The_TripUn road-movie gastronomique.

Deux vieux amis (à la vie comme à l'écran) entreprennent un tour d'une semaine des restaurants romantiques dans la campagne anglaise après que la petite amie de l'un d'eux soit partie aux USA.

A l'origine de ce film, il y a trois amis, Mickael Winterbottom, Steve Coogan et Rob Brydon, qui ont réalisé et interprété une série TV de six fois une heure (six escales gastronomiques). Le film est un résumé de la série. Evidemment, les escales gastronomiques ne sont que le prétexte à ce voyage dans le nord de l'Angleterre et à des dialogues désopilants, tout imprégnés de "bristish humour", et rythmés de façon éclectique, entre Joy Division et Abba.

Les liens d'amitié de ces trois hommes sont anciens déjà, et donnent lieu aujourd'hui avec "The Trip" à leur troisième collaboration cinématographique après "24 Hours Party People" en 2003 et "Tournage dans un jardin anglais" en 2006. 

Michael Winterbottom, alors qu'il n'a que 50 ans, a déjà derrière lui une imposante filmographie, et six films en chantier : c'est un stakhanoviste du cinéma, politiquement très engagé, mais ayant abordé des thématiques et des styles très différents. Outre les films sus-cités, on compte dès la fin des années 1980 et dans les années 1990, "Butterfly Kiss", "Jude", "Go Now !", "Welcome to Sarajevo", "Redemption", "Code 46"... Ensuite, suivirent "The Road to Guantanamo", "Un coeur invaincu", "Un été italien", "la stratégie du choc", et le très bon "The Killer inside me" en 2010, offrant à Casey Affleck un rôle où il se révéla époustouflant.

Steve Coogan, dont le modèle reste Peter Sellers, est un excellent acteur comique. Il a tenu des rôles plus "classiques" dans "Coffee & Cigarettes" de Jim Jarmusch en 2004, "Marie Antoinette" de Sofia Coppola en 2006. Mais il a surtout excellé dans "Tournage sous les Tropiques" de Ben Stiller en 2008, "In the loop" de Armando Iacobucci en 2009, et l'an dernier dans "Very bad cops" de Adam McKay. Et ici, encore une fois, il est particulièrement sémillant.

Rob Brydon est un imitateur très connu en Grande Bretagne. Je l'avais découvert en 1998 dans "Arnaques, crimes et botanique" de Guy Ritchie, puis retrouvé dans ses collaborations avec Michael Winterbottom et Rob Brydon. Son sens de la répartie fait mouche à chaque chaque fois, et il est éblouissant dans la scène ou Steve et lui font une espèce de concours de la meilleure imitation de Michael Caine (entre autres).

Voilà donc un film très réussi, qui parvient à maîtriser l'art du mélange de la réalité et de la fiction, à nous faire goûter à l'humour anglais à haut débit, à nous faire (re)découvrir les paysages du nord de l'Angleterre, et à nous convier à une joute verbale, et amicale, très réjouissante, où se dessinent aussi les petites déceptions de la vie d'artiste.