Grolsch

À la vôtre !

Étrange période... Le soleil est capricieux à Paris, particulièrement parcimonieux ; l'âme est grise à cause du succès du FN (à relativiser toutefois) aux élections européennes sur la base de haines rances (tiens, personne ou presque n'a souligné le fait que les pays les plus touchés par la crise n'ont pas voté massivement pour l'extrême-droite ?) ; l'intelligence est meurtrie parce qu'on ne peut plus rien dire sur Angela Merkel et l'Allemagne et leur poids évident sur les politiques de rigueur/austétérité sans être qualifié de "germanophobe" alors que dans le même elle est considérée comme, je cite, "la femme la plus puissante du monde" (la plus puissante, mais ne pesant pas sur ces politiques économiques et anti-sociales, je ne comprends pas la cohérence) ; il faut désormais se contenter de commentaires de données comptables (on ne peut plus parler d'Économie à ce niveau d'indigence, et moins encore de Politique !) ; on ne peut que murmurer discrètement qu'une part des dépenses de recherche, d'éducation et de santé publiques sont des dépenses d'investissement, et nom pas de fonctionnement, ce qui rend caduc, carrément supide même, le dogme des 3% de déficit ; etc...

À titre personnel, même si les anniversaires sont nombreux en ce moment - Véro, Jérôme, Ivan, Noémie, Gabriel, Guillaume, Gilles, et moi en l'espace de quelques semaines - je peine à percevoir, malgré mon atavisme à regarder les verres à moitié pleins, de quoi mettre du baume au coeur.

Je pense en premier lieu à mes proches sur qui pèsent de sérieuses difficultés, Miss Patty, ZaZa, et Dottie notamment, qu'il m'est impossible d'alléger. Mes boyaux qui me torturent chaque matin avec une impertinence insolente, ne pouvant rien y faire, condamné à attendre que mon coprs soit dompté par le nouveau traitement...

Alors hier tantôt, sorti de l'hôpital, je suis allé me promener dans Paris, le soleil ayant daigné nous réchauffer un peu. Un détail, minuscule, sur l'ardoise dans le bistrot à côté de Beaubourg, le nom d'une bierre à la pression, ordinaire, un peu ambrée, néerlandaise, que je ne connais pas : Grolsch. Allez savoir pourquoi, ça m'amuse ce nom.

Pas question de noyer la griserie au fond du houblon, juste sourire au soleil. Grrrrr !