Fatah Hamas

Et toujours le conflit israélo-palestinien...

Je sais, selon les media de masse, le sujet ne mérite pas d'être mis en avant. Je pense tout autrement.

Rappelons donc quelques faits. Le Fatah de Mahmoud Abbas a assis son autorité sur la Cisjordanie, tandis que la Bande de Gaza est sous la domination du Hamas (le Fatah en ayant été évincé, les armes à la main, en 2007). C'est la raison pour laquelle le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou conteste la qualité d'interlocuteur pertinent à Mahmoud Abbas. C'est toujours pratique de s'abriter derrière des prétextes successifs pour nier avoir un interlocuteur.

Ce dernier avait fourni publiquement au fameux Quartette (USA, Russie, UE, Nations Unies) sont attachement aux principes majeurs pré-resquis par la "feuille de route" d'avril 2003 :
- reconnaissance du droit de l'Israël à vivre en paix et en sécurité ;
- rejet de la violence et du terrorisme ;
- le respect des accords signés par les deux parties.

Cet attachement a été jugé crédible par les capitales occidentales.

Dans cette "feuille de route" (qui s'impose aux deux parties, rappelons-le), à la page 4, il est précisé : "Le gouvernement israélien gèle toute activité dans les colonies". Pour autant, le nombre de colons en Cisjordanie et à Jérusalem est passé de 143.000 à 540.000 entre 2003 et aujourd'hui.

La semaine dernière à Gaza, pressés par l'opinion publique qui veut mettre un terme à la division en profitant de l'isolement des islamistes, les représentants du Fatah et les dirigeants du Hamas ont signé un accord de réconciliation. Cet accord prévoit la formation d'ici à cinq semaines d'un gouvernement d'unité nationale composé de "technocrates" et l'organisation d'ici avant la fin de 2014 d'élections parlementaire et présidentielle. Cette réconciliation avait échoué en 2011, puis en 2012.

Évidemment, nous ne savons pas si cet accord sera durable, mais l'initiative est importante. Et les media de masse avaient pour devoir de nous en informer, même sans y investir un optimisme qui pourrait être vite démenti.

Oui mais voilà : au leu de s'en féliciter, Benyamin Netanyahou n'a rien trouvé de mieux à faire que de dénoncer cet accord (rappelons en passant qu'il avait quand même accepté à deux reprises de négocier avec les terroristes du Hamas !), et a même déclaré qu'il mettait fin aux pourparlers avec les Palestiniens en accusant Mahmoud Abbas de "porter un coup de grâce" aux processus de paix.

Il oublie de dire qu'il récrit l'Histoire, puisqu'il a refusé en mars dernier, comme il l'avait pourtant promis, de libérer un goupes de détenus Palestiniens, refus qu'il a agrémenté de l'annonce de la construction de 700 logements dans une colonie de Jérusalem-Est. Deux décisions condamnées par le Secrétaire d'État étasuien John Kerry.

En somme, le Premier Ministre israélien s'évertue toujours à saboter le processus de paix, avec des mines outrées, faisant porter toutes les résponsabilités  à Mahmoud Abbas, récrivant l'Histoire pour ce faire, sans que personne ou presque ne s'en émeuve.

Et c'est pire encore quand on sait que lorsqu'il se présente au Congrès aux USA, Benyamin Netanyahou est ovationné debout plus de dix fois successives. Car au terme des deux mandats de Barack Obama, les conservateurs, et surtout parmi eux les neocons, comptent bien reprendre le pouvoir et rétablir son "choc des civilisations" et son "axe du mal", ce que ravive toujours un positionnement pro-israélien inconditionnel.