Bordj Bou Arreridj

Je voudrais être à Bordj Bou Arreridj...

D'accord, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. D'accord, c'est assez iconoclaste pour un "français de souche" de vouloir être en Algérie, pas loin d'Alger. D'accord, je ne peux pas me plaindre, puisque j'ai quand même pu faire une escale à Ramallah et un petit séjour à Ispahan.

Pourtant, pour des raisons ausso bien personnelles, politiques que littétaires, sur les traces peut-être de Jean Sennac, de Jean Genet, d'André Gide, d'Albert Camus... c'est là-bas que je voudrais être.

J'espère que ce sera pour les vacances de fin d'année. À suivre...

En lieu et place, je suis donc à Paris - il y a pire comme sort, même si le temps est aléatoire et le soleil capricieux - et je fais avec.

Le toubib l'a dit, je dois me reposer après toutes ces émotions !

Peu de sorties de films, mais quand même quelques plaisirs cinématographiques, comme voir "Colt 45" le film français le plus homo-érotique qu'il m'ait été donné de voir, et auquel, probablement, les acteurs n'ont rien compris (Ymanol Perset, quelle bombe !), comme aussi voir "Le Grand Homme", avec le toujours parfait Jérémie Rénier, tous deux abordant les thématiques de l'identité et la construction de la fraternité par le prisme de la paternité.

J'écoute les informations sur France Inter et je les regarde à la télévision. Je me suis surpris à regarder les Championnats d'Europe d'Atlétisme avec passion, l'estomac noué. Étrangement, on a beaucoup parlé des couleurs des médailles, mais outre Najat Vallaud-Belkacem, nul n'a cru bon de souligner, le sublime de la "diversité" française, comme s'il s'agissait désormais d'une espèce de tabou. 23 médailles. 23, mon nombre préféré.

Értrange constraste que celui de voir le calme des rues parisiennes et le chaos du monde. Gaza, Irak, Kurdistan, émeutes aux USA, Ukraine... 

Au milieu de tout ça, je fais des choses banales qui parviennent presque à me réjouir : laver les carreaux et les rideaux, changer mes draps, ranger et jeter ces maudits magazines et journaux que j'accumule, goûter du pâté halal très épicé, torturer cette fichue tablette Mac qui refuse de me conneter à l'internet, décider enfin à demander un abonnement téléphonique à Free avec un nouveau numéro, etc...

FaceBook, quand on s'en sert correctement, permet de se faire une revue de presse quotidienne dont je ne me lasse pas, ainsi que de prendre des nouvelles de ceux de mes amis qui y sont aussi. 

Khaled Medjana Bordj Arreridj

Mais j'ai mon fichu caractère, parfois obstiné ! 

Je pense sans cesse à ce jeune homme algérien de 25 ans, Adelhafid Boudechicha qui, il y a plus de 3 ans, s'est immolé à Bordj Bou Arreridj.

Les photographies - car il y en a ! - qui ont paru de cette immolation à l'époque me hantent encore.

Voir Sétif et Bou Saâda, admirer les magnifiques paysages, "monter" visiter Alger, goûter la gastronomie algérienne sur place, voir ce pays et ses habitants, voir la fabuleuse cité universitaire et le pont géant de Constantine, admirer tout ce que le tourisme n'a pas (encore) défiguré.

Aimer ce pays que les Français, trop souvent, se refusent à aimer.