Diana Vreeland

L'impératrice de la mode et... du style !

Diana Vreeland, une personnalité hors norme, brillante, excentrique, aussi charmeuse qu’impérieuse. Rédactrice en chef du Harper’s Bazaar puis de Vogue, elle régna 55 ans durant sur la mode et éblouit le monde par sa vision unique du style.

Diana Vreeland: The Eye Has To Travel est à la fois un portrait intime et un vibrant hommage à l’une des femmes exceptionnelles du XXème siècle, véritable icône dont l’influence a changé le visage de la mode, de l’art, de l’édition et de la culture en général.

Lisa Immordino Vreeland nous propose plus qu'une biographie de son arrière-grand-mère par alliance, car c'est bien d'une hagiographie dont il s'agit. Et c'est très bien comme ça, puisque Diana Vreeland, un peu à la manière d'un Oscar Wilde ou d'un Jean Cocteau (toutes proportions gardées), a théâtralisé sa vie, l'a mise en scène, allant toujours au-delà de la réalité, revendiquant une part d'extrême sophistication, de superficialité. En cela, bien que plus connue, Anna wintour n'est qu'une pâle copie, qu'un succédané, qu'un un ersatz de Dian Vreeland.

Le film s'appuie sur différents éléments visuels et sonores : des extraits de films, des photographies, des animations, des textes, des sons et de la musique. Aussi croise-t-on Wallis Simpson, Sergeï Diaghilev & Nijinski, Josephine Baker, Coco Chanel, les Beatles, Mick Jagger, Twiggy, Cher, Barbra Streisand, Angelica Huston, Catherine Deneuve, et beaucoup d'autres... 

Un documentaire essentiel qui comble certaines lacunes et qui contribue à comprendre, entre autres choses, les origines du Pop Art. C'est complet, vif, passionnant, et l'on traverse presque tout le XXème siècle (de la Belle Epoque à la culture pop) avec "l'impératrice de la mode", rendant justice aux intuitions visionnaires de celle qui a su accompagner, et même anticiper, sur papier glacé les bouleversantes mutations de son siècle. Ce documentaire revient certes sur la vie incroyable de Diana Vreeland, mais surtout sur ce que laisse le temps passé, marqué par des révolutions, qui ont irrémédiablement fait basculer le monde dans l'ère moderne.

Nous pouvons (devons ?) nous demander s'il y a encore de la place, aujourd'hui, pour l'originalité, l'extravagance, l'oeil visionnaire, l'amour de la jeunesse... que portait en elle Diana Vreeland. Comme si la vulgarité avait définitivement remplacé l'excentricité, ce qui ne serait pas sans expliciter cruellement certains des maux de nos sociétés occidentales modernes...