La Vierge, les Coptes et moi

On peut rire de la religion...

Namir part en Égypte, son pays d'origine, faire un film documentaire sur les apparitions miraculeuses de la Vierge au sein de la communauté copte chrétienne.

Comme dit sa mère «Il y a des gens qui la voient, il y a des gens qui ne la voient pas. Il y a peut-être un message dans tout ça.»

Très vite l'enquête lui sert de prétexte pour revoir sa famille, et pour impliquer tout le village dans une rocambolesque mise en scène…

Namir Abdel Messeeh nous propose un film très original : c'est un "documentaire-comédie". On est tout de suite embarqué avec lui, et sa mère Siham Abdel Messeeh (épatante), et on assiste à une oeuvre de cinéma en création, c'est à dire qu'on voit le film se construire sous nos yeux, et il y a dans cette démarche, quelque chose non seulement de très intéressant, mais surtout de passionnant, presque haletant.

Car ce qui au départ ne devait être qu'un documentaire, se meut en oeuvre de fiction, à cause des imprévus du tournage. Et l'in comprend tout le travail de montage qu'a du faire le réalisateur afin que son film soit cohérent, sans que le spectateur ne perçoive les approches distinctes.

Namir Abdel Messeeh livre un premier long métrage plein d'autodérision et de profondeur sur sa famille, la foi des coptes et la puissance du cinéma.

Mine de rien, ce film osé, drôle, émouvant, en dit beaucoup sur la société égyptienne, les relations complexes entre coptes et musulmans, et le pouvoir magique, presque religieux, du cinéma.

Namir Abdel Messeeh va devenir un des réalisateurs de comédie avec lesquels il faudra compter.