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Le choix de l'optimisme.

J'ignore si ça se décide, si on l'hérite, si ça s'acquiert... mais c'est ainsi, même si je sais avoir un regard froid, sévère, et aiguisé sur la vie et les choses, je dois bien me rendre à l'évidence : je ne participe pas de la sinistrose ambiante, je suis optimiste. Je vois le verre à moitié plein.

Je suis (presque) toujours très critique - comprenez que parfois, pour des raisons affectives et sentimentales, d'amour ou d'amitié, je sois peu enclin à moquer - ce qui ne m'empêche pas de ne rien attendre de ceux dont, après réflexion, il ne faut rien attendre, ou pas grand chose.

Aujourd'hui donc, tout irait mal. La politique, l'économie, la société, la culture. Tout. C'est bien gentil tout ça, mais depuis quand, au seul prétexte que les media me disent que tout va mal, je vais me mettre à les croire, moi qui précisément n'a jamais voulu incliner vers une quelconque croyance, en essayant, à la mesure et au rythme de mes capacité, de privilégier le savoir ?

À mon sens, ce qui permet, sans trop se torturer l'esprit, de regarder le verre à moitié plein, c'est d'une part le doute, d'autre part l'humour et la rigolade. Et moi, je doute et je rigole. Alors autant quand on me dit que tout va bien, j'évite de me vautrer dans le panurgisme de la liesse durable, autant quand on me dit que tout va mal, je ne me jette pas sur mes habits de deuil ni ne m'aventure à désigner des boucs-émissaires.

J'ai immédiatement refusé, dès que ça a commencé d'infuser, d'être "transparent" et "décomplexé". D'accord, ça peut paraître benêt, sauf qu'au quotidien, ça n'est pas si facile. Car il faut les voir et les entendre défiler, les sentences péremptoires ! 

Tout y passe : l'auto-fiction va tuer la littérature ; le cinéma est mort, c'est dans les séries TV qu'on trouve la vérité ; le PS n'est plus de gauche ; il y a beaucoup de braves gens au FN ; il faut comprendre la ManifPourTous et le PrintempsFrançais ; Sarkozy est le seul recours possible ; l'amour et l'amitié sont sur FaceBook, Instagram et consorts ; la croissance est l'alpha et l'omega de l'économie ; les fonctionnaires sont nuisibles ; les syndicats de salariés refusent le progrès et la négociation ; la classe ouvrière est morte ; les media sont tous vendus et pourris ; la France ne vaut plus rien ; il y a trop d'immigrés en France ; les Roms sont un danger permanent ; Hollande est vendu au MEDEF et au CAC40 ; le poujadisme est compréhensible ; le populisme traduit l'état de la société ; il n'y a plus d'utopie ni de projets économiques, sociaux et sociétaux alterntifs ; etc... pourtant, sur chacun de ces points et sur d'autres encore, il n'y a pas beson de faire surchauffer ses neurones et ses synapses pour comprendre que ce ne sont pas là des vérités brutes et indiscutables. Tout n'est que nuances... Facile à dire sans doute, alors que précisément, l'art de nuancer est difficile et délicat, nécessite de faire des efforts.

Take a smile

Il faut savoir en rire ! Je ne vais pas vous faire le coup de Henri Bergson, mais quand même ! Il m'arrive souvent, presque tous les jours, de causer avec mon ami ZaZa de toutes ces choses, et surtout des plus graves et des plus désolantes, dressant des constats parfois glaçants, mais nous savons aussi en rire !

Prenons les horreurs que représentent pour nous la Manif pour Tous, le Printemps Français, la nébuleuse Novopress, les pro-vie et anti-IVG accrochés à leurs missels, les Bonnets Rouges où des paysans & des ouvriers avancent bras-dessus bras-dessous avec l'UIMM & la FNSEA... that's beyound our control, nous savons en rire ! Nous savons que nombre de nos concitoyens considèrent qu'il faut "essayer" le FN parce que tout le reste "n'a pas marché", et que c'est inquiétant en raison de leur proportion probable lors des prochains scrutins électoraux, mais en même temps, voire autant de gens armer leur revolver pour finalement se tirer dans le pied, ça nous fait rire.

Il est hors de question d'être naïf - ou "bisounours" comme on dit désormais - et il faut continuer d'être aussi analytique, froid, chirurgical que possible, pour dresser des constats pertinents, sans pour autant mimer un dessaroi tant personnel que que collectif, aussi surjoué que stérile. Comme s'il fallait toujours s'indigner gravement des horreurs, mais sans perdre de vue ce qui avance, sans perdre de vue le ridicule de ceux qui ne regardent que par le prisme noir du charbon, sans abandonner l'imparable faculté d'en rire. On se souvient de la fameuse méthode Coué - presque rien n'a été plus moqué que ladite méthode - et que c'est l'Église qui l'a le plus contestée, au seul prétexte que c'est Dieu qui devait éclairer nos vies, et non pas nous-mêmes.

Je le répète parce que je le pense sincèrement : le XXIème siècle sera celui de la Fraternité. À mon sens, tout dessine l'impératif de Fraternité : les printemps arabes, le recul de la croissance chinoise, la politique internationale désormais multi-latérale, les risques climatiques et les migrations qu'ils augurent, le manque d'eau à venir, le tarissement de certaines richesses naturelles, l'immonde inégalité des richesses et la nécessité de les partager, l'écoeurement devant la "malbouffe", la démonstration scientifique des méfaits risques sanitaires générés par une certaine chimie, etc...

Non ! Ce ne sera pas "Imagine" de John Lennon, non, ce ne sera pas le "I have a dream" de Martin Luther King. C'est dabord le temps de ce que j'ai nommé le "groupusculez-vous", à savoir le calque du virtuel sur le réel, autrement dit la consitution d'une multitude de mini-réseaux "dans la vraie vie" où l'on sait qu'il faut partager et être solidaires (un peu selon le mode de fonctionnement des AMAP).

La Fraternité, à ce jour, est un verre à moitié plein, malgré tous les désolants replis égoïstes, identitaires, racistes, xénophobes, corporatistes, religieux, etc... Ce troisième pilier du trépied républicain toujours idéal, est prudent, il avance à petits pas.