TwiggyLe nouveau corps.

Il y a environ 40 ans apparaissait en Angleterre, Twiggy, la brindille, sur la couverture des magazines. Ce fut tout un ramdam. Une nouvelle silhouette voyait le jour.

Certes, il y eut Madeleine Vionnet, Coco Chanel, Simone de Beauvoir, Miou-Miou qui ont toutes trois, dessiné les contours de la femme moderne. Libération, théorisation, affirmation. Et depuis, nulle autre que Twiggy n'est parvenue à symboliser aussi bien ce corps filiforme d'une grâce de colibri.

Toujours copiée, mais probablement jamais égalée. Seules, mais dans une moindre mesure, Kate Moss et Vanessa Paradis, n'ont pu prendre la relève. La minceur, l'élégance renouvelée, la nonchalance, sans jamais se départir d'une sorte d'effronterie toujours d'actualité.

Avant, il y eut des femmes. Twiggy a incarné la jeune fille, charriant toute la liberté de la jeunesse, une incarnation de la fougue et de la moue boudeuse, toujours divinement vêtue, avec dans l'attitude, un je ne sais quoi de simplicité désarmante.
Je ne suis pas passéiste. Pourtant, l'absence totale de vulgarité chez Twiggy a fait date. Au delà d'un style, Twiggy a porté un temps, une époque, une nouvelle façon d'être femme. Elle ne jouait pas à "la dame", n'était pas transformée en sapin de Noël orné de marques, n'était pas muée en présentoir écervelé.

Twiggy_portraitCet immense regard avait su photographier son temps, et était parvenu à lui imprimer définitivement sa façon d'être. Elle ne s'en laissait pas compter, la brindille ! Et son corps parfait, dont les mensurations avaient défrayé les chroniques, est resté, jusqu'aujourd'hui, un modèle.

Il conviendrait que les jeunes filles et les jeunes femmes de 2008 (bientôt 2009) en reviennent à la liberté de corps de Twiggy. Refuser les contraintes absurdes et les assauts de vulgarité, pour accepter de porter en elles toute la fantaisie qui sied à leur âge. Voir aujourd'hui la jeunesse essayer de camper une vieille peau liftée, les poches pleines de billets de 500€, a quelque chose de désolant, d'effrayant aussi.

Pour ma part, je refuse de troquer la femme moderne que fut Twiggy contre je ne sais quelle trousseau de valeurs vieillottes, à peine digne du XIXème siècle. Toutes les "Mademoiselle Verdurin" d'aujourd'hui m'ennuient. Je suis bien trop féministe pour pouvoir trouver ça acceptable.

Regardez Twiggy, sautez dans vos grolles les plus rapides, glissez dans votre robe la plus amusante, peignez votre regard, et filez arpenter la ville. Il sera toujours temps de voir venir le triste instant où vous troquerez le prince charmant fougueux pour un époux plein aux as !

Twiggy, reviens !