Pr_nom... il y a le prénom.

Tout a probablement été dit sur la difficulté de "donner" un prénom à son enfant, et de l'importance qu'il pourrait revêtir tout au long de sa vie. Car derrière le prénom se trouve souvent une catégorie sociale (ou une prétention de catégorie sociale), une culture, un niveau de savoir, une situation géographique, etc...

Parfois, derrière une fratrie, et même derrière une famille au sens large, on perçoit clairement tout un contexte culturel, social, géographique. On sait parfaitement que certains prénoms, révélant leur origine, peuvent être discriminants. On ne peut plus quantifier les études sociologiques qui ont paru sur le sujet.

Jennifer, Kimberley, Brandon et Ryan, s'ils ne sont pas d'origine anglo-saxonne mais "français bien chez nous" ont été conçus devant des soaps américains à haute valeur intellectuelle. Ce sont "Amour Gloire et Beauté" ou "Les Feux de l'Amour" qui auront inspiré ces choix de tout premier ordre, qui pourraient condamner toute la marmaille à un avenir... terne. Ce n'est pas parce qu'on se prénomme Jennifer qu'on écope d'un handicap, c'est parce qu'on a une mère qui a eut le bon goût d'accorder cette faveur !

Marie, Charles, Louis et Constance connaissent les jupes à plis et les bermudas de flanelle, habitent le 92 ou le 78, peut-être même la Bretagne ou la Vendée, voire une ville bourgeoise de province comme Orléans et Bordeaux, et devraient fournir des électeurs à l'UMP dans quelque quinze ans. Arnolphe, Léandre, Hélène et Zerbinette ne devraient pas complètement rater leur cursus scolaire, pas loin de Louis Le Grand à Paris ou de Pierre de Fermat à Toulouse, même s'ils ne sont pas déguisés en Baby Dior. Probablement des gosses d'enseignants. Dans 5 ans leurs prénoms seront peut-être à la mode à Sartrouville. Etc, etc...

=> Et puis il y a la famille F., ma famille, dont le nom est suffisamment rare pour être repéré depuis le Japon, l'Algérie, la France, la Grèce, la Pologne, l'Israël. Moins de 100 personnes vivantes (en tout) avec le patronyme F. qui forment une sorte d'O.N.U. familiale : des prénoms qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, et ça me fait rire.

=> Laurent, Stéphane, Nathalie, Sarah, Barbara, Abdelaziz, Tony, Ghozlene, Sadi, Thomas, Anastasius, Franck, Kimiko, Las, Rita, Juwita, Jean-Paul, Eilinis, Sofiane, Karima, Albert, Michel...

=> Avec ça, faire du décryptage sociologique, culturel, géographique, etc. ça ne doit pas être très facile.