Xavier_MathieuXavier Mathieu

Mais qui est donc ce bel homme ? L'acteur promu à une belle carrière parce qu'il tient la dragée haute au héros d' "Un Prophète" de Jacques Audiard ? Un chanteur qui fait un tabac sur YouTube ? Un présentateur qui dispute le charme à Harry Rosemack sur le PAF ?

Non, c'est un syndicaliste CGT. Celui qui a mené le combat des salariés de Continental, désespérés par la fermeture de leur usine.

"Ressources humaines", "Elle est des nôtres", "Violences des échanges en milieu tempéré", "Le Couperet", "Sauf le respect que je vous dois"... combien de films nous ont laissé entendre à leur façon qu'une telle icône devait apparaître ?

Même les media les plus populaires, les chaînes de télévision, ont occulté de nos paysages humains, les ouvriers, alors qu'ils sont encore, et c'est heureux, très nombreux en France. Et cet homme aura contribuer à arracher une prime de licenciement de 50.000€ par ouvrier salarié chez Continental.

Chacun se rappelle ce qu'il fut reproché, à juste titre, à ces mêmes media, pour ne pas faire figurer ni dans ses journaux, ni dans ses feuilletons, ni dans ses téléfilms, des symboles de la diversité (blacks, beurs, asiatiques). Ce déficit de représentation touche aussi d'autres catégories de la population, et notamment les ouvriers.

Et il a fallu que ce soit la réalité, l'actualité dramatique conséquente de la crise économique, qui nous montre un ouvrier, un licencié, un syndicat, assez loin de l'image d'Epinal du vieux bourru en salopette et casquette vissée sur la tête.

C'est toute la droite qui doit s'interroger sur ces laissés pour compte alors qu'elle ne prêche que pour les nantis, c'est toute la gauche qui doit s'interroger sur la non-représentativité de son embourgeoisement qu'elle nous inflige, c'est tout le syndicalisme qui doit s'interroger sur les forces qui sont les siennes.

Tous ces représentants politiques et syndicaux qui défilent derrière les micros, devant les caméras, comme autant d'équeutés stériles aux propos soporifiques et vains doivent prendre conscience qu'un ouvrier est aussi un homme qui peut porter haut et fort, avec sa voix viscérale et sa virilité de forçat, de légitimes revendications, d'honorables combats.