La poussière du temps

Amours tragiques.

L’histoire d’un amour à travers le grand royaume de l’Histoire, des années 50 jusqu’à nos jours.

Un réalisateur américain d’origine grecque (Willem Dafoe) réalise un film sur le destin tragique de ses parents et leurs amours contrariés par l'Histoire au temps de la guerre froide. Pour son film, son enquête le mène en Italie, en Allemagne, en Russie, au Canada et aux États-Unis. Véritable voyage à travers le monde du XXème siècle et travail de Mémoire sur l’Histoire, une élégie sur la destinée humaine et l’absolu de l’amour...

Que seule vient troubler la Poussière du Temps...

Impossible de résister à ce nouvel opus de Théo Angelopoulos, tant j'avais été impressionné par, notamment, "Voyage à Cythère" en 1984, "Le Voyage d'Ulysse" en 1995, ou "L'Éternité et un Jour" en 1998. Et quand en plus, se mêlent le mythe d'Eleni et de l'amour absolu, l'Histoire, la mémoire, la quête du passé, l'exil.... Et la distribution magnifique, constituée, outre Willem Dafoe, de Irène Jacob dans le rôle d'Eleni (et ce à toutes les époques !), de Bruno Ganz, bouleversant dans le tôle de Jacob , Michel Piccoli dans le rôle de Spyros, prouvant qu'il peu absolument tout jouer, et Christiane Paul (Helga)... tous enveloppés par la superbe musique d'Eleni Karaindrou...

Rien que pour la scène, très audacieuse, où Jacob/Bruno Ganz, aux côtés d'Eleni/Irène Jacob, devant une barrière qui se lève, qui doit choisir entre suivre Eleni ou partir vers l'Israël pour construire la vie qu'il a toujours rêvée, le film vaut d'être vu.

Un beau et convaincant casting pour le nouveau film de Théo Angelopoulos. Une oeuvre forte, histoire d'amour tragique, que le cinéaste filme avec une poésie communicative. Mêler avec autant de grâce les grands sentiments aux crises de l'histoire relève de la prouesse, même si j'ai été beaucoup plus sensible à la périodes des années 1950 qu'à la période plus actuelle. 

Plans d'une grande force visuelle, présence appuyée de la neige et de l'hiver, scènes à l'onirisme puissant ou au symbolisme frappant : tous les ingrédients du cinéma de ce maître du cinéma sont réunis dans "La Poussière du temps".

C'est très beau, Angelopoulos maîtrisant toujours aussi bien son cinéma, les mouvements de foule comme les scènes plus intimes. Des images, des plans, des scènes d'une puissance émotionnelle dont on a parfois du mal à saisir la raison pour laquelle ils nous bouleversent autant.

Et rien que pour la scène où Jacob/Bruno Ganz, devant une barrière qui se lève, qui doit choisir entre suivre Eleni ou partir vers l'Israël pour construire la vie qu'il a toujours rêvée, le film vaut d'être vu.