Liberté de la presse

Une liberté fondamentale.

La liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d'opinion, la liberté mentale et d'expression.

Ainsi, l'article 11 de la Déclaration française des droits de l'homme et du citoyen de 1789 dispose : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

La liberté de la presse est considérée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) comme une composante de la liberté d'expression (article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme).

La protection des sources d'information des journalistes, sans exceptions ni restrictions est considérée comme « l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse »

Chaque année, l'ONG Reporters Sans Frontières (RSF) établit une liste des pays du point de vue de leur liberté de la presse. Le classement mondial de la liberté de la presse est fondé sur les réponses aux enquêtes envoyées aux journalistes membres d'organisations partenaires de RSF, aussi bien qu'aux spécialistes de la question : les chercheurs, les juristes et les activistes des droits de l'homme. L'enquête porte sur des attaques directes faites aux journalistes et aux mass-média aussi bien que d'autres sources indirectes de pression contre la presse libre, comme la pression sur les journalistes par des lobbies. RSF note que le classement se préoccupe seulement de la liberté de presse et ne mesure pas la qualité du journalisme ni de l'autocensure.

Le dernier classement de RSF (2010) établit les pays où la presse est la plus libre comme étant la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas, et la Suède, et range l'Iran, le Turkménistan, la Corée du Nord, et l'Érythrée aux dernières places. La France occupe la 44e position sur 178 pays. Les États-Unis occupent la 20e place.

D'après le troisième classement mondial de la liberté de la presse de RSF, publié le 26 octobre 2004, l'Asie orientale et le Moyen-Orient seraient « les pires régions du monde »pour la liberté de la presse, sur 167 pays. La Corée du Nord occupe la dernière position de ce classement. Les régimes de Birmanie, de Chine, du Viêt Nam et du Laos sont également classés parmi les plus autoritaires. L'Irak se place en 148e position ; 44 journalistes y ont été tués depuis le début de la guerre.

L'association établit également une liste des « prédateurs de liberté de la presse », qu'elle met au point chaque année.

Et ces dernières années en France ?

La liberté des média français est apparue aux yeux de certains observateurs réduite depuis l'accession au pouvoir présidentiel de Nicolas Sarkozy (en mai 2007). La Télévision suisse romande a diffusé en juin 2009 un documentaire traitant du pouvoir de Nicolas Sarkozy sur les média français, usant de la peur et de sanctions pour les contrôler.

D'après Jean-François Juillard, secrétaire général de RSF international, la France est devenue le premier pays européen en termes de perquisitions dans les rédactions et de journalistes mis en examen ou placés en garde-à-vue.
Le 25 août 2005, le magazine Paris Match réalise ses meilleures ventes de l’année en publiant en couverture la photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de futur mari, le publicitaire Richard Attias, à New York. Arnaud Lagardère , propriétaire du magazine et ami personnel de Nicolas Sarkozy, n’est prévenu de la couverture qu’une fois le magazine imprimé. La direction du Groupe Lagardère entre alors en conflit avec Alain Genestar, directeur de la publication du magazine, et finit par le licencier un an plus tard en juin 2006. Ce licenciement, survenant après vingt années passées à la rédaction, conduit à un arrêt de travail de ses collègues, en guise de protestation, le 29 juin 2006, ces derniers estimant que la décision était liée à « des raisons politiques ».

Une polémique s’ensuit sur le rôle de Nicolas Sarkozy dans ce licenciement. En effet, si ce dernier, alors Ministre de l'Intérieur, affirme à plusieurs reprises « n’avoir aucune responsabilité dans cette décision », Alain Genestar déclare au Monde que « le ministre de l’Intérieur, quand il affirme n’être pour rien dans mon licenciement, ne dit pas la vérité. » La couverture aurait en effet provoqué la colère de Nicolas Sarkozy, qui aurait obtenu le départ de Genestar.

Le 8 janvier 2008, lors de la présentation des vœux à la presse du président de la République, retransmise en direct sur plusieurs chaînes de télévision, Nicolas Sarkozy prend longuement à partie Laurent Joffrin, lui reprochant une question sur la « monarchie élective ». Le directeur de la rédaction lui répondra dans un éditorial. Le scénario se reproduit à la mi-janvier 2010, en termes plus violents, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand s'en prenant, sur la chaîne Public Sénat, au journaliste du Courrier Picard Nicolas Totet, ce qui déclenche en retour des milliers de témoignages de sympathie au journaliste, au plan local, ou sur des sites de réseaux sociaux comme Facebook.

=> François Hollande ne peut pas prétendre, au moins pour le moment si l'on en croit les sondages, faire une politique qui satisfait une majorité des citoyens, mais gageons que sur certains points, et notamment l'indépendance de la Justice et la liberté de la presse, il ne soit pas tombé dans les travers déplorables de son prédécesseur.