Télé Gaucho

Et Victor devint adulte dans une télé pirate...

"Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous.

Jean-Lou (Eric Elmosnino), Yasmina (Maïwenn), Victor (Félix Moati), Clara (Sara Forestier), Adonis (Lionel Girard) Étienne (Yannick Chirat) et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires.

Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées... et ce fut ma parenthèse enchantée."

Entre 1995 et 2000, le réalisateur Michel Leclerc faisait partie d’une chaine de télévision associative, Télé Bocal. Le principe était le même que"Télé Gaucho", à savoir afficher une solidarité avec les mouvements sociaux et sociétaux, et créer une proximité avec les habitants du quartier. Fort de cette expérience, il a voulu retranscrire l’esprit de groupe propre à cette organisation dans un long métrage.

Félix Moati

Ah ! Quel joyeux bordel ! Quel sympathique foutoir ! Michel Leclerc n'a pas raté son coup d'après l'excellent film "Le Nom des Gens" ; il confirme qu'il est une voix à part dans le paysage de la comédie française contemporaine. Et si "Télé Gaucho", à vouloir exploiter de trop nombreuses pistes, souffre de quelques petites baisses de régime, les personnages, attachants, marginaux et franchement cocasses (Sara Forestier est à mourir de rire), servis par une distribution impeccable (avec le plaisir de découvrir un Félix Moati - cf photo - très prometteur dans un autre registre que celui de "LOL"), compensent aisément ce léger bémol.

Il flotte dans ce film un joli et doux parfum de nostalgie, beaucoup de dérision (Emmanuelle Béart, notamment, est épatante en caricature d'animatrice de TF1, tandis que Éric Elmonino et Maïwenn assument pleinement la caricature opposée), et un zeste pas désagréable de méchanceté pour une utopie un peu passée de mode, il faut bien le reconnaître.