'attirail de prostituée d'antan, du punk des années 1970, des tenues des ouvriers parce qu'il disparaissent, voire même des étoffes et des motifs plus paysans, et bien entendu, le fameux street-wear qui nous apporte des joggings et des combinaisons de ski estampillés Chanel, Dior, etc...

Pour ce qui est de la peinture, il n'a jamaus été question d'apprendre au peuple pourquoi Altdorfer, Dürer, ou Rembrandt son majeurs, mais de livrer aux masses des oeuvres faciles à comprendre immédiatement, celles de Di Rosa, Combas, Haring, Koons, etc... 

La gastronomie, c'est bien simple(t), chacun par le truchement de multiples émissions de télévision, peut se persuader qu'il est un super chef, un master chef, le nouveau Karajan d'une batterie de cuisine en cuivre, parce que la TV l'a dit. Reste et demeure que ce qui n'est pas bon reste dévolu aux plus modestes, et que le bon ne commence qu'au seuil de la bourgeoisie aisée, qui va jusqu'à faire l'éloge des fruits et légumes moches, dans un élan de snobisme qui voudrait occulter chaque botox party d'où ne ressortent que des faces tendues et uniformes sans goût.

Il fait beau à Paris ces derniers jours, ce qui a multiplié mes envies de promenades. Ce qui m'a valu de trotter à La Madeleine, où je n'ai pas pu résister à l'appel du beau et du bon, même si comme pour la plupart, les temps ne sont pas aux courses dispendieuses. Je ne suis pas envieux, ce qui me soustrait aux regrets et aux frustrations.

Et que voulez-vous, jusqu'à ce jour, Hermès reste Hermès, Ladurée reste Ladurée, Fauchon reste Fauchon, et Hédiard reste Hédiard ! Ce que ça fait du bien de voir et de sentir toutes ces merveilles, même si au final, ça se termine avec "seulement" trois pâtes de fruits à la figue, deux madeleines, et deux macarons à la rose dégustés tranquillement sur un banc ensoleillé en face du Théâtre du Rond-Point, sur les Champs Élysées.

Ne manquaient que les aubépines.