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Le photographe du siècle.

Je ne vais pas, parce que je ne peux pas, relater tout ce que l'on voit et tout ce que l'on ressent tout au long de cette sublime exposition, à mon sens indispensable.

D'abord, il me faut dire qu'elle est attachée à des circonstances particulières. J'y suis allé, alors que cette période est délicate, avec mes amies Miss Patty et sa fille Mademoiselle S. Rendez-vous à 13H Place du Châtelet, planté devant une affiche de Nana Mouscouri. Voilà, c'est comme ça, le comique de situation intervient quand on ne s'y attend pas. Déjeuner très "touristique" au Café Beaubourg, où je ne résiste pas au pantagruélique club-sandwich. J'y ajoute un café gourmand. 

Il fait beau, nous rions, en prenant des nouvelles les uns des autres comme si nous ne nous étions pas vu depuis deux semaines, alors qu'on s'est quitté vendredi. C'est comme ça avec les amis, on a toujours quelque chose à se dire, on s'enquiert l'un de l'autre.

Quelle queue ! A priori, environ une heure pour entrer dans le musée, puis encore une heure pour accéder à l'exposition nous dit le haut-parleur. Mais, comme je dis toujours, j'ai "ma carte de neuneu" (ma carte d'invalité), qui a l'avantage de transformer deux heures d'attente en dix minutes, et 36€ en 10€.

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Et là, l'exposition commence. Quelques tableaux, quelques dessins, et des photographies. Magistrales pour la plupart. J'en connais certaines, et j'en découvre une multitudes d'autres. Dans le désordre, un cycle sur le Cameroun, un cycle sur les villes (cadrages magnifiques, sybolique des murs et des fenêtres, observation des lignes et des courbes...), un cycle sur la pauvreté (à tirer des larmes), un cycle sur la guerre d'Espagne, un cycle sur la Chine, un cycle sur la Russie après la mort de Staline, un cycle sur Cuba, un cycle sur son travail avec Jean Renoir (dont il a été l'assistant sur trois films, dans lesquels il a fait de la figuration), un cycle sur le retour des camps de travail en Allemagne, un cycle sur les funérailles de Ghandi, un cycle sur la France (surtout des ouvriers et des employés modestes), des portraits (Jean-Paul Sartre, Truman Capote, Henri Matisse, Alberto Giacometti...), un cycle sur les foules, etc...

L'homme est beau, ses convictions politiques sont les miennes, génreuses et fraternelles, et aucune photographie n'est une carte-postale. Je veux dire par là que si elles sont sublimes, pour la plupart, elles ne sont pas "décoratives", et on n'imagine pas facilement de les encadrer pour enjoliver et orner son salon. Peut-être qu'il faudrait.

Voilà, trois heures en forme de parenthèse, où l'on est tout à Henri Cartier-Bresson et à son travail, qui nous rechargent, nous régénèrent.

C'est différents que nous sortons. Et je suis heureux de filer raconter cette différence à mon Prince of Persia alité.