Fin_de_moisQuand tout commence le 2 du mois !

Il semble qu'il est toujours de bon ton, quand on est un politique, un journaliste, et plus généralement une personne qui a la possibilité d'avoir un écho dans les media, pour avoir l'air de s'intéresser aux catégories défavorisées, de présenter une sorte de "protocole compassionnel" qui consiste à évoquer les fins de mois difficiles de ces pauvres gens.

Or, à mon sens, c'est là n'évoquer que les classes moyennes, qui n'ont semble-t-il qu'un seul but : l'embourgeoisement. Ces classes moyennes ont certes des problèmes de fins de mois, et il conviendrait d'y remédier au plus vite, par des résolutions économiques et sociales de grande envergure.

Mais ce discours sur les fins de mois difficiles a le volontaire talent de cacher, de dissimuler, un problème autrement plus important. Beaucoup en effet se contenteraient de fins de mois difficiles, pour ne plus avoir à souffrir de mois entiers difficiles.

Sans aller jusqu'à évoquer ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un emploi, ce qui fait déjà plusieurs millions de personnes, il faut évoquer ceux qui ne perçoivent, pour rémunération de leur travail, que le SMIC. Une fois payés le nécessaire, cette litanie de dépenses incompressibles (loyer, assurance, crédit, électricité, téléphone, internet...), qu'en est-il de leur "reste-à-vivre" ? Dès le début du mois, c'est le découvert bancaire, avec lequel il convient de composer, en se privant de tout, souvent même d'une alimentation correcte et d'un recours aux soins, pourtant élémentaires.

On ne peut plus dénombrer les personnes pour qui chaque mois, qu'il soit en son début ou à son terme, est une difficulté tout entière. Et cette proportion croissante de la population devrait connaître, car elle le mérite, un écho médiatique plus important, pour que soit connu leur triste sort. Et ce devrait être un impératif des partis de gauche que de remettre sur le devant de la scène, ces oubliés, ces ignorés.