P_le_EmploiTous au Pôle Emploi !

De nouvelles données chiffrées viennent de tomber, et ce sont désormais 45.000 chômeurs de plus qu'il faut compter. Sur l'ensemble de l'année 2008, ce sont 217.000 personnes supplémentaires qui doivent aller pointer au Pôle Emploi, soit une hausse de 11,40 %.

Nul ne saurait nier qu'il y a ici une des conséquences de la crise économique actuelle. Mais il ne faut pas se laisser abuser par ce seul argument, cette seule et unique cause, qui serait source de tous les maux.

En effet, il y a deux autres causes à ces statistiques désastreuses : premièrement, un grand nombre de patrons ne se privent pas d'ourdir des licenciements préventifs, malgré un chiffre d'affaires et des bénéfices constants ; deuxièmement, le fameux "travailler plus pour gagner plus" a développé le recours aux heures supplémentaires plutôt qu'à l'embauche.

Il ne faut - et sous aucun prétexte - se laisser aller à croire les raisons simplistes qu'évoque le gouvernement Sarkozy, ni se priver de toute réflexion. Ce dernier à en effet tout à y gagner, espérant vivement que l'emploi re-devienne le premier souci des Français, en lieu et place du pouvoir d'achat. Il pourra plus aisément s'en dédouaner, en évoquant un contexte international dramatique.

Il ne faut pas avaler la couleuvre qui consisterait à "refonder le capitalisme" car c'est une ineptie totale. Personne ne refondera - ni ne moralisera - le capitalisme. Celui-ci n'a jamais été "fondé" par personne, et son hypothétique "re-fondation" supposée apaiser nos esprits en attendant des temps meilleurs n'est qu'une ânerie. Le capitalisme est né de l'avidité intrinsèque du caractère humain, et que je sache, nul n'en a trouver le gêne.

De l'importance des mots ! Il faut être maître du langage, pour ne pas se laisser embobiner. C'est la force de Nicolas Sarkozy : il est maître du langage. Quand il dit "sécurité", tout le monde pense "sécurité" ; quand il dit "travailler plus pour gagner plus", tout le monde pense "travailler plus pour gagner plus" ; quand il dit "re-fonder le capitalisme" tout le monde pense "re-fonder le capitalisme" ; etc... Portant, ce sont là des non-pensées, des inepties.

Le "maître du langage" devient toujours le "maître de la pensée collective". On ne compte plus les intellectuels (philosophes, chercheurs, etc...) qui ont travailler là-dessus. Et c'est notamment à partir de l'étude des différents totalitarismes qu'on est parvenu à cette conclusion indiscutée.

Point question ici de jouer Cassandre. Mais chacun reste libre de ne pas s'accorder sur le LA donné par le diapason foireux de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui. Comme quoi la liberté est certes un droit, mais aussi et surtout un devoir. Le maître de la pensée collective continuera à en lobotomiser plus d'un !