Chirashi thon

Enfin les vacances !

Cette année encore, je vais rester à Paris. Et c'est très bien comme ça.

Je dois penser à faire les choses dans l'ordre :
- mon check-up médical annuel. C'est fait. Comme dirait mon médecin de ville, "ce sont là des résultats de nonne". Comme dit mon précieux Jean-Baptiste depuis son hôpital à Ouagadougou, "c'est un défi à la biologie humaine".
- ma tournée des administrations. Pour la CAF, c'est fait, et j'y gagne 130€ par mois pendant trois mois. Viendront le Trésor Public, la Préfecture, la Mairie de Paris, la Sécurité Sociale.
- mon éventuel déménagement, en fonction de ce qu'auront donné (ou pas) mes visites à la Mairie de Paris et à la Préfecture. Je ne compte pas sur la chance, mais si mon dossier pouvait enfin "avancer", ce serait ça de moins à faire à l'automne.

Je ne vais pas passer mon temps à faire des choses désagréables, aussi je vais encadrer mes vacances par deux films que j'attends depuis des mois et des mois. "Laurence Anyways" de Xavier Dolan avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Monia Chokri pour commencer, et "Keep the lights on" de Ira Sachs avec Thure Lindhardt et Zachary Booth pour finir. Entre les deux, il y aura entre autres Johnnie To, Steven Soderbergh (avec Channing Tatum !)...

Malgré le contexte pécuniaire, je me ferai au moins deux plaisirs : un chirashi au thon (photo) chez Toyotomi rue des Petits Champs, et une teinture des cils à l'Institut Orphée (ça ne s'invente pas !). Et jeudi je mettrai mon joli short rose-dragée : ça ne me coûtera rien et ça défrisera un peu le landerneau bourgeois du centre de Paris qui n'aura qu'à soupirer, lever les yeux au ciel, me scruter avec condescendance ou m'insulter.

Quel que soit le temps, je me promènerai. Évidemment, je commencerai par les Jardins du Palais Royal, pour voir si cette année encore ce sont les gros dahlias pourpre qui dominent. Comme d'habitude, je trouverais que les promeneurs sont beaux, que les magnolias sont aussi beaux même sans leurs fleurs printanières, et qu'ils gagnent toujours en émotion. Les quais de Seine aussi, avec son "in" et son "off" de Paris Plage, comme au Festival d'Avignon.

Comme d'habitude, je me rappellerai que je tiens à me rappeler de tout ce qui importe peu à autrui. Par exemple, pour quelles raisons je trouve pertinente l'analyse parallèle des oeuvres de Sigmund Freud et Marcel Proust que propose Jean-Yves Tadié dans "Le lac inconnu" (Gallimard), et pour quelles raisons je n'en conclus pas un "match nul", mais une victoire écrasante de mon cher Marcel Proust. Je profite toujours des vacances pour me rappeler que je dois me rappeler. La crainte de perdre la mémoire, les souvenirs, les survivances du passé...

Pour le reste, tout le reste, c'est à dire pour presque tout moi - chacun est-il davantage qu'un "reste" tant qu'il vit ? - je vais laisser faire l'écoulement du temps, les carrefours, les croisements, les empêchements, les inattendus... ces endroits et ces moments où l'on "croise" quelque chose ou quelqu'un.