RabiaRomance claustrophobe.

Madrid. Rosa et José-Maria, immigrés sud-américains viennent de se rencontrer lorsque ce dernier provoque la mort de son chef de chantier. Il doit alors se cacher et trouve refuge à l'insu de tous dans la grande maison bourgeoise où Rosa est employée comme domestique. Rosa malgré elle va devenir le centre de tous les fantasmes.

Parrainé par Benici Del Torro, Sebastian Cordero nous propose une deuxième film, après "Investigations" ('Cronicas") en 2004, qui touche à plusieurs thématiques intéressantes : satire de la bourgeoisie, chronique sociale, thriller psychologique, histoire d'amour, immigration...

Nous sommes devant une sorte de mélodrame fantastique, filmé en huis clos, au carrefour entre Kafka et Bunuel, particulièrement oppressant, dans une atmosphère délétère qui fascine presque jusqu'au vertige. Il en résulte une angoisse progressive, qui finit par prendre aux tripes, tant on ressent la fureur de vivre des protagonistes.

Le portrait qui est fait de la famille bourgeoise est particulièrement cruel, même s'il n'échappe pas à certains clichés, notamment dans les contours du personnage du fils chouchouté par ses par ses parents, mais qui porte en soi, lui aussi, des frustration qui le conduisent à vouloir posséder la bonne.

Le plus intéressant dans ce film tient essentiellement à deux choses : premièrement la métaphore sur la condition de l'apatride qui n'a d'autre choix que la soumission ou la fuite, et deuxièmement l'étrange combinaison d'éloignement et de proximité entre Rosa et José-Maria. Ce dernier, condamné au voyeurisme, connaît en lui le développement d'une "rage" (celle du titre) qui nous terrorise.

L'interprétation de Gustavo Sanchez Parra est particulièrement admirable, parfois animale. Il est soutenu par Martina Garcia toute en douceur et en inquiétude, et dont la carrière internationale devrait connaître un certain essor.

Je ne peux que conseiller ce film, non pas tant parce qu'il est particulièrement réussi, mais parce qu'il propose une atmosphère très réussie, oppressante, exploitant à merveille le cadre du huis clos.