La_PosteCharmant sursaut.

Comme 2 millions de Français, j'ai participé à la votation concernant le changement de statut de La Poste, et donc très probablement de sa privatisation.

Je les entends fort bien, ceux qui nous disent que "changement de statut" et "privatisation" sont deux choses différentes. Je les entends, mais je ne les crois pas. Preuve a déjà été faite que les promesses qui consistent à nous dire que, juré-craché, ça restera un Service Public total, sont des promesses qu'il ne faut plus croire.

Je ne sais pas dire si c'est un immense succès ou non, puisqu'il s'agit de la première votation de ce genre en France, et que nous ne pouvons pas comparer avec un quelconque précédent.

Pour autant, il y a quelques choses que je sais :

- on nous a promis, et on nous a voté en 2008, la possibilité d'avoir recours au Referendum d'Initiative Populaire, mais que faute des lois organiques qui vont avec, nous n'en disposons toujours pas ;

- l'ambiance de cette votation, parfois même dans les rues, a recouvré quelque chose de fort sympathique, de multiples lieux de conversations et d'échanges, autour d'une organisation un peu "bricolée". Il y avait un souffle de système D dans cette organisation. Ce fameux système D auquel nombre de Français ont recours quotidiennement pour vivre décemment en ces temps de crise et de chômage toujours croissant ;

- c'est une action. Quoi qu'on puisse en penser, plutôt que de continuer d'agonir, voire d'agoniser ou presque, certains on préféré l'initiative, et ont appelé leurs concitoyens à venir les soutenir, dans un élan sympathique de solidarité ;

- c'est symbolique. Certes, il y a eu France Télécom, il y a eu EDF, il y a eu GDF, mais là, c'était La Poste. Et il se trouve qu'entre les Français et La Poste, il y a un lien affectif et affectueux, au-delà du lien social majeur que tisse ce service publique, notamment dans nos campagnes.

=> Oui, ça m'a plu de participer à cette votation, et par cette participation, soutenir mordicus que La Poste n'a pas besoin d'un quelconque changement de statut pour demeurer un excellent Service Public.

=> Non, comme le disais si bien Jean Jaurès, je ne ferai "pas écho à ces huées fanatiques" menées par Lefèbvre et Raffarin qui moquent cette votation populaire. C'est CE gouvernement qui nous mène à la baguette à coup de sujets variés et de faits divers, faisant systématiquement appel à l'émotion et à l'affect plutôt qu'à la raison, et c'est CE gouvernement qui a imposé son choix des armes, alors nous en avons pris acte, et nous avons dit toute l'affection que nous avons pour ce Service Public.

=> Même si c'est vain, puisque ce pouvoir se moque de ce qui se passe dans la rue et le dit clairement, je ne regrette pas, ni d'avoir vu cette gaieté, ni d'avoir participé. Il y avait là comme le sursaut du désespéré, profondément citoyen.