Dancing in Jaffa

Entrez dans la danse...

Né à Jaffa en 1944, Pierre Dulaine quitte son pays avec sa famille en 1948 pour s’installer à l'étranger. Après une carrière internationale accomplie de danse en couple (il a été sacré quatre fois "champion du monde"), Pierre retourne à Jaffa pour réaliser son rêve : faire danser ensemble des enfants juifs et palestiniens pour rapprocher les communautés.

C'est là, selon lui, que réside toute la beauté de la danse de salon : forcer deux personnes à se déplacer en ne faisant qu'un.

Pour moi, "deux corps n'en faisant qu'un", c'est évidemment d'abord la fin du roman "Le Blé en Herbe" de Colette publié en 1923. C'est aussi l'amour, l'acte sexuel, le désir accouchant du plaisir. Mais c'est aussi le pari de Pierre Dulaine dans sa volonté, celui de Hilla Medalia dans ce documentaire.

Filmer ces corps d'enfants et d'adolescents, Palestiniens et Israélien, qui au départ ne veulent même pas se toucher mais finissent pas se rapprocher, est très touchant.

Même si j'ai la conviction intime que la fiction mieux que le documentaire peut envisager ce rapprochement "charnel", et quel qu'en soit le sujet, la maternité, la paternité, la fraternité, la guerre, l'amour, l'amitié, le sexe... je reconnais bien volontiers qu'ici, le contexte insoluble de l'affrontement Israël/Palestinine et l'extraordinaire pari de Pierre Dulaine filmé par Hilla Medalia accouche de trs beaux moments.

Parce que, aussi, nous sommes devant des enfants et de jeunes adolescents, et qu'il est impossible de ne pas être bouleversé par leurs paroles et leurs gestes, nous n'échappons pas à la valse tendre et sublime de ce vieux danseur des lumières plein les yeux.