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Une excellente soirée.

Bref retour sur ce qui m'a construit. D'abord, je suis un peu le fils du FLN et du MLF. Ensuite, je me suis émancipé au contact des restes du FHAR (Front Homosexuel d'Action Révolutionaire), les Gouines Rouges, les Gazolines, le CUARH, etc...

Je n'ai jamais eu la moindre sympathie pour la théorie de Sigmud Freud stipulant qu'un homosexuel est un être incomplet basée sur les étapes du développement sexuel (buccal, anal, génital), et ce dès l'adolescence.

 

J'ai sauté sur les genoux de Michel Foucault, j'ai pu me nourrir des livres de la bibliothèque de l'ENS grâce à mon brillant ami William Baranès, et je me suis amusé dans les soirées interlopes de la Rue Sainte-Anne où celles du Palace au temps de Fabrice Emaer.

J'admirais Guy Hocquenghem ; je relisais avec enthousiasme cette déclaration : « Nous sommes plus de 343 salopes, Nous nous sommes faits enculer par des Arabes, Nous en sommes fiers et nous recommencerons. » publiée par Jean-Paul Sartre dans "Tout!" ; je me rappelais les propos du communiste Jacques Duclos que j'avais lus sous la plume de Pierre Albertini dans « Communisme », Dictionnaire de l'homophobie (PUF, 2003) : « Allez vous faire soigner, bande de pédérastes, le PCF est sain ! »

Je suis, sans aucune réserve, féministe, au sens politique et social, en cela que je considère la femme telle "un homme comme les autres", et je ne souscris pas à l'antienne qui consiste à dire que les femmes sont bienvenues en politique au nom de leur approche "différente", ce qui m'apparaît aussi méprisant que le concept de "la femme complémentaire de l'homme".

Et donc, lorsque j'ai entendu sur France Inter une femme des FEMEN (un groupe contestataire féministe d'origine ukrainienne, fondé à Kiev en 2008 par Anna Hutsol, son actuelle présidente, Oksana Chatchko et Alexandra "Sacha" Chevchtchenko), amie de Safia Lebdi, dire qu'elle refuse d'avoir un domicile fixe, et qu'elle s'arrange pour dîner sur le pouce et dormir chez des amis, me vient l'idée de prendre contact, et de proposer une inviatation.

Et c'est ainsi que furent attablés ensemble, un Iranien laïc, une Égyptienne féministe, deux homosexuels et deux jeunes femmes de Femen France. Le but était multiple : le dîner, l'échange, et le possible financement par une de mes connaissances.

Nous avons mangé et bu, nous avons ri, nous avons évoqué le courage de Amina Sboui (AKA Amina Tyler), nous nous sommes enthousiasmés sur Marie-Madeleine, les contemporaines Madame de Sévigné & Madame de La Fayette, Marie-Olympe de Gouges, Flora Tristan, Louise Michel, Simone de Beauvoir, Monique Wittig, Gisèle Halimi, Antoinette Fouque, et beaucoup d'autres.

J'ai questionné, demandé des souvenirs et des anecdotes, sollicité des évocations d'actions de lutte et de rencontres, discuté de la frontière entre résistance et terrorisme, évoqué des livres et des films, demandé les soutiens célèbres en France, etc...

Voilà, c'est réconfortant, voire ravigotant, de rencontrer des personnes qui comprennent que la plupart des luttes ne cessent jamais.