Joe

Un père, un fils,

Dans une petite ville du Texas, l’ex-taulard Joe Ransom (Nicolas Cage) essaie d’oublier son passé en ayant la vie de monsieur tout-le-monde : le jour, il travaille pour une société d’abattage de bois. La nuit, il boit. Mais le jour où Gary Jones (Tye Sheridan), un gamin de 15 ans arrive en ville, fourbu sous les coups de son père Wade Jones (Gary Poulter, effrayant), cherchant désespérément un travail pour faire vivre sa famille,

Joe voit là l’occasion d’expier ses péchés passés et de devenir, pour une fois dans sa vie, important pour quelqu’un. Cherchant la rédemption, il va prendre Gary sous son aile…

Le talent de David Gordon Green est tel, qu'il parvient à nuancer le jeu monlithique de Nicolas Cage, et lui offre en passant ce qui est peut-être le beau rôle de sa carrière, confirme que Tye Sheridan pourrait devenir un acteur de tout premier plan, et dresse un portrait effrayant des USA.

Tout y passe : la famille, le mythe de la seconde chance, la beauté de la nature, la renaissance par la rédemption, etc...

Le brillant réalisateur de "L'Autre Rive" (2004), "Snow Angels" (2007), "Délire Express" (2008), "Votre Majesté" (2011), "Prince of Texas" (2013), ami de l'acteur James Franco, continue de construire une carrière autour de la critique affûtée et tranchante de la société étasunienne.

Et quand, en plus, pour filmer la nature, comme il le faisait déjà dans "Prince of Texas), il s'inspire du maître Terrence Malick ; qu'il lui emprunte le jeune et brillant Tye Sheridan ("The Tree of Life") comme l'avait fait avant lui Jeff Nichols ("Mud) ; et qu'il ose à son tour déconstruire le concept de géniteur/père pour reconstruire celui de la paternité, il marque plusieurs points décisifs.