De la brièveté de la vie

Et Sénèque m'est revenu... pour MuMu.

Après avoir rempli plus de 40 cartons et plus de 40 boîtes à archives, ce qui ne consiste pas une activité à faire des vacances une période particulièrement enthousiasmante, une triste nouvelle nous est parvenue : notre collègue et amie MuMu est décédée dans sa cinquantième année.

Heureusement - si j'ose dire - je peux toujours compter sur ma ZaZa, sa délicatesse et sa sensibilité, pour aller fouiner dans ses archives, et retrouver une photographie digne de Martin Parr où elle nous apparaît à la fois pétillante et mélancolique, toute en sourire, nous faisant un petit signe de la main. Merci ma ZaZa ! 

Il a fallu aussi que je tombe, dans ma énième tentative de rangement, sur une boîte contenant des pochettes de photos, dont une contenait tous mes vieux tirages pour la promotion de feu mon 3615 MUMU dans "La Vie Parisienne". Décidément, ça ne s'invente pas !

J'ai épuisé mon stock de cartons, et je n'ai donc pas encore pu emballer tous mes livres. Et le hasard a voulu que je tombe aussi sur ce bon vieux Sénèque (à peu près contemporain de Jésus Christ), conseiller de Caligula puis précepteur de Néron, et précisément deux de ses essais philosophiques : "De Vita Beata" (La vie heureuse) et "De Brevitate vitae" (De la brièveté de la vie).

Comme le signifiait Charles Beaudelaire, nombre de "Correspondances" nous entourent. Et si présentement ce ne sont pas "les parfums, les couleurs et les sons (qui) se répondent", il aura suffi que je le sorte de la poussière pour que Sénèque vienne faire un bref saut de deux millénaires pour saluer notre amie disparue.

Demain, j'irai probablement au cinéma voir le sculptural Channing Tatum dans "Magic Mike" se trémousser à moitié nu devant les caméras de Steven Soderbergh. J'espère bien que lui aussi aura un petit clin d'oeil inattendu à m'envoyer pour Mumu.