Hotel Pasino - Façade

Repos !

J'avais bien pris deux jours en début de semaine pour me reposer et me dépayser, mais ce fut totalement raté, mon Prince of Persia ayant dû être subitement hospistalisé (une vilaine hémorragie gastrique, dûe à l'explosion d'une varice sur l'intestin), ce qui ne nous a pas emmenés plus loin que Marly-le-Roi (dans cette si belle maison que j'aime tant), le temps d'une soirée, d'une nuit et d'un retour précipité à Paris.

Le Havre - Le Volcan - Niemeyer

Mais comme l'adage le dit, on ne perd rien pour attendre, et c'est donc pour ce week-end. C'est moi qui ait choisi Le Havre, et ce pour plusieurs raisons. La Salamandre de François Ier, le port (j'aime beaucoup les ports, Brest, Tanger, etc...), la culture maritime et ouvrière, le bout de la Seine... Et c'est à mon sens la ville idéale pour se reposer, pour peu qu'on ne soit pas trop avide de soleil.
En effet, Le Havre, c'est aussi une des grande victimes françaises de la Seconde Guerre Mondiale, reconstruite selon les plans d'Auguste Perret, puis plus récemment embelli et rénovée, avec "La Maison de la Culture", appelée "Le Volcan", d'Oscar Niemeyer (photographie ci-contre), puis avec les travaux de Jean Nouvel, "La Cité de la Mer et du Développement Durable", les Docks, etc...
La ville reconstruite, petit à petit, comme on peut envisager de "reconstruire" un homme.

"Le Havre", c'est aussi, évidemment le film magnifique de Aki Kaurismäki, et "La Fée" de mon trio adoré, Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romi, tous deux sortis fin 2011, tous deux très beaux, très poétiques.

Je suis parti avec du beaume au coeur : mon homme rétabli, deux jours de travail paisibles (surtout vendredi, où nous étions 4 sur 18), une soirée "familiale" de jeudi chez Miss Patty particulièrement joyeuse et réussi, arrosée de vins délicieux, et la récupération au boulot d'une très belle table basse "design" qui me plaît beaucoup. Je sais, je mecontente de peu, mais c'est ainsi, les petits bonheurs me suffisent, ayant peu d'appétence pour la quête "du" bonheur.

Hotel Pasino - Chambre 2

Hotel Pasino - Chambre 1

Paris-Le Havre, ça ne prend que deux heures, et nous sommes arrivés - Hebus avec son espèce vilaine "gaine médicale" autour du ventre pour conduire - juste pour le dîner, que nous nous sommes faits servir dans la chambre, histoire de regarder la Cérémonie des César (j'y reviendrai) en regardant les belles robes, les beaux costumes, et en espérant sans y croire que Alain Guiraudie sera reconnu pour ce qu'il est, un très grand réalisateur...

J'ai attrappé un rhume, j'ignore quand exactement, ce qui me vaut de rythmer mes journées avec "Actifed Jour & Nuit". Ça m'amuse, ces grosses pillules bien ordonnées sur la tablette, c'est comme Le Havre, avec ses rues en quadrillage, "à l'américaine".

Hotel Pasino - Piscine

Évidemment, si c'est moi qui ait suggéré Le Havre, c'est mon Prince Perse qui a choisi l'hôtel (Le Pasino, voir la féçade sur la première photographie ci-dessus). Il y a tout : le bar, le restaurant, la piscine, le jacuzzi... Si après 48 heures à ne rien faire dans ces conditions nous ne repartons pas plus vaillants que nous ne sommes arrivés, c'est qu'il y a vraiment un truc qui ne colle pas !

Si nous sommes au top de notre forme, pour changer, nous irons au cinéma voir "Un Été à Osage County", non pas que j'attende grand chose de particulier du film, mais que la distribution attise la curiosité : Meryl StreepJulia RobertsChris CooperEwan McGregorBenedict CumberbatchDermot MulroneyJuliette LewisSam Shepard...

Peu importe. Ce qui me plaît, c'est l'adéquation que je perçois entre Le Havre et notre situation (un peu mal fichus et fatigués, nous "réparant"). Ce côté "un homme dans la ville", homme et ville dans un jeu de miroirs. L'homme qui fait la ville et la ville qui fait l'homme. Il faudrait en causer avec des urbanistes et des architectes...

Parce qu'il est désormais guéri, Le Havre nous guérira.