Jobs__t__2011Eté trépidant !

D'accord, l'été n'est pas encore terminé, mais le retour au boulot, c'est quand même un peu la fin de l'été, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise.

Les "événements" n'ont pas manqué cet été : les USA qui perdent leur AAA selon l'agence de notation Standard & Poors, le problème des déficits et des dettes publics, les avancées des insurgés libyens, Mouammar Takieddine retranché on ne sait où, la petite canicule française, le yoyo du CAC40, les impératifs d'une subite "règle d'or" piégée après 4 ans de gabegie, le dossier Ziad Takieddine qui ne cesse de s'étoffer, le surcroît de morts en Afghanistan, les chassés-croisés des vacanciers, les JMJ à Madrid, la famine dans la corne de l'Afrique, le sort de DSK et ses hypothétiques conséquences, les très riches qui veulent contribuer davantage, les Journées d'Eté du PS à La Rochelle, l'ouragan "Irène" qui menace la côte ouest des USA, des médailles dans je ne sais plus trop quels sports, etc... 

Moi, je rêvais de voir Buenos Aires et la casbah d'Alger. Je suis loin du compte ! Je suis quand même allé passer une demi-journée chez mon ex-collègue Cath'Woman, à la campagne, du côté d'Anet. Et j'y ai pris des couleurs. J'ignore à qui j'ai "pris" ces couleurs, mais puisque c'est ainsi qu'il fait dire... Ma première semaine en soins médicaux pour voir si toute la tuyauterie tient le coup, des films, des livres, des journaux, des promenades un peu partout dans Paris, les inévitables passages administratifs à la banque, au Trésor Public, à la CAF, à la Sécurité Sociale, à la Mairie de Paris...

Mais surtout, pendant que l'actuel locataire de l'Elysée était supposé "faire son job" (?) depuis le Cap Nègre sous le regard niais de parturiente de son épouse, j'ai assumé un "job d'été". C'est donc ça la France de Sarkozy, un job d'été à 48 ans ! J'ai donc assumé ma tâche noctambule d' "homme de ménage" dans un hammam entre la Place de Clichy et la Place Pigalle. C'est assez loin du tango et des bandonéons argentins, comme des traces de Yacef Saâdi, Abane Ramdane et Larbi Ben M'Hidi, mais ce sont les nouvelles "réalités".

Et finalement, même si mon été n'a été qu'une peau de chagrin, qui chaque jour rapetissait au gré de son affrontement avec toutes les "nécessités", je ne regrette pas qu'il en fut ainsi. Je regarderai rétrospectivement cet été un peu comme je regarde le tableau "El tres de mayo de 1808 en Madrid" - intitulé aussi "Los fusilamientos de la montaña del Príncipe Pío" ("Les fusillades du 3 mai") - de Francisco De Goya terminé en 1814 et exposé au Prado, à Madrid. Autrement dit, ce n'est pas uniquement pour des raisons philosophiques que je voterai en 2012, mais aussi pour des raisons personnelles, comme si un fusil avait été pointé sur moi.

Un job d'été à 48 ans, "nocturne homme de ménage dans un hammam parisien", c'est aussi un acte de résistance.