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La devise républicaine "Liberté, Égalité, Fraternité" tend à devoir être sciemment REMPLACÉE par certains partisans de la "Manif pour tous" par une autre devise, "Travail, Famille, Patrie".

Ce n'est pas là un fantasme ou un égarement de mon esprit qui délirerait, mais un fait avéré, qui a été diffusé sur plusieurs antennes de radio, qui ont su placer leurs micros, hier, là où il convenait de les placer.

Reprenons :

- pour la "Patrie", vous vous souvenez du fameux débat sur l'identité nationale, avec tous les propos xénophobes, voire racistes, qui ont fleuri à l'époque, et qui ont même contraint le gouvernement de François Fillon à censurer près de 50% des commentaires publiés sur le site officiel de ce "débat" (!) pour des raisons de racisme ou d'incitation à la haine. Et pourtant, ce gouvernement était fort peu sourcilleux (Hortefeux, Vanneste, Morano, Guéant...).

- pour le "Travail", vous vous souvenez des auréoles dessinées à la fameuse "valeur travail" qui n'a été que l'assassinat en règle de notre impératif de Fraternité, en amalgamant l'aide aux plus démunis à de l' "assistanat", là aussi avec des relents xénophobes, qui venaient nous dire que des fainéants et des "cafards" étrangers venaient se nourrir sur la bête française... une "valeur travail" qui n'a produit que des chômeurs qui sont tombés comme à Gravelotte quelques mois après ;

- pour la "Famille", évidemment, c'est aujourd'hui qu'on en voit l'apogée désastreux, comme si elle était uniforme, comme si elle était encore "traditionnelle", à l'heure des divorces et des recompositions, à l'heure des adoptions, des bébés éprouvettes, de la PMA et des couples homosexuels qui pour certains ont déjà des enfants confinés dans un statut qui dépend de celui, inégalitaire, de leurs parents.

C'est une lame de fond prégnante depuis 10 ans en France dont nous vivons les dernières vagues aujourd'hui avant l'union claire et affirmée d'une partie de l'UMP avec le FN, union à laquelle s'ajoutent tout un nombre de groupuscules, certains extrémistes religieux, certains anti-républicains, certains, minotaires, auto-revendiqués néo-nazis, malgré la présence probablement majoritaire de citoyens ordinaires se laissant dépasser, ou victimes d'une forme de "servitude volontaire" chère à La Boétie.

Comme il a fallu user et abuser de tout, dans les années 1930, pour faire choir Léon Blum, il faudrait aujourd'hui user et abuser de tout pour ASSUMER un déni de démocratie datant du 6 mai 2012 au soir(et assumer un déni de démocratie, ça n'est pas facile, puisque ça n'est pas républicain) qui viendrait à bout de François Hollande, tout ça sous la houlette huilée des Buisson-Mignon-Peltier qui sévissent dans l'ombre depuis 10 ans et dont Nicolas Sarkozy hier, et "Printemps Français" aujourd'hui, ne sont que les marionnettes obéissantes. Notons aussi que le conseiller de Jean-François Copé n'est autre que... ce même Patrick Buisson.

Nulle intention de ma part de comparer strictement les situations respectives des années 1930 et des années 2010, ni surtout leurs conséquences respectives (je ne vois aucun péril nazi), mais de noter des similitudes, à commencer par la désignation de boucs-émissaires, dont les "étrangers" et les homosexuels semblent devoir être les têtes de liste.

Voilà, le triptyque "Tavail, Famille, Patrie", après un peu plus de 10 ans, continue et termine de s'asseoir dans certaines (in)consciences, avec plus ou moins de discrétion, et il va falloir envisager le corpus idéologique qui permettra de l'affronter efficacement, et de le vaincre. L'Histoire a des leçons à nus donner, comme les philosophes et les artistes.

C'est à dessein que j'ai choisi, pour illustrer mon propos, une Marianne qui regarde sur sa gauche. En effet, je pense que c'est de la gauche, de toute la gauche (j'insiste), que viendront les mots et les actes qui dans les moments les plus périlleux, autrement dit au moment des campagnes électorales et des élections à venir, susceptibles de faire vaciller puis tomber ce que l'union avérée d'une partie de l'UMP avec le FN augure. Cette union est importante car symbolique, mais restera "anecdotique" dans les urnes si nous continuons de lutter, malgré nos mécontentements, et en dépit de crises et d'une période de mutation qui nous afflige presque tous.

Il n'est donc pas question d'être exagérément pessimistes, puisque les institutions restent solides, et nous avons un Président élu, un gouvernement qui sera remanié, un Parlement élu, un Conseil d'État, un Conseil Constitutionnel, des corps intermédiaires et donc des syndicats, une Justice indépendante, une presse libre, etc... Mais les institutions ne sauraient reposer que sur les bras de citoyens qui refusent majoritairement de vaciller aux sons de boniments qui impriment une ambiance délétère qui n'a que trop duré.